Life in Westrait | La vie au Westrait

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Viktor Troska
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Re: Life in Westrait | La vie au Westrait

Message par Viktor Troska »

NEVER CAN SAY GOODBYE
Un très beau chant de l'Armée Rouge

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Un brouillard léger recouvrait une partie des environs boisés de la petite propriété juché légèrement en hauteur d'un vaste terrain. La pluie venait de s'arrêter, mais l'humidité était prenante. Regardant par la fenêtre, une femme aux longs cheveux noirs restait là silencieuse. Après une brève hésitation, elle attrapa son manteau et s'assurant qu'il ne pleuve plus, s'aventura sur le perron en remontant sa capuche. A peine dehors, elle pouvait sentir le froid venir lui mordre les doigts. Elle souffla dans ses mains avant de les mettre dans ses poches. Autour d'elle, le silence. Jill Sellers ne dormait pas beaucoup ces derniers temps, cela pouvait se voir à ces traits tirés. Son père qui n'était autre que Clyde Sellers, ancien numéro deux du Westrait Communist Party qui en juillet dernier avait annoncé quitter ses fonctions après l'énorme imbroglio de l'affaire avec le Shidao. Ce dernier venait il y a trois semaines de fêter son soixante-quinzième anniversaire. Mais l'état de santé du vieux bonhomme inquiétait au plus haut point depuis le début de l'année : Incroyablement fatigué, quinte de toux, essoufflement et autres problèmes respiratoires ne laissait rien présager de bon. Les médecins lui ont diagnostiqué il y a peu une insuffisance cardiaque, difficilement soignable en temps normal mais qui au vue de l'âge de Clyde Sellers pourrait tout bonnement entraîner d'autres symptômes et lui coûter la vie.

Jill était la seule fille de Clyde Sellers. Sa mère est morte bien avant la guerre civile, quand elle n'avait que douze ans. Le chagrin de Clyde Sellers fut si profond qu'il ne se remaria jamais, se consacrant entièrement à l'éducation de sa fille et à son travail au Parti. Malgré le nom qu'elle portait, Jill n'avait jamais accepté qu'on l'a traite et la définisse uniquement comme étant "la fille de Clyde Sellers". Son père d'ailleurs lui avait toujours dit qu'elle ne trouverait - à part l'amour paternel inconditionnel qu'il lui portait évidemment - jamais le moindre signe de favoritisme de sa part si elle souhaitait entamer une carrière politique et grimper les échelons du Parti. Aujourd'hui, Jill se remémorait le dernier anniversaire de son père où la plupart des camarades étaient venu pour le lui souhaiter à commencer par Audrey Grant, qui avait décidé de prendre toute cette journée pour passer du temps avec son vieux camarade de lutte. Perdues dans ses pensées et arpentant le perron en long et en large, elle ne remarqua pas tout de suite qu'une voiture venait de se garer en contrebas. Quatre hommes en sortirent, dont un qui portait un uniforme militaire. Ils se dirigèrent d'un pas léger vers la bâtisse, échangeant quelques mots dans une langue que Jill reconnut quand ils furent à bonne distance. C'est au moment où l'homme portant sa veste militaire gravissait la dernière marche, qu'elle le reconnu.


JILL SELLERS | « Grigorii ! »

Retirant sa capuche, elle se jeta littéralement dans les bras grands ouverts de l'homme qui lui adressa un grand sourire. Il la serra aussi fort qu'il pouvait dans ses bras et ce fut la même chose pour elle.

GRIGORII CHTCHERBINA | « Ma petite Jill, mon petit kationak. Je suis si heureux de te voir après tout ce temps »

JILL SELLERS | « Depuis combien de temps es tu arrivé ? »

GRIGORII CHTCHERBINA | « Nous sommes arrivé hier dans la journée. J'aurai aimé venir plus tôt, mais j'avais des choses pressantes à voir d'abord. Les fonctions officielles et tout ce que cela implique Dis moi, comment va le tovarichtch Clyde, ton père ? J'ai appris les nouvelles hier... »

Jill ne dit rien, regardant Grigorii dans les yeux. Ce dernier pouvait percevoir que les choses n'allaient pas pour le mieux. Sans rien dire de plus, il vient la reprendre contre lui, lui chuchotant quelques paroles réconfortantes.

GRIGORII CHTCHERBINA | « Ce n'est rien, ce n'est rien. Je pense que le fait de me voir lui ferait plaisir, les journées doivent être longues pour lui comme pour toi. Il est là haut, non ? Je t'en prie, les camarades qui sont venu avec moi se feront une joie de te tenir compagnie et de t'aérer l'esprit en ces temps troublés »

JILL SELLERS | « Merci michka, merci d'être venu. Tu sais je... »

Jill se mit à pleurer, incapable de finir sa phrase. Ému, le communiste saratove fit un signe de la tête en direction de ses camarades et après avoir déposé un baiser sur le front de Jill, lui adressa un sourire. Il tira ensuite la porte-fenêtre et retira son couvre-chef, ainsi que sa veste militaire pour ensuite montrer les escaliers en bois menant à l'étage. Le décor intérieur était assez spartiate et pour cause : Cette demeure n'était pas celle de Clyde Sellers, mais elle appartenait au Parti. Afin d'éviter les tentations matérielles et l'accumulation de biens, ce dernier maintenait une politique stricte sur les possessions que ses membres les plus influents pouvaient avoir. Atteinte à la liberté pour les uns, non-atteinte à la vertu révolutionnaire pour les autres. Arrivant au pas de la porte, Grigorii Chtcherbina frappa avant de rentrer. Clyde Sellers était couché dans son lit, entrain de somnoler péniblement. Il ouvrit les yeux en pensant qu'il s'agissait de sa fille, mais son visage changea subitement d'expression. Il ne lui fallut que peu de temps pour reconnaître son vieil ami et camarade.

CLYDE SELLERS | « Alors toi aussi tu viens me voir avant que je ne finisse au boulevard des allongés ? C'est un véritable défilé depuis ces dernières semaines, haha ! [Une toux rauque le prend alors] »

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GRIGORII CHTCHERBINA
Communiste saratove - Membre du Comintern
Volontaire durant la guerre civile westréenne

GRIGORII CHTCHERBINA | « Tovarichtch Clyde, tu ne changeras donc jamais. Toujours à brailler et te sentir invincible ! »

S'approchant du lit et déposant ses affaires sur une commode non loin, le communiste saratove tendit sa main vers le vieux Sellers qui une fois sa toux passée, se saisit de cette dernière pour prendre son camarade dans ses bras.

CLYDE SELLERS | « Cela me fait extrêmement plaisir de te voir mon ami [Lui dit-il à voix basse] »

GRIGORII CHTCHERBINA | « [S'asseyant sur la chaise à côté du lit] Moi aussi mon ami, moi aussi. mais d'abord, comment te sens-tu ? »

CLYDE SELLERS | « Ha! J'en ai ma claque, je ne peux plus rien faire du tout. Même pisser me prend toute mon énergie. La vieillesse, cette plaie infâme. J'ai connu mieux pour être honnête. Et toi, comment vas-tu ? »

GRIGORII CHTCHERBINA | « Bien, je vais bien. J'ai été invité officiellement en début de semaine à venir au Westrait, pour discuter d'affaires urgentes. C'est là que j'ai appris pour ton état de santé. Désolé de ne venir que maintenant, mais tu sais avec tout ce qui se passe actuellement... »

CLYDE SELLERS | « Vous allez nous les foutre à la mer hein, ces connards de colons. Pas vrai ? »

Grigorii éclate de rire.

GRIGORII CHTCHERBINA | « Ils ne payent rien pour attendre. Mais je ne suis pas ici pour parler de tout ça, je suis ici pour... »

CLYDE SELLERS | « Grigorii, arrête s'il te plait. On sait tous ce qui va m'arriver, ça ne sert à rien de me dire que je vais aller mieux. Jill ne l'accepte pas encore, mais moi je viens à peine de l'accepter »

GRIGORII CHTCHERBINA | « Cela me peine beaucoup ce que tu es entrain de me dire là »

CLYDE SELLERS | « [Il se remet à tousser] Je sais, mais cacher la vérité ne servirait à rien du tout. Je sais que Jill souffre et que c'est difficile pour elle. Mais je n'ai jamais menti à ma gosse de toute ma vie, ce n'est pas pour commencer maintenant ! [Son souffle est court, il se redresse légèrement. Il tourne la tête vers la veste militaire que Chtcherbina a déposé sur la commode] Ah tiens, tu portes toujours ta médaille de la victoire à côté de tes autres décorations ? »

GRIGORII CHTCHERBINA | « C'est la décoration dont je suis le plus fier, Clyde. Je n'ai jamais été aussi communiste de ma vie qu'après l'expérience de la guerre civile révolutionnaire. Quelque part nous vous sommes tous redevables d'avoir redressé la bannière du marxisme et du socialisme. On parle westréen chez nous comme les catholiques ultras veulent faire la messe en latin »

CLYDE SELLERS | « Vous nous flattez de trop ! »

Le saratove prit un air un peu plus sévère.

GRIGORII CHTCHERBINA | « Je ne fais que dire la vérité, tout simplement. Clyde... Si je suis venu te voir, c'est pour te remercier »

CLYDE SELLERS | « Me remercier de quoi ? »

GRIGORII CHTCHERBINA | « De nous avoir sauvé la vie en 34' alors que l'on serait peut-être aujourd'hui six pieds sous terre rongé par les asticots. Je n'ai jamais eu l'occasion de pouvoir le faire »

CLYDE SELLERS | « Ouais... C'est le bon moment non, maintenant qu'il ne me reste que quelques mois à vivre ? Tu n'as pas à me remercier, je n'ai fais que mon devoir sur le moment. Je suis heureux en tout cas, d'avoir ce jour là gagné un ami et un camarade que j'estime énormément. Grigorii... [Il se remet à tousser] Je suis le passé. Jill aura besoin de toute l'aide possible pour surmonter tout ça. Fais moi plaisir, essaye de veiller sur elle tant que tu le peux. C'est une brave gosse, mais elle a le même caractère que son père par moment [Il essaye de rire, mais une douleur le prend dans l'abdomen] J'en ai marre. Vivement que tout ça s'arrête »

GRIGORII CHTCHERBINA | « Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? Nous n'avons pas prévu de partir tout de suite avec les camarades, nous comptions rester la journée et repartir demain en fin de matinée »

CLYDE SELLERS | « Foutre dehors ces colons de merde en Alande et faire fermer sa gueule à l'autre cloporte de Pickford ! »

GRIGORII CHTCHERBINA | « [Il rit, secouant la tête de droite à gauche] Ils ne toucheront jamais le sol sacrée de la Rodina, c'est un serment que nous nous sommes engagé à prendre comme vous l'avez fait il y a maintenant dix ans contre les forces blanches. On les aura ! »

CLYDE SELLERS | « C'est ce que je voulais entendre. [Il se redresse à nouveau, bougeant les jambes à travers la couette] Tout ça moi, ça m'a redonné quelques forces. Ce soir, on se fait une petite bouffe à l'ancienne avec tout le monde et on saoulera tout le monde avec nos anecdotes de vieux grincheux. Qu'est-ce que tu en penses ? »

GRIGORII CHTCHERBINA | « C'est la meilleure idée que j'ai pu entendre aujourd'hui, mon ami ! »

Grigorri Chtcherbina se leva pour prendre ses affaires, lançant à Clyde Sellers qu'il reviendrait le voir tout à l'heure et qu'il lui fallait tout du repos malgré ce qu'il pouvait raconter. Il lui fit un signe de la main et referma la porte, descendant ensuite les escaliers. Il ne le montrait pas, mais une peine énorme venait subitement de l'envahir. Indescriptible, elle semblait le terrasser sur l'instant. Il alla s'asseoir non loin de là dans un des fauteuils, jetant ses affaires à même le sol. Le visage enfouit entre ses mains, il se mit à sangloter silencieusement.
Ah ça ira ça ira ça ira,
Tout les bourgeois à la lanterne !
Ah ça ira ça ira ça ira,
Tout les bourgeois on les pendra !
On les pendra !
Et si on les pends pas, on leur cassera la gueule !
Et si on les pends pas, la gueule on leur cassera ! ♪

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Viktor Troska
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Re: Life in Westrait | La vie au Westrait

Message par Viktor Troska »

CORRESPONDENCE (XI)
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Rebekah,

Ton dernier rapport est très bon. Je pense qu'il faut absolument faire en sorte qu'il soit présenté à la prochaine réunion plénière du People's Officer Corps. Il permet de dégager des axes de réflexions sur le plan stratégique dont nous avons besoin actuellement. Tu es l'une des rares personnes à prendre très au sérieux les conflits qui ont lieu un peu partout à travers le monde. Bien que je ne partage pas ton pessimisme, nous sommes d'accord sur les grandes lignes. La possibilité d'un conflit qui pourrait venir directement nous toucher n'est pas une fantaisie mais pourrait être une réalité. Nous sommes assez éloigné de nos alliés géographiquement et notre interface maritime est suffisamment importante pour envisager une invasion à grande échelle. Notre flotte à elle seule pour le moment ne nous permettrait aucunement de pouvoir repousser une attaque comme celle que la coalition vient de porter au San Marco : Pire, non seulement nous pourrions être dépassé mais nous pourrions perdre la maîtrise des mers ainsi que des airs face à une telle puissance de frappe. Reste à déterminer quel serait l'objectif d'une pareil coalition face à nous. Je ne suis pas d'avis comme certains l'avancent dans le POC, qu'il s'agirait d'une simple guerre de conquête sans les implications qui vont derrière.

Cela voudrait dire qu'ils devraient passer à la baïonnette le moindre gosse de notre pays parce qu'il se promènerait avec une arme. Cela est fortement peu plausible, le but serait plutôt d'essayer de nous décapiter et de nous paralyser afin que nous ne soyons plus en mesure de pouvoir nous coordonner efficacement avec nos alliés ainsi qu'avec le Comintern. Mais il faut tenir compte qu'il puisse y avoir une solution de ce type, mais alors elle ne serait pas menée par les forces même de la coalition mais plutôt par des troupes auxiliaires, motivés idéologiquement et politiquement à nous éradiquer. Donc cela nous pousse à devoir changer notre approche. Ton rapport mentionne avec exactitude la montée de toutes ces forces auxiliaires intégrant l'armée d'Ennis avec dernière en date, ces fameuses "Brigades de la Liberté" qui sont allez se former là bas. Si quelqu'un devra faire le sale boulot, ce sera sans doute des personnes de ce calibre qui n'auront aucune pitié s'il faut faire des charniers. Une troisième possibilité que tu n'évoques pas et qui m'inquiète bien plus, consisterait tout simplement à noyer notre pays sous des armes chimiques afin de régler le "problème" que constitue chez nous notre système de milices. Cela reste une supposition, mais compte tenu du haut degré de saloperie politique (un euphémisme) de nos principaux adversaires idéologiques et politiques, nous ne devons rien mettre de côté.

C'est pour cela que l'Etat-Major de la WFRA s'intéresse également de près au développement de nouveaux types de vaccins tant synthétiques que contre le cancer, ne serait-ce que pour assurer à la population une certaine immunité tant individuelle que collective contre ce qui pourrait nous être déversé par les airs. A côté des installations civiles, nous faisons déjà opérer plusieurs installations médicales-militaires qui travaillent à une manière de contenir ce "problème" s'il venait à se poser à nous. Je sais que tu es d'accord avec moi, mais au sein du POC ils ne comprennent pas la gravité d'une telle situation si nous nous la prenions en pleine tronche. Je vais apporter quelques modifications à ton rapport, avant de te le refaire parvenir. J'aimerai que nous en discutions ensuite, avant que tu ne le présente d'ici la prochaine réunion plénière du People's Officier Corps. Nous nous devons d'être persuasif et de rejeter les avis qui veulent minorer les problèmes stratégiques, logistiques et politiques qui s'ouvrent à nous désormais. Notre révolution va avoir dix ans, cela semble faire beaucoup mais ce n'est rien. Si nous voulons être encore là dans dix ans, il faudra moins de slogans pompeux et plus d'acharnement pour rendre inviolable notre pays, sa souveraineté et renforcer au maximum ses capacités de défense. Nous devons tout faire, même si cela doit nous mettre à dos des gens de confiance !



Affectueusement,
Rhys Stewart

Ah ça ira ça ira ça ira,
Tout les bourgeois à la lanterne !
Ah ça ira ça ira ça ira,
Tout les bourgeois on les pendra !
On les pendra !
Et si on les pends pas, on leur cassera la gueule !
Et si on les pends pas, la gueule on leur cassera ! ♪

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Re: Life in Westrait | La vie au Westrait

Message par Viktor Troska »

ACROSS HISTORY (V)

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Le petit documentaire a été réalisé en 1960, trois années après que l'affaire Styngal-Robertson serve à museler et traquer syndicalistes, socialistes et communistes de l'espace public et politique westréen. Utilisé à l'époque comme moyen de propagande pour maintenir un fort taux de mobilisation anticommuniste dans la population, ce documentaire plus de soixante dix ans plus tard a une valeur d'archive historique indéniable. Il est notamment utilisé dans les cours d'histoire au collège et lycée afin de présenter la césure qui va s'opérer entre la Progressive Era et le Conservatism Golden Age et également démonter les ficelles grossières de la propagande anticommuniste d'hier comme d'aujourd'hui. Il s'agit d'un support audio et visuel à caractère pédagogique d'une haute importance, par le message qu'il veut transmettre et la répercussion qu'il a pu avoir dans la société westréenne à travers le temps.
[Un roulement de tambour se fait entendre. Le drapeau à trois bandes de la République du Westrait flotte haut dans un ciel sans nuage, alors que différentes images et scènes viennent se superposer : circulation dans une grande ville du pays, une petite banlieue tranquille, une vue plongeante sur le littoral du pays, un agriculteur moissonnant son champ en toute quiétude]

VOIX D'ADOLESCENTS

Je fais le serment d'allégeance devant le drapeau de la République du Westrait,
Et devant toutes les choses magnifiques qu'il incarne,
Notre nation est libre, souveraine et indivisible,
Garantissant la sécurité, la joie et la prospérité pour tous !

[Le drapeau disparaît subitement. Une musique inquiétante retentit alors]

INTERTITRE

Freedom Films Inc. Présente

INTERTITRE

CE QUI MENACE NOTRE MODE DE VIE

INTERTITRE

Copyright 1960. Produit en coopération avec le département de la culture et le département de l'éducation. Pour les élèves à partir du collège et plus.

[Une musique douce et enjouée commence à se faire entendre, alors qu'apparaît une rue dans une banlieue. Alors que la circulation est importante, l'on peut voir un groupe de jeunes ados faire du stop]

VOIX OFF

Charmant et innocent, n'est-ce pas ? Beaucoup d'adolescents de notre pays font de l'autostop de nos jours. Un bon moyen de pouvoir se rendre d'un point A à un point B en comptant sur la générosité d'autrui. Mais dans ces moments là, il y a des dangers qui restent insoupçonnés.

[Un adolescent avec une balle de football entre sous le bras est adossé contre un grillage, levant le pouce pour faire du stop. Une voiture s'arrête alors]

VOIX OFF

Il s'agit de Leonard Nixon. Leonard a joué toute l'après-midi au football avec ses amis et comme il n'a pas envie de rentrer à pied, il fait du stop pour que l'on puisse le déposer chez lui. Ce n'est pas la première fois qu'il fait cela. Leonard l'a déjà fait une bonne centaine de fois et sans encombres. Il n'a donc rien trouvé de suspect quand le conducteur qui le ramenait chez lui à commencé une discussion amicale avec lui.

[L'on peut voir Jimmy et l'inconnu avoir une conversation tandis que la voiture roule à toute allure. Le conducteur est un personnage peu rassurant, portant des lunettes noires et un grand chapeau]

VOIX OFF

Cette personne semblait être très bien intentionné au premier abord. Elle a demandé à Leonard s'il jouait souvent au football avec ses amis au stade municipal. Leonard lui a dit que lui et ses amis s'entraînaient une à deux fois par semaine et qu'ils avaient un match le samedi. L'inconnu écoutait attentivement de son côté et il ne lui a fallut que quelques minutes pour arriver devant la maison de Leonard. Quand ce dernier est sorti, l'inconnu lui a donné une tape amicale sur l'épaule en lui disant qu'il le reverrait, car il passait toujours par le stade quand il rentrait chez lui.

[La séquence suivante montre Leonard quittant le stade le jour d'après. L'inconnu l'attend dans sa voiture, lui fait signe et Jimmy monte]

VOIX OFF

Bien entendu le jour suivant quand Jimmy a terminé son entraînement, l'inconnu était là à l'attendre. Au lieu de le ramener directement chez lui, ils se sont arrêtés un peu plus loin dans un drive-in où ils ont pu partager une boisson ensemble. Au cours de leur nouvelle conversation, l'inconnu a fait plusieurs remarques désobligeantes à propos du gouvernement, le Président, son administration. Leonard savait que tout ceci n'était pas bien, mais il était heureux d'avoir la confiance d'une personne plus âgée avec qui il pouvait discuter librement et être écouté.

[Leonard et l'étranger pêchent ensemble près d'une rivière]

VOIX OFF

Le dimanche suivant, ils ont décidé d'aller pêcher ensemble. Avec le temps, une familiarité s'est installé entre eux et ils s'appelaient par leur prénom. Sam avait convaincu Leonard que cela était bien plus amical. Leonard passait du bon temps et ne voyait pas le temps défiler.

[Assis sur l'herbe, ils mangent des sandwichs. Sam montre alors des journaux à Leonard]

VOIX OFF

Alors qu'ils étaient entrain de manger à midi, Sam a commencé à montrer de la littérature politique à Leonard. Leonard savait que cela pouvait peut-être lui causer des ennuis, mais il était curieux par nature.

[Un gros plan fixe les traits sinistres de Sam]

VOIX OFF

Ce que Leonard ne savait pas, c'est que Sam était malade. Une maladie qui n'était pas visible au premier abord comme peut l'être la rougeole, mais qui n'en reste pas moins contagieuse et dangereuse. Il s'agit d'une maladie du cœur et de l'esprit. Sam était un socialiste, une personne qui exige le renversement brutal du gouvernement, de la liberté et de la propriété privée. Mais Leonard considérait Norm comme un ami et il ignorait qu'il souffrait de cette maladie physique comme mentale. Ils ont donc continué à se fréquenter.

[Leonard et Sam sont dans un mini-golf]

VOIX OFF

Sam était d'une grande générosité, il emmenait Leonard dans divers endroits où ils pouvaient passer du temps ensemble et s'amuser. Il lui a même offert un nouveau ballon de football, ainsi que de nombreux livres. Mais Sam attendait quelque chose en retour.

[L'ambiance change. Leonard et Sam montent des escaliers dans un bâtiment lugubre. La musique devient stridente et oppressante. A l'intérieur du bâtiment, un groupe d'hommes et de femmes tout aussi sinistres que Sam viennent entourer Jimmy. Des effets spéciaux viennent alors se superposer sur le visage de Leonard et plusieurs images s'enchaînent rapidement : Une grève, une émeute révolutionnaire, un enfant affamé qui pleure, des bâtiments en feu et enfin une fosse commune]

VOIX OFF

Voyez-vous, quel a été le tort de Leonard ? Il n'a pas été sur ses gardes et n'a pas fait attention aux plans que Sam étaient entrain de mettre en place. La première fois que Sam a fait des remarques désobligeantes, Leonard aurait dû en parler à ses parents, à un professeur ou même à un policier.

[Leonard et ses parents sortent d'un poste de police. Leonard a changé de coupe de cheveux. Il monte dans un bus militaire tandis que ses parents le saluent. Une musique joyeuse et entrainante revient]

VOIX OFF

Leonard a finalement décidé de parler à ses parents des idées socialistes que Norm lui professait. Ses parents ont immédiatement alertés les autorités scolaires et sportives. Sam et ses amis ont été arrêtés et auditionnés. Leonard n'a pas été inquiété, mais il lui faudra passer le reste de l'été dans un camp d'été de scout pour lui réapprendre les bonnes manières de penser et lui retirer les idées malsaines qui lui ont été transmises.

[Plusieurs scènes se succèdent où l'on peut voir des scouts en forêt, chanter ensemble et faire diverses activités]

VOIX OFF

Sachez cependant qu'il n'y a réellement pas besoin d'avoir peur. Tout ceci n'a pas pour but de vous effrayer, mais plutôt de vous mettre en garde contre les dangers qui nous guettent. Vos parents, vos enseignants ainsi que votre gouvernement sont là pour garantir votre sécurité. Mais chacun doit faire sa part contre les socialistes parmi nous. Comment reconnaître un socialiste ? Eh bien, en repérant leurs discours stéréotypés par exemple.

[Ecran noir. L'on passe à de l'animation. Un socialiste en cartoon apparaît le visage sale, un chapeau en lambeaux avec une étoile rouge dessus, les poches débordant de de tracts et de journaux. Il se faufile rapidement devant l'écran]

SOCIALISTE CARTOONESQUE

Vous ne trouvez pas que ce serait juste que tout le monde puisse avoir la même chose ? Cela s'appelle l'égalité !

[Une énorme main animé apparaît derrière lui et gifle le socialiste de façon comique]

VOIX OFF

Attendez un petit instant, monsieur le socialiste. Nous n'avons pas tous besoin des mêmes choses ! La mère d'Alma doit-elle lui acheter un pantalon, juste parce qu'elle l'achète pour son père ? Alma préférerait certainement une jolie robe. Ce n'est donc pas du tout juste pour Alma.

[Plusieurs scènes se succèdent : Un supermarché avec des consommateurs qui vont et viennent devant des étalages pleins à craquer, plusieurs engins de chantiers font du terrassement, des voitures flambant neuves sortent d'une chaîne de montage, des scientifiques travaillent dans un espace high-tech]

VOIX OFF

Notre système économique ne vous en déplaise monsieur le socialiste est le meilleur au monde. Nous ne donnons pas à tout le monde la même chose, mais tout le monde peut acheter ce dont il a besoin. Notre gouvernement fait en sorte d'ailleurs que les prix restent raisonnables pour tout le monde. C'est exactement la même chose à l'école : Lorsque vous étudiez consciencieusement, que vous vous comportez bien, alors vous recevez une récompense de la part de votre professeur. Eh bien, les citoyens de notre pays reçoivent également de très belles choses quand ils travaillent dur et respectent la bienséance.

[Nouvelle transition animé. Le socialiste revient en prenant soin de regarder derrière lui]

SOCIALISTE CARTOONESQUE

Vous ne pensez que nous, les gens ordinaires, devrions décider de toutes les choses ici sans que l'on nous dise quoi faire et comment le faire ?

[Une trappe s'ouvre dans le sol et le socialiste tombe puis disparaît de l'écran, avec un bruit de trompette. Fin de l'animation. Une autre séquence apparaît avec une mère et un père qui mettent leurs enfants au lit, en les embrassant]

VOIX OFF

Vos parents vous aiment et ils en savent bien mieux que vous, ce qui est le mieux pour votre bonheur. Parfois, il semble être amusant d'imaginer vivre sans père et sans mère, mais très vite vous serrez seul et apeuré sans que personne ne puisse vous fournir les choses essentielles dont vous avez besoin.

[Des scènes se succèdent brièvement, où l'on peut voir des bureaux gouvernementaux remplis de travailleurs s'agitant, des experts consultant un tableau économique dans une grande salle puis des politiciens faisant des discours devant des citoyens]

VOIX OFF

Comme vous le voyez, notre gouvernement fait en sorte de travailler à notre bénéfice et de savoir ce qui est le meilleur pour nous, avec notre consentement. Beaucoup d'hommes et de femmes intelligents travaillent pour notre gouvernement. D'autres servent dans les forces armées pour défendre notre nation. Notre président, notre gouvernement et notre administration protègent notre liberté et notre mode de vie. C'est pourquoi vous devez toujours lui être redevable et avoir confiance dans les actions qu'ils entreprennent.

[Animation. Le socialiste revient par une porte dérobée, en boitant légèrement]

SOCIALISTE CARTOONESQUE

Il faut nous battre contre la tyrannie du gouvernement ! Ce gouvernement ne nous représente pas ! Révolution ! Révolution !

[Le socialiste saute sur place alors qu'unne grosse botte animé apparaît et lui donne un coup de pied dans le derrière qui le fait s'envoler hors de l'écran avec une musique absurde. Fin de l'animation. On peut entendre les premières notes de l'hymne westréen être joué par un orchestre, tandis que le drapeau flotte de nouveau au vent]

VOIX OFF

Maintenant vous connaissez les moyens de vous protéger contre le socialisme et de pouvoir comprendre leur manière de penser. Si vous pensez que quelqu'un est socialiste, alors n'hésitez pas à le dire à vos parents, à votre professeur ou un officier de police. Notre gouvernement est là pour assurer notre sécurité et notre mode de vie. Notre avenir dépend de vous. Alors, n'oubliez surtout pas :

[Un plan large montre une salle de classe pleines d'adolescents, debout le main sur le cœur et chantant l'hymne national qui se superpose à la musique de fond. Puis, ils crient en cœur :]

VOIX D'ADOLESCENTS

PLUTÔT MORT QUE ROUGE !

[La musique est de plus en plus forte, jusqu'à atteindre le climax de l'hymne national. Le titre apparaît une dernière fois, puis un énorme "THE END" vient conclure le mini documentaire]
Ah ça ira ça ira ça ira,
Tout les bourgeois à la lanterne !
Ah ça ira ça ira ça ira,
Tout les bourgeois on les pendra !
On les pendra !
Et si on les pends pas, on leur cassera la gueule !
Et si on les pends pas, la gueule on leur cassera ! ♪

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Re: Life in Westrait | La vie au Westrait

Message par Viktor Troska »

FORTIETH YEAR

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Ce 27 Avril 2045 était une date particulière. Audrey Grant, la "puissante" Secrétaire Générale du Comité Central des Commissaires du Peuple fêtait son quarantième anniversaire. Il y a tout juste dix ans, la fin de la guerre civile révolutionnaire approchait à grand pas et entourée de quelques camarades, elle fêtait ses trente ans. Dix ans plus tard, la propre vie de Grant se confondait désormais avec celle de son pays, de sa révolution et plus généralement du socialisme sur le sol national, comme internationale. D'ici trois mois, la révolution westréenne allait avoir également dix ans. Tant de choses se sont produites durant cette décennie, tant d'évènements auxquels Audrey Grant a participé des échelons les plus bas jusqu'aux plus hauts postes. Pour son quarantième anniversaire, il fallait marquer le coup. Bien évidemment, la principale intéressée n'en savait rien : Par habitude et principe, elle fuyait les honneurs et considérait que sa fonction importante ne l'a privait aucunement de la modestie qu'elle avait toujours affichée. Elle continuait par exemple à verser vingt-cinq pourcent de ses revenus au Parti, comme cela avait été fixée il y a maintenant bien des années. C'est son entourage proche qui avait décidé de lui faire une petite surprise, en invitant des proches mais également des personnalités internationales importantes pour fêter dignement son anniversaire. Rien de bien officiel, seulement une longue soirée entre amis et camarades autour d'un ou deux verres, à se raconter quelques anecdotes et rigoler un bon coup.

Bien qu'elle ne l'afficha pas tout de suite, cette surprise émue énormément Grant. Elle se doutait que quelque chose se tramait dans son dos, mais elle n'avait pas réussie à savoir ce quoi il s'agissait exactement. C'était dans la zone rurale qui ceinturait désormais Aristead que se tenait la petite fête en question : Une énième demeure appartenant à l'Etat et qui n'était de fait la propriété d'aucune personne physique. Là, s'étaient donné rendez-vous toutes les personnes devant assister à l'anniversaire. D'Algarbe, Achille Tshilenge avait fait le déplacement en compagnie d'Alazar Yohannes. Felix Kompaoré aurait bien aimé fait le déplacement, mais d'importantes questions nationales et diplomatiques le retenaient, notamment une visite prochaine en Flavie. Ikna Omara et Angad Sanmoranah avaient fait le déplacement, ne voulant rater cela pour rien au monde. De Saratovie, Chtcherbina, Kaménine et Markova avaient fait le déplacement. Nombreux étaient les invités westréens proche de Grant, seul manquait à l'appel Reed et sa famille qui pour cause de déplacement au Karmalistan ne pouvaient pas être là. D'autres délégations étaient présente de manière plus ou moins informelle. L'on avait même réussi à faire venir depuis les bidonvilles de Daharpur, quelques membres de l'ORDI qui avaient une très haute estime pour Audrey Grant et son combat politique et idéologique. Le quarantième anniversaire de la Secrétaire Générale du Comité Central des Commissaires du Peuple ne pouvait pas être plus internationaliste que cela !


NORA FRANKS | « Bon, Anna c'est à toi de jouer là. Qu'est-ce que tu fais ? »

Autour d'une grande table, Tshilenge, Yohannes, Franks, Lloyd, Kaménine et Nolan jouaient au poker. Yohannes sifflait des bières de son pays dont il ne cessait de vanter les vertus, tandis que Tshilenge goûtait un cigare en provenance du Madiana, recrachant une épaisse fumée dans les airs. Tout ce beau monde était assez sérieux malgré l'atmosphère qui se dégageait. Anna Lloyd était à l'une des fenêtres, regardant dehors tout en fumant.

ANNA LLOYD | « Je relance »

NORA FRANKS | « Hein ? Mais t'as même pas vu ton jeu ! »

ANNA LLOYD | « Oui, bah je relance quand même ! »

NORA FRANKS | « Bon, bah apparemment elle relance... »

Les groupes de discussions allaient et venaient, au gré de la soirée et presque naturellement. Seul les quelques militants de l'ORDI restaient à l'écart, discutant le plus souvent à voix baisse ou de manière calme et posée. Depuis plus d'une demi-heure, ils discutaient avec Grant qui étaient venu leur tenir compagnie. Connaissant la droiture morale et éthique des personnes avec qui elle était présente, elle s'abstint de boire quoi que ce soit et surtout de fumer. Non loin de là, Omara et Sanmoranah discutaient avec Beatrice Matthews, porte-parole des libertaires et anarcho-syndicalistes westréens. Cette dernière se déplaçait depuis peu à l'aide d'une canne, tant sa blessure à la jambe l'a paralysait de plus en plus.

ANGAD SANMORANAH | « Vous avez du batailler longtemps pour que les libertaires rejoignent votre position ? »

BEATRICE MATTHEWS | « Ce sont des dogmatistes, ils croient à la pureté des idéaux. J'étais aussi comme eux avant, peut-être toi aussi Angad. Mais quand nous voyons se réaliser une révolution qui peut apporter la libération au prolétariat, s'y opposer serait donner du pain béni à nos ennemis »

ANGAD SANMORANAH | « Nous avons eu également ce genre de soucis. Mais la logique partisane s'efface de plus en plus dans notre pays. Cela dit, cela ne veut pas dire que nous sommes tout le temps d'accord sur tout... »

IKNA OMARA | « C'est un doux euphémisme Angad... »

ANGAD SANMORANAH | « L'important, c'est l'unité sur des principes communs. Si les libertaires, marxistes, éco-socialistes et urdzharistes doivent s'entendre alors qu'ils le fassent sans tomber dans l'opportunisme ou le révisionnisme »

BEATRICE MATTHEWS | « Allez, je lève mon verre à ces belles paroles ! »

Grigorii Chtcherbina discutait également de son côté avec quelques membres du Comintern, auxquels il avait présenté Anastasia Markova. Cette dernière occupait le même rôle que Franks au Westrait et très vite, les deux femmes nouèrent des relations cordiales et avaient échangé quelques points de vues à propos de la situation internationale sans trop entrer dans les détails. Chtcherbina de son côté et comme à son habitude, parlait énormément en faisant de grands gestes, mais son tact ainsi que son éloquence lui permettait de capter l'attention de son auditoire. Il riait de temps à autre, sous le regard amusé des gens autour de lui. Mais soudain, l'on entendit sonner à la porte. Grant s'excusa auprès de ses hôtes du moment et alla ouvrir. Quelle ne fut pas sa surprise de voir élégamment vêtu sur le pas de la porte, le Président du Présidium Yuuji Nagakawa avec son pardessus sur le bras, inclinant légèrement son stetson vers l'avant.

YUUJI NAKAGAWA | « Aurais-je raté quelque chose ? »

AUDREY GRANT | « Il ne manquait plus que toi à la fête ! T'étais aussi dans le coup, c'est ça ? »

YUUJI NAKAGAWA | « C'est un secret d'Etat que je ne suis pas en mesure de divulguer. Mais pour me faire pardonner, permets moi de t'offrir ce petit vin askaze »

AUDREY GRANT | « Ma foi, c'est très urbain de ta part... »

Les deux camarades et collègues tombèrent dans les bras l'un de l'autre, avant de se diriger ensemble vers la grande pièce principale. Sous les applaudissements et les sifflets, Yuuji Nakagawa déposa ses affaires avant de prendre la peine de saluer tout le monde présent en prenant soin de ne manquer personne. A peine terminée, il se fit agripper le bras par Alazar Yohannes qui venait de quitter la table de jeu et en compagnie de Ikna Omara qui le suivait et ils allèrent un peu se mettre à l'écart. Fou de joie, Yohannes déplia alors un long morceau de papier savamment enroulé. A première vue, il s'agissait d'un plan. Le westréen et la gandharienne se penchèrent pour voir de quoi il s'agissait. On sentait Yohannes assez triomphant pour l'occasion.

ALAZAR YOHANNES | « Je souhaiterai vous montrer notre nouveau projet, en phase de test pour le moment. Nous l'avons baptisé Corbeau Boiteux. Avec cette merveille, nous dominerons les cieux en Algarbe et nous serons capable de pouvoir frapper qui nous le souhaitons en mesure de représailles »

IKNA OMARA | « C'est... ambitieux ? »

YUUJI NAKAGAWA | « Dans combien de temps pensez-vous être capable de produire un prototype ? »

ALAZAR YOHANNES | « D'ici peu, d'ici peu. Mais s'il vous plait, ne dites rien à Achille. Nous voulons faire la surprise au Makengo le moment venu ! »

Alors que la partie de poker semblait être désormais terminée et la table désertée, Kaménine en compagnie de Markova, Franks et Lloyd commencèrent une partie de billard. Achille Tshilenge lui, continuait de fumer son cigare et attira l'attention de Grigorii Chtcherbina qui lui tendit un verre de vodka que le makengais ne refusa aucunement.

GRIGORII CHTCHERBINA | « A l'amitié entre nos peuples ! [Lança t-il, dans un gallique un peu approximatif]»

ACHILLE TSHILENGE | « A l'amitié entre nos peuples, camarade ! »

Arrivant derrière les deux hommes, la Secrétaire Générale du SWPW Emma Nolan donna une légère tape amicale sur l'épaule du phacochère.

EMMA NOLAN | « Alors citoyen Tshilenge, pas trop anxieux d'être entouré par autant de communistes ? »

ACHILLE TSHILENGE | « Je préfèrerai toujours un communiste sincère à un socialiste adepte du "ni-ni", si vous voulez le fond de ma pensée »

EMMA NOLAN | « Tout le monde ne partage pas votre point de vue au sein de votre parti. Même si vous représentez sans aucun doute sa tendance la moins hostile à un rapprochement avec les communistes »

ACHILLE TSHILENGE | « On a foutu dehors les ennissois et les valdaques. Les communistes ont réussi à mettre dehors les cambriens hors d'Alande, à aider à débarrasser le Han'Chou des léonorans. Le calcul est simple, nous sommes de ceux qui acceptent de se battre même si nous ne le faisons pas avec les même méthodes »

GRIGORII CHTCHERBINA | « A l'unité d'action entre les socialistes et les communistes, contre l'impérialisme et la réaction ! »

Le saratove remplit à nouveau son verre, celui du makengais et en donna un à la westréenne. Ils trinquèrent ensuite ensemble plusieurs fois, échangeant leur point de vue en tout quiétude. Pendant ce temps, au billard...

ALEXEÏ KAMENINE | « Sinon, sans être indiscret. Comment ça s'est passé avec les karmalis ? »

NORA FRANKS | « Mieux qu'on pouvait l'espérer, pour être tout à fait franc. Il reste encore des points de frictions, mais nous sommes sur la bonne voie. Mais ils ne m'aiment réellement pas »

ANASTASIA MARKOVA | « Beaucoup d'ennemis, beaucoup d'honneur non ? »

ANNA LLOYD | « Je vois que vous partagez tous et toutes autour de cette table, l'art de la citation usitée au possible »

NORA FRANKS | « Faut pas écouter Anna, elle est du genre sophistiquée dans le choix de ses mots »

ALEXEÏ KAMENINE | « C'est un sujet sérieux, s'il vous plait camarades. Nous avons besoin du Karmalistan avec nous et non contre nous. Nous pouvons aider autant que possible pour atténuer les problèmes, mais nous ne pouvons pas le faire si tout le monde n'y met pas du sien »

ANNA LLOYD | « C'est un bon point »

ANASTASIA MARKOVA | « Si personne n'y voit d'inconvénient, je vais continuer à nous faire gagner Nora »

NORA FRANKS | « Sans aucun doute, tu es meilleure que moi à ce jeu là »

ANNA LLOYD | « Tu veux dire qu'elle est meilleure que toi à un jeu avec des boules et une queue ? »

ALEXEÏ KAMENINE | « [Baissant la tête en la secouant de droite à gauche en riant sous cape] Mesdames s'il vous plait, un peu de sérieux. Laissons la camarade Markova continuer de nous éblouir par son jeu au lieu de divaguer sur des propos hautement répréhensible. Au nom de la vertu socialiste, évidemment »

NORA FRANKS | « Le camarade Kaménine parle comme les karmalis, il est vraiment à fond dans sa mission ! »

Une vingtaine de minutes plus tard, Audrey Grant fit tinter son couteau contre son verre, signe que le moment était venu de porter un toast. Les très nombreux invités lui avaient offert quelques petits cadeaux, mais rien d'extravagant. Cela l'aurait même contrariée, elle qui vivait simplement et n'avait pas besoin de ce type de reconnaissance. Une fois que tout le monde était présent autour de la table principale, ils levèrent tous et toutes leurs verres et Audrey Grant porta alors son toast. Fait remarquable, les membres de l'ORDI étaient également présent et pour faire "bonne figure", avaient accepté de porter également un toast à condition que leur verre ne soit rempli qu'avec de l'eau. Chose qui ne leur fut pas refusé, évidemment.

AUDREY GRANT | « Mes très chers amis. Camarades. Encore une fois, merci à tous et à toutes d'être ici et d'avoir organisé tout ceci dans mon dos et sans m'en tenir informé. J'ai horreur d'habitude de ce type de surprise, mais cela me comble vraiment de joie de vous voir tous et toutes ici, pour une date aussi particulière. Je ne serai pas longue et j'irai à l'essentiel : Qu'importe les divergences que nous pouvons avoir ici, elles font notre richesse commune. Communistes, socialistes, syndicalistes, libertaires, éco-socialistes, nous luttons ensemble pour débarrasser le monde de la pieuvre impérialiste, du colonialisme et pour abattre la réaction capitaliste, fasciste et libérale. Plus que tout ce soir, je lève mon verre à celles et ceux qui ont donné leur vie pour que nous en arrivions ici. Je lève mon verre aux héros qui ont libéré l'Alande du Nord, aux héros qui ont participé à la libération du Han'Chou, aux héros qui se battent partout à travers le monde en affirmant haut et fort nos principes et nos convictions. Merci encore une fois d'être ici pour que nous puissions partager ce moment ensemble.

Mon quarantième anniversaire n'est rien, comparé au fait de pouvoir fêter dignement ce qui a été accompli ici avec des amis et des camarades comme vous. J'espère avoir l'occasion de vous voir lors du dixième anniversaire de notre révolution en juillet prochain, où nous aurons encore d'autres réjouissances à partager ensemble. Enfin, enfin... [Elle se racle la gorge] Je veux porter un toast à notre matriarche, celle qui porte en elle la vie et le soleil, qui participe à la libération des peuples en lutte, à l'architecte consciencieuse et bâtisseuse infatigable du socialisme, celle qui du haut du phare du socialisme nous mènera à bon port, l'ennemi du genre humain, l'inspiratrice de la terreur cewelliste à travers le monde [Elle énumère ici tous les surnoms et appellations que l'on peut lui donner] - Audrey Grant. J'espère qu'il s'agit du premier et du dernier toast prononcé à l'égard de cette génie pour le restant de la soirée... [Tout le monde éclate de rire] A vous camarades et amis. A nous. Au socialisme et à la victoire prochaine et définitive des peuples du monde entier contre l'hydre capitaliste ! »

[...]
Ah ça ira ça ira ça ira,
Tout les bourgeois à la lanterne !
Ah ça ira ça ira ça ira,
Tout les bourgeois on les pendra !
On les pendra !
Et si on les pends pas, on leur cassera la gueule !
Et si on les pends pas, la gueule on leur cassera ! ♪

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Re: Life in Westrait | La vie au Westrait

Message par Viktor Troska »

WHICH ROAD TO SOCIALISM ? (IX)
Aimons-nous et quand nous pouvons,
Nous unir pour boire à la ronde,
Que le canon se taise ou gronde,
Buvons, buvons, buvons !
À l'indépendance du monde ! ♪


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Extraits de l'ouvrage We are struggling together de Mark Waters
Durant le conflit civil et même dans la période précédent ce dernier, le mouvement libertaire westréen a joué un rôle non négligeable que l'historiographie récente tente à remettre en avant. La possible perte de mémoire vis à vis de la place du mouvement libertaire dans le processus révolutionnaire pourrait signifier sa marginalisation, voir tout simplement le faire disparaître des écrans. Il faut dire que le poids des libertaires n'a jamais pu dépassé le poids des principales organisations de la gauche westréenne, ce qui peut expliquer pourquoi la signature en 2017 du Programme de Bakerfield par l'Industrial Workers of the World et l'Union of Communist Libertarian Workers répond davantage à un souhait tactique plutôt qu'à une vision de long terme. Plus que tout, c'est finalement la guerre civile révolutionnaire qui va placer les libertaires devant un dilemme qui va pendant de très nombreuses années produire des débats et des contradictions importantes. Conscient de leur faiblesse structurelle et organisationnelle, ils ont rapidement compris qu'ils ne pourraient pas vaincre en refusant toute idée d'alliance avec le front uni national. Cela semblait repousser la possibilité de l'établissement d'un communisme libertaire tant désiré depuis des décennies. Le refus net de la possible conception d'une "dictature anarchiste" a été rejeté par les composantes du mouvement libertaire, ce qui a conduit à chercher une coopération au sein du front uni national avec les tendances les plus à gauche tout en tolérant les éléments les moins radicaux pour vaincre les militaires. [...]

En acceptant de partager le pouvoir politique avec des "étatistes", les libertaires westréens actaient un compromis qui allait à l'encontre de leur philosophie, voir même tout simplement de leur visée politique. Pourtant à des degrés divers et selon les régions, les libertaires vont permettre d'établir de nombreux conseils qui vont être un support indéniable pour le Gouvernement Républicain Provisoire. Dans de nombreuses zones semi-urbaines et agricole, de nombreuses unités combattantes libertaires vont participer à la reconquête des territoires, bien que leurs relations avec la future Republican Liberation Army eut été problématique tout au long de la guerre civile puisque ces unités refuseront leur intégration au sein de cette dernière en invoquant le refus de la discipline militaire. C'est d'ailleurs là un autre dilemme majeur que le mouvement libertaire westréen ne franchira pas, qui est celui de renoncer à toute opposition à la participation gouvernementale. Le soutien au Gouvernement Républicain Provisoire se basait sur une non-participation à ce dernier, l'objectif restait de parvenir à l'édification d'une société communiste libertaire sur un plus ou moins long terme. Durant toute une partie de la guerre civile révolutionnaire, le contrôle du Gouvernement Républicain Provisoire sur les différents territoires qui reconnaissent son autorité est assez aléatoire : Des zones de "pouvoir des conseils" existent avec des zones de "cohabitation républicaine" souvent assez mal défini par ailleurs.

Mais malgré le refus de participation déclaré, l'accélération de la guerre civile révolutionnaire et le besoin d'unité a obligé le mouvement libertaire à participer au pouvoir sur une base locale voir régionale. Il n'est donc en rien surprenant que dans les régions les plus reculées ainsi que les petites et moyennes villes, l'on ait pu assister à une montée de l'influence libertaire : Dans ses endroits, furent d'ailleurs mis en place les premières mesures de collectivisation, répondant tant à une nécessité politique que purement technique pour assurer un ravitaillement suffisant pour le front. Ces expériences locales d'application du communisme libertaire ont démontré pour les libertaires et leur partisans qu'il était possible d'appliquer une politique autogestionnaire. Cependant, ce mouvement ne se répercuta pas dans les grandes centres urbains où prédominait les forces du front uni national. Il n'y eu aucune forme de collectivisation, mais une prise de contrôle étatique qui mêlait comités républicains, conseils avec délégués ouvriers et une coordination via les structures syndicales de l'IWW. C'est ce que l'on baptisera plus tard le War Syndicalism et ce dernier au fur et rien mesure de l'avancement de la guerre, se centralisera davantage ce qui provoquera de nouvelles frictions au sein du front uni national et également au sein des libertaires.

Par pragmatisme, communistes libertaires et synthésistes finirent cependant par accepter la mainmise du Gouvernement Provisoire Républicain, car il était impossible de rivaliser avec ce dernier en terme de ressources, de poids politiques et surtout de soutien populaire. Plus que tout, les autres composantes du front uni national comme le WCP, le SLP et le DSP faisaient tout pour maintenir l'unité autant que possible, tout en tendant une main fraternelle aux libertaires. Mais cette main tendue et fraternelle ne fut jamais réellement saisie et à la sortie de la guerre civile malgré sa participation sur de nombreux fronts via ses "Black Brigades" et "Blacks Columns" et l'aura de plusieurs de ses représentants, le mouvement libertaire se referma sur lui-même. Ce n'est qu'à la fin de 2041 que de nouvelles dissensions émergèrent et provoquèrent une rupture du mouvement libertaire : Un congrès avait été appelé à Aristead par l'Union of Communist Libertarian Workers, qui voyait se dégager en son sein une tendance vers le "possibilisme libertaire", rejetant l'antipolitique historique du mouvement libertaire. Dans le désormais fameux Manifeste de 76 qui sert aujourd'hui de base politique aux "possibilistes", l'on pouvait lire qu'ils considéraient que le Westrait était une authentique république ouvrière, qu'elle n'était qu'une étape devant mener à la création d'une grande fédération panolgarienne des communes et que cela rendait compatible la participation anarchiste à l'exercice de la dictature du prolétariat. Bien que minoritaire, les "possibilistes" ont décidé de sauter le pas et de créer quelques temps après le congrès leur propre organisation que l'on connaît depuis peu sous le nom de Syndicalist Party. [...]
Ah ça ira ça ira ça ira,
Tout les bourgeois à la lanterne !
Ah ça ira ça ira ça ira,
Tout les bourgeois on les pendra !
On les pendra !
Et si on les pends pas, on leur cassera la gueule !
Et si on les pends pas, la gueule on leur cassera ! ♪

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