Vie au Gandhari

Janubo-Marquésie 98-101-102-104-107
En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

La colère de l'empereur du crime (3)


Image


Sidhak Kundu
Upasani ! Viens-là je veux qu'on parle !

Anil Upasani
C'est à quel propos monsieur ?

Sidhak Kundu
Ce qu'il se passe au Karmalistan avec la coupure des vannes en pétrole par le Kars me porte préjudice dans mes affaires locales. Là-bas les relais sont importants parmi la minorité janubienne qui peuple le pays. Et tu le sais, quand on compromet mes affaires, j'attaque.

Anil Upasani
Avez-vous un plan ?

Sidhak Kundu
Absolument, et je dois dire que j'ai reçu un soutien assez timide du gouvernement mais un soutien quand même.

Anil Upasani
QUOI ?! Vous discutez avec le gouvernement maintenant ? Mais que diable s'est-il passé ?

Sidhak Kundu
Disons que nos intérêts convergent sur cette histoire et ils nous ont promis un soutien si on s'arrangeait pour masquer leur implication, ce qu'on va évidemment faire.
Malgré la chute du pouvoir de Mandalik à Kitaya ils ont été plutôt cool avec nous et ont obtenu des garantis de notre part avec en échange l'assurance que notre business continue.

Anil Upasani
Un pacte de non-agression ? J'avoue que ce pays ne finit jamais de me surprendre...

Sidhak Kundu
La Omara elle est pragmatique tu sais, c'est pas une idéologue irréfléchie comme l'autre con de Golia qui voulait nous éradiquer sans réfléchir ou comme le Lota qui m'avait arrêté pour plaire à son électorat.

Anil Upasani
Et du coup qu'allez-vous faire pour vous venger par rapport à vos affaires entravées au Karmalistan.

Sidhak Kundu
Oh tu n'as pas idée mais crois-moi, si le plan réussit, on aura restauré notre honneur et détruit celui de nombreux oligarques pétroliers qui ont des nappes de pique-nique en guise de couvre-chef.

Anil Upasani
Eh bien je suis curieux de voir ça.

Sidhak Kundu
Patience Anil, patience...
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

17 Septembre 2039


Image


La victoire du Parti Communiste au Westrait était célébrée dans tout Bunaghar. En trois mois à peine, le monde avait enregistré la victoire de deux partis communistes par les urnes, un évènement sans précédent.
La Première ministre Asha Lota, accompagnée de sa Vice-Première ministre Ikna Omara, participait à un dîner festif pour célébrer les résultats avec la représentation diplomatique westréenne. Les deux femmes étaient éblouissante et affichaient une complicité qui était interprétée comme une solidité de la coalition de gouvernement.
Il n'en était rien
Les projets d'Asha Lota qui étaient une intervention en Vasconie et la confiscation brutale des terres agricoles inquiétaient profondément Ikna Omara qui jugeait que la Première ministre avançait de façon bien trop amateuriste et dangereuse.
Éloignées des autres invités, les deux femmes avaient un échange vif.


Ikna Omara
Asha ! Renonce à ton projet d'expédition en Vasconie, c'est de la folie ! Tu vas griller notre image à l'internationale pour des années et c'est sans parler de ton image à toi. L'Ennis n'acceptera jamais la moindre intervention gandharienne. C'est se jeter dans la gueule du loup !

Asha Lota
La victoire électorale au Westrait suit la notre et nous avons le vent en poupe. Nous devons sauver la révolution vasconienne pour continuer notre combat au-delà de nos frontières. Ma décision est prise Ikna et je te demande de le garder pour toi et de cesser de me dissuader de le faire.

Ikna Omara
Et tu vas mettre qui dans le coup ? Kachela ? Il va accepter d'envoyer des hommes en Mer de Cérulée se faire refouler par la flotte ennissoise ?

Asha Lota
Kachela exécute les ordres sans broncher, c'est le Chef d'Etat-Major !

Ikna Omara
Et Tara, tu l'as mis au courant j'espère ?

Asha Lota
Non, je ne peux pas.

Ikna Omara
Quoi ?! Mais Asha, c'est la ministre de la Défense ! Tu ne peux pas agir dans son dos, c'est insensé !

Ikna Omara était plutôt horrifiée du comportement d'Asha Lota qui semblait convaincue et ne pas tenir compte des risques encourus.

Ikna Omara
Tu vas tout foutre par terre Asha, renonce à cette folie et contente-toi de soutenir la Vasconie par communiqué, nous ne pouvons pas faire autrement de là où nous sommes car nous n'avons pas les moyens d'intervenir aussi loin sans encourir un échec patent !

Asha Lota
Arrête d'être pessimiste Ikna, c'est à cause de toi si la cause n'avance pas. A force de vouloir jouer le pragmatisme tout le temps tu rates le coches et tu nous fais prendre un retard incroyable. Tu es plus un boulet qu'autre chose !

Ikna Omara
QUOI ?! Prôner l'avancée vers un régime communiste de façon graduée et progressive et non dans la violence, la guerre et la brutalité comme tu le propose dans un pays déchiré comme le notre c'est être un boulet ? Te dissuader de lancer une opération hasardeuse et dangereuse pour notre image dans le dos de tout le gouvernement c'est être un boulet aussi ? Ressaisis-toi Asha, tu fais n'importe quoi depuis le départ, tu passes ton temps à jouer le coup d'éclat. Gouverner ce n'est pas ça ! Confisquer les terres comme tu vas le faire va créer une panique internationale chez les investisseurs alors que nous avons besoin d'y aller de façon graduée pour ne pas apparaître comme une menace et en subir les conséquences. Conjuguer cette confiscation des terres à une opération assumée en Vasconie c'est la double peine, Asha. Notre pays sera catalogué pour des années comme une brute, ne fais pas ça !

Asha Lota
Notre mission est d'aider nos camarades où qu'ils soient dans le monde, et peu importe si nous devons faire des sacrifices. Quant à la confiscation des terres je me fiche de tes états d'âmes. Ces propriétaires terriens ont réduit nos enfants en esclavage pendant des années et ils ne méritent que le bâton et le coup de pied au cul pour quitter leur terre et les céder à l'intérêt général.

Ikna Omara
Mais bordel Asha ! Le pays est parcouru par des milices qui pillent, tuent et ciblent les gens pour se venger. Le Gandhari est dans un état lamentable et toi au lieu de prendre un temps pour panser les plaies du régime autoritaire d'Amrish tu en rajoute en ouvrant d'autres plaies béantes. Je vais te le dire Asha, tu es une piètre dirigeante. Faire tout en même temps est impossible, c'est même courir droit à l'échec.

Asha Lota garda le silence. Après tout Ikna Omara avait raison mais il était hors de question de reconnaître ses torts. Elle irait au bout de ses intentions et au diable les conséquences.

Asha Lota
J'ai déjà pris ma décision, nous irons en Vasconie pour imposer un régime communiste !

Ikna Omara
Dans ce cas ait au moins la bonne idée d'en parler au gouvernement !

Asha Lota
Non, je...

Ikna Omara
...sais qu'il va s'y opposer !
Mais c'est évident Asha ! Nous sommes au bord de la guerre civile, Palanai a été meurtrie, nous avons des gens qui défilent en masse contre la "peste rouge". La manière dont tu agis c'est celle d'un pyromane ! SI tu continues sur cette voie tu ne restera pas longtemps à la tête du pays. Reviens à la raison, ralenti le tempo et cherche d'abord à pacifier le pays au lieu de lui donner des contours belliqueux !

Asha Lota, furieuse, tourna les talons et quitta le couloir vide pour rejoindre la fête. Tandis qu'elle lui tournait le dos en partant à grande enjambée, Asha Lota entendit Ikna Omara:

Ikna Omara
Tu vas tout gâcher, et nous le paierons encore pendant des années !

Asha Lota
Une traîtresse comme toi ne devrait pas être là, j'ai sans doute fait erreur en te faisant confiance et en croyant que tu serais une acolyte indéfectible ! Avec des gens comme toi notre révolution n'avancera jamais !

Blessée, Ikna Omara se dirigea dans la direction opposée à la Première ministre pour quitter la fête, non sans laisser échapper quelques sanglots de désespoir et de tristesse.
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

Temple du savoir... et de la beuh


Image
L'université de Bunaghar



L'université de Bunaghar fourmillait d'étudiants en cette rentrée universitaire. Les habituels stands pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux étaient là et trônaient à côté des tribunes syndicales qui déroulaient en continu leur discours sur la vie étudiante tout en faisant l'apologie à peine dissimulé du gouvernement. La plupart des étudiants passait devant sans s'arrêter, plus préoccupés de savoir dans quelle salle ils devaient aller que par la situation politique du pays ou les dernières avancées de la "révolution socialiste gandharienne".
Sabad remarquait que les tribunes attiraient plus d'étudiants étrangers que d'étudiants locaux. Algarbiens, Ventéliens ou Dytoliens, la mixité de l'assemblée sautait aux yeux. Peut-être étaient-ils en train d'approcher ce qu'ils voyaient comme étant une curiosité dans leur propre pays. Le jeune homme originaire de Sojatpurie du Nord continua son chemin car il devait rejoindre un amphithéâtre pour l'accueil de sa promotion par des professeurs.
Sabad avait attendu la rentrée universitaire avec impatience depuis la fin de ses études secondaires dans la région de Tamarchandia, à l'autre bout du pays. Il avait vécu toute sa scolarité dans son village d'origine. Ses parents qui étaient des vendeurs de chaussures l'avaient souvent employé pour les aider à tenir la boutique. Entre ses études et le magasin, Sabad n'avait jamais vraiment eu du temps pour lui et jamais il n'avait été non plus maître de lui-même. Alors lorsqu'il avait appris que sa bourse universitaire était accordée, il avait dit au revoir à sa famille et s'était jeté dans un train pour rejoindre Bunaghar et commencer ses études d'économie.
Et en arrivant il n'était pas déçu. Bunaghar, ses palmiers, ses bars ouverts jusqu'au matin, ses discothèques qui charriaient des jeunes de tous horizons, son temps clément, l'océan... Il lui semblait être arrivé au paradis.

Tandis qu'il marchait en direction de portique monumental du bâtiment historique, il vit un attroupement plutôt bruyant. Il s'approcha prudemment et interpella un étudiant qui était visiblement étranger. Sabad haussa les épaules et tenta en Briton, une langue qu'il maîtrisait puisque Tamarchandia avait été une colonie britonne dans le passé:


Sabad Tola, en briton
Il se passe quoi ?

L'étudiant le regarda avec surprise, ne s'attendant visiblement pas à ce qu'on lui parle dans sa langue natale. Arborant fièrement un pin's comportant un poing levé rouge, il ne faisait que peu de doute quant à l'origine de l'étudiant.

L'étudiant étranger
Visiblement ils contrôlent les gens. Je ne sais pas ce qu'ils cherchent. Viens on avance.

Sabad Tola
Alors comme ça tu es Westréen ? C'est la première fois que j'en rencontre un !

L'étudiant étranger
Eh bien voilà c'est fait. Mon nom c'est Tobias Thompson, allons voir ce qu'il se passe au portique !

Les deux étudiants avancèrent et se frayèrent un chemin à travers la foule qui se pressait pour entrer dans la cour de l'université.

Un étudiant
Eh ! Chacun votre tour, reculez et faites la queue !

Tobias Thompson
Calme-toi on voulait savoir ce qu'il se passait !

Un étudiant
Ben ils contrôlent les gens pour voir s'ils ont pas de la drogue. Un nouveau décret est passé cette nuit askip et la drogue est désormais interdite sur les campus. Sauf que beaucoup ne savaient pas et ont été choppé et leur drogue confisquée.

Sabad Tola
Ah bon ? Comment ça se fait que ça a été interdit comme ça du jour au lendemain ?

Un étudiant
Ben c'est l'autre connard d'Henderson là ! Il avait promis d'éradiquer la drogue des campus, même la beuh et il nous prend en traître pour nous ficher la trouille et nous dissuader de recommencer.

Tobias Thompson
Henderson ? Mais c'est un nom Westréen, c'est qui ?

Sabad Tola
Tu ne connais pas Samuel Henderson ? C'est un héros de la guerre civile westréenne à la base. Il a appartenu à la Quinzième Colonne et a été un des fondateurs de la Légion Révolutionnaire. Aujourd'hui il est Commissaire Fédéral aux Affaires Intérieures. Moi perso je l'aime pas, il est austère et froid. Mais apparemment il est très populaire chez les vieux.

Tobias Thompson
Ah. Décidément je connais pas grand-chose à ce pays. Mais bon je suis dans la merde parce que j'ai...

Il se rapprocha et chuchota à l'oreille de son nouveau camarade.

Tobias Thompson
J'ai du cannabis dans la poche. C'était autorisé quand je suis venu donc je me suis pas privé.

Sabad Tola
Toi t'as du cannabis, moi j'ai pris une dose de cocaïne à un vendeur avant de venir. Juste pour essayer quoi. Donc bon c'est moi qui suis plus dans la merde que toi là !

Tobias Thompson
Ouais mais toi t'es pas étranger, je sais pas comment ils vont réagir quand ils verront un étudiant étranger avec de la weed dans la poche !

Sabad Tola
Les Westréens sont un peu chez eux au Gandhari. Nan en vrai tu risques rien mais faut vite qu'on se débarrasse de ça avant de se faire chopper la main dans le sac !

Sabad tourna les talons et en quête d'une poubelle mais il heurta quelqu'un. Sonné, il réalisa vite qu'il s'agissait d'un agent de police qui avait écouté discrètement leur conversation.

Agent de police
Halte là ! Vous deux suivez-moi !

Sabad et Tobias s'exécutèrent et et suivirent le policier.

Agent de police
Videz vos poche et mettez le contenu à terre.

Les deux étudiant obéirent. L'agent sortit de sa poche un carnet, un stylo et une balance portative.

Agent de police
Bien. 50 grammes de cannabis, 12 grammes de cocaïne.

Il nota ces informations dans son carnet sans adresser le moindre regard aux deux étudiants.

Agent de police
Bon il n'y aura aucune sanction cette fois car on vous a pris par surprise, on le concède. Mais je dois avouer que jamais dans ma carrière j'ai saisi autant de quantité de drogue. Sachez donc maintenant que la consommation de drogue dure est interdite dans tout le pays. La drogue récréative reste autorisée mais pas sur le campus. Et gare à vous si vous prenez le volant sous l'emprise de la drogue parce que je vous assure que vous allez passer un sale quart d'heure en cellule de dégrisement et dire adieu à votre permis de conduire ! Maintenant circulez et éviter de toucher à cette saloperie si vous voulez pas crever à 50 ans en toxico. Et n’oubliez pas, la prochaine fois qu'on vous prend la main dans le sac avec de la drogue sur le campus c'est 1000 livres d'amende. Bonne journée et bonne rentrée !

Les deux étudiants échangèrent un regard.

Tobias Thompson
Eh ben bordel, ils plaisantent pas ici ! Moi qui croyait que le Gandhari était un pays à la cool.

Sabad Tola
Ben là franchement ils nous ont tendu un sacré piège. Je suis pas sûr que ça plaise beaucoup aux étudiants... Bon allez viens on va à cette réunion de rentrée !
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

Temple du savoir... et de la beuh (2)


Image
L'université de Bunaghar


Les stands qui faisaient l'apologie habituelle du gouvernement étaient vides depuis le jour de la descente policière massive pour saisir la drogue. L'ambiance générale était lourde et les syndicats étudiants étaient à cran: ils voulaient se payer la tête d'Henderson qui leur avait, selon eux, infligé une lourde humiliation. Un rassemblement se tenait donc sur le campus pour organiser une révolte contre le Commissaire Fédéral aux Affaires Intérieures. Les étudiants présents étaient essentiellement des consommateurs invétérés de drogue mais aussi des étudiants simplement choqués par le piège tendu lors de la rentrée universitaire.
Sabad Tola et Tobias Thompson étaient présents à ce rassemblement mais franchement assez peu confiants.


Tobias Thompson
Franchement ça pue cette histoire, dans quoi le Syndicat des Étudiants nous embarque ? On va avoir l'air de quoi à s'opposer pour une histoire de drogue ? Moi je ne suis pas venu ici pour ça !

Sabad Tola
Ouais viens on s'arrache de là, je préfère ne pas être mêlé à ça.

Syndicaliste étudiant
Bah alors on se dégonfle les lopettes ?

Sabad Tola
Oh tu parles autrement toi ! On a encore le droit de pas être d'accord avec des syndicalistes dans ce pays non ?

Syndicaliste étudiant
Ben ça veut dire que vous cautionnez les méthodes d'Henderson. Vous êtes ses chiens qu'il tient en laisse quoi. Bah alors cassez-vous et allez vous soumettre !

Sabad Tola
Des étudiants qui râlent parce qu'on leur a enlevé leur drogue, ça te choque pas toi ? Vous croyez que les gens vont vous soutenir ? Moi j'en doute fortement.

Syndicaliste étudiant
Mais on s'en tape des gens. Nous ce qu'on veut c'est continuer à fumer le shit librement sans qu'on soit emmerdés par les poulets. Mais c'est sûr qu'avec des gens comme vous qui vous dégonflez on va pas aller loin. Bon allez, ciao les loosers.

Tobias Thompson
Moi je suis pas sûr que votre histoire ira bien loin.

Syndicaliste étudiant
Elle veut quoi la face de sperme westréenne là ? Si t'es pas content t'as qu'à retourner dans ton pays. Tu diras à Audrey que je la baise !

Tobias Thompson
Bordel tu me parles pas comme ça sale facho !

Offensé, le Westréen administra un coup de poing dans la figure du syndicaliste étudiant. Ce dernier tomba au sol et avait le nez ensanglanté. Il se releva pour tenter de riposter mais il fut séparé par d'autres étudiants.

Syndicaliste étudiant
T'as de la chance bâtard, la prochaine fois que je te croise je t'allume.

Il cracha en direction de Tobias Thompson qui fit un mouvement de recul.

Étudiant
Bon, vous devriez partir tous les deux avant que ça dégénère. Par contre toi le Westréen t'es pas malin d'avoir frappé le petit-neveu de Sankar Amrish. Ça va te valoir des ennuis !

Sabad Tola
QUOI ?! Le petit-neveu d'Amrish ? Mais comment on était censé le savoir ? Finalement il a eu ce qu'il mérite non ?

Tobias Thompson
Ah ben voilà, je savais bien que ce type était un facho. Et donc c'est ça votre petite révolte étudiante pour la liberté de bouffer du shit ? Bon ça suffit on s'arrache de là, les manifs de droite c'est toujours la loose de toute façon.

Sabad Tola
Eh ben bravo, en quelques jours ton palmarès au Gandhari explose tous les records: contrôlé par la police avec de la drogue dans la poche et une patate administrée au petit-neveu de Sankar Amrish. J'avoue que là tu fais fort, je m'incline.

Tobias Thompson
Mes mains s'en souviendront, je crois que je me suis luxé un doigt. Ah bordel c'est incroyable que ce type soit encore en liberté et ose se revendiquer haut et fort comme le petit-neveu de ce type.

Sabad Tola
Ben les anticocos ont encore une sacré influence dans le milieu étudiant. Mais je pensais pas qu'il était soutenu par un type pareil. Pour moi la famille Amrish était soit en résidence surveillée soit en centre de rééducation.

Tobias Thompson
Ben va vraiment falloir que vous fassiez une Aristead dans le milieu étudiant parce que franchement ça pue de voir ces types faire un caprice pour fumer leur shit en paix. Vos syndicats étudiants ils sont tout pourris, c'est des bourgeois en fait.

Sabad Tola
Ben ils soutiennent le gouvernement quand tout va bien. Mais quand ils sont touchés ils deviennent assez agressifs. Heureusement, la majorité des gens ne peuvent pas les voir.

Une jeune fille s'approcha des deux étudiants. Elle s'adressa à Tobias Thompson.

Étudiante
Wow, énorme ton pain dans la gueule à Niham Amrish ! Le type il se prend pour le roi du campus, ça fait grave plaisir de voir quelqu'un le remettre à sa place.

Sabad Tola
Avec le recul c'est vrai que c'est jouissif.

Tobias Thompson
J'ai fait Aristead vous savez, personne m'insulte sans s'en tirer indemne !

Sabad Tola
Mais naaaan ? T'as vraiment participé aux évènements d'Aristead ?

Tobias Thompson
Ben ouais, on leur a réglé leur compte aux réacs. Vous devriez faire la même chose sur ce campus avant que ça dégénère hein.

Étudiante
Ah mais justement, un truc se prépare pour calmer ces fachos injectés de shit. Moi c'est Liv Ojal. En vous voyant tenir tête à ces Panesaristes de mes deux, j'ai tout de suite su que vous rejoindriez la cause.

Sabad Tola
Quelle cause ?

Liv Ojal
Mais la Brigade Estudiantine Anti-Panesariste voyons ! Ces gens rêvent de foutre le bordel pour permettre aux Panesaristes se venger. Ils croient qu'il ne s'est pas suicidé et qu'il reviendra avec son armée pour ramener l'ordre.

Tobias Thompson
Wow, vous avez vraiment des allumés chez vous !

Liv Ojal
Non mais c'est rien ça, attend de voir les hosadistes qui font de plus en plus recette sur le campus.

Tobias Thompson
J'espère qu'ils sont pas aussi dégénérés que les hosado-ratistes zufranais ?

Sabad Tola
Nan, leur trip c'est d'encourager ouvertement le programme nucléaire karmali pour ensuite programmer le vol de ces armes pour bombarder et détruire les grandes nations capitalistes que sont le Kars et le Jernland. Ils sont "orthodoxes" on va dire.

Liv Ojal
Nan mais le premier hosado-ratiste que je croise je lui éclate sa tronche malade moi. C'est juste pas possible de voir ça.

Tobias Thompson
Et du coup vous êtes quoi vous dans tout ça ?

Sabad Tola
Bof pour personne. Je suis pas un fanatique moi. Même si j'aime bien Omara je la vénère pas non plus. Faut rester raisonnable.

Liv Ojal
Nan mais mais ceux qui vénèrent Omara sont tarés hein. Tout comme les adeptes du Lotisme qui vénèrent Asha Lota comme une déesse. Nan vraiment rigolez pas ça existe !

Tobias Thompson
Mais sinon, les vrais communistes, ça existe vraiment au Gandhari ?

Liv Ojal et Sabad Tola, en haussant les épaules.
Bonne question !
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

Le savant déchu


Image


Sat Punn rangeait soigneusement ses affaires et se préparait à quitter son bureau d'enseignant-chercheur après la décision du conseil des maîtres de conférence de suspendre ses activités en raison de son statut d'époux de la Présidente de la Fédération.
L'annonce de la décision avait suscité un tollé auprès des étudiants qui portaient le professeur en économie dans leur cœur. Des rassemblements avaient en avait fleuri spontanément pour dénoncer le conservatisme au sein des instances de l'université. Et il était vrai que bien que "Populaire", l'université avait gardé l'intégralité de son corps d'enseignant après la révolution de 2039, corps enseignant qui était autrefois largement acquis à Sankar Amrish et à la droite conservatrice.
Le jeune professeur d'économie fulminait. Il bourrait ses sacs de façon nerveuse et avait du mal à contenir sa colère.


Sat Punn
Ah quelle bande de connards ! Ils vont le regretter tôt ou tard !

On frappa à sa porte et il sursauta.

Sat Punn
Entrez !

La porte s'ouvrit et une jeune étudiante apparut dans l'encadrement de la porte.

Liv Ojal
Monsieur, je voulais venir vous dire au revoir et vous dire à quel point vous avez été un bon professeur. Lors de mes deux premières années vous m'avez donné le goût aux études économiques et si je suis en situation de réussite c'est grâce à vous.

Sat Punn
Vous êtes une étudiante talentueuse Liv, je suis certain que vous arriverez un jour à occuper la place que je n'ai pas su garder !

L'étudiante lisait la tristesse, la colère et la frustration sur le visage de son professeur préféré. Elle ne désarma pas.

Liv Ojal
Monsieur, votre éviction a été la goutte de trop pour nous autres les étudiants révolutionnaires. Nous savions déjà que l'université n'était pas très marxiste-friendly mais avec votre mise à l'écart pour un prétexte qui tient assez peu la route, nous n'avons plus aucun doute. Pendant que ces petits cons se battent pour se shooter en paix, ils se satisfont également de votre départ forcé et très franchement je crains que des coups ne finissent par partir. Que va devenir le club des "Marxistes patentés" que vous animiez avec les étudiants communistes ?

Sat Punn
Oh eh bien... ce n'est pas encore de notoriété public mais il a été dissous sur décision administrative au motif que la proximité du club avec le pouvoir était trop franc. L'argument d'indépendance pédagogique totale vous savez. Mais entre nous, cet argument est un argument massue pour garder intacte les remparts réactionnaires qui entourent cette université.

Liv Ojal
Mais monsieur, comment expliquez-vous cette situation ? Notre pays est aujourd'hui clairement marxiste. Pourquoi l'université de Bunaghar est-elle restée un îlot de résistance malgré tout ce temps ?

Sat Punn
Il n'y a jamais eu de véritable purge dans le corps universitaire. Les gouvernements de Kéjar et de la fratrie Lota ont délaissé l'université car ils considéraient que ce n'était pas un levier prioritaire pour transformer le pays. A court terme ce choix se comprend. Mais à long terme c'est un poison qu'on laisse se développer. De cette université il sort plus d'étudiants anti-marxiste que de marxistes convaincus. Je ne peux rien faire pour inverser la situation mais je vous dis quand même qu'avec un peu d'organisation, de grabuge et de combattivité, vous avez les armes pour venir à bout de cette situation. L'opinion publique sera vite de votre côté pourvu que vous arriviez à vous rendre sympathiques. En quelque sorte ce pays a besoin d'un Aristead des universités.

L'étudiante se mordit la langue, hésita puis se lança.

Liv Ojal
Et votre femme... elle nous soutiendrait ?

Sat Punn
Oh, cette affaire ne dépend pas d'elle mais bien de vous. Je le redis, si vous arrivez à susciter sympathie et adhésion, la partie sera gagnée pour vous et vous viendrez à bout du corps enseignant conservateur et de ces mouvements étudiants qui réclament de consommer de la drogue en paix sans se soucier du danger qu'ils représentent pour la société.

Liv Ojal
On se souviendra de vos conseils monsieur, nous ferons tout ça en votre nom.

Sat Punn
Ma carrière n'est pas finie, je vais continuer à écrire, faire mes recherches mais il est clair qu'on me supprime le contact avec mes étudiants parce que j'étais singulier parmi le corps enseignants. C'est fou de penser qu'aujourd'hui au Gandhari on peut encore prendre des risques dans certains corps de métier en étant simplement marxiste. Et c'est précisément parce que personne ne croira à cette fable qu'on s'est arrangé pour m'évincer et trouver une excuse toute trouvée.

Liv Ojal
De toute façon vous êtes le seul économiste marxiste qui enseigne dans cette université, les autres sont tous de la vieille école. Pas étonnant qu'ils ne voulaient plus de vous.

Sat Punn
Moi j'enseigne toutes les écoles de l'économie en toute objectivité bien que mes opinions soient connues par la nature de mes relations privées. Mais jamais dans un cours vous ne m'avez entendu dire du mal du libéralisme économique ou encore faire l'apologie du marxisme. La neutralité pendant mes leçons a toujours été mon principe fondamental. Mais vous savez, quand on regarde avec qui je suis marié, c'est très facile de m'accuser de parti pris grossier. Il n'y a vraiment rien à faire pour se battre contre ça et gaspiller son énergie est ici inutile. Je vais donc quitter cette université la tête haute. Pour la suite, vous qui souhaitez une université qui n'est pas "populaire" que de nom, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

Liv Ojal
Avant de partir on s'est arrangé pour vous faire une surprise monsieur.

Sat Punn
Ah oui ? de quoi s'agit-il ?

Liv Ojal
Allons vers la sortie si vous voulez bien.

Sat Punn
Attendez, je prends mes sacs et on y va.

Le professeur, les bras chargés, quitta une dernière fois son bureau et ressentit une grande amertume lorsqu'il referma la porte. Il tourna les talons et se dirigea vers la sortie de l'université.
Lorsqu'il franchit le pas de la grande porte du portique, une clameur s'éleva et des confettis volèrent.
Des étudiants s'étaient réunis par centaines pour saluer leur professeur. Une voiture l'attendait au bas du parvis et on vint le décharger de ses affaires qu'on installa soigneusement dans le coffre de la voiture. Les étudiants acclamaient leur professeur.


Étudiants
Monsieur Punn ! Monsieur Punn ! Monsieur Punn ! Monsieur Punn !

Sat Punn faisait des signes de mains avec un grand sourire à ses étudiants. Il adressa un regard de remerciement à Liv Ojal. Tandis qu'il entrait dans la voiture en faisant le signe du V de la victoire, il leva furtivement les yeux en direction d'une fenêtre qui surplombait le portique de l'université.
A cette dernière se tenait fièrement Manukha Amrish, le petit-neveu du dictateur défunt qui ne cachait pas sa joie de voir le Professeur Punn débarrasser le plancher...
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

"C'est un fou furieux"


Image



Le Premier Commissaire Fédéral avait du céder face à Mohinderpratap Kachela, Samuel Henderson et Kiv Tokas qui avaient fortement insisté pour nommer Sat Punn à la tête d'un Commissariat Fédéral à l’Éducation Populaire taillé sur mesure pour lui. Ikna Omara qui n'était pas spécialement favorable au départ avait été convaincue par ses trois commissaires phares, au détriment même du premier d'entre eux. Vikam Kawera l'avait plutôt mauvaise et il était inquiet. Le personnage l'effrayait car Punn était radical, très radical.

Vikam Kawera
Et donc il envisage d'envoyer la troupe contre les enseignants qui refuseraient de prêter serment et quitter leurs fonctions. Bien évidemment à grands renforts de propagande l'opération devrait être soutenue par l'opinion mais moi je ne peux pas, éthiquement je ne peux pas.

Leena Bader
Franchement je trouve dégueulasse le comportement de Kachela qui, fort de sa popularité, outrepasse les règles élémentaires de bienséance au sein d'un gouvernement. Ce n'est pas à lui de nommer un Commissaire Fédéral.

Vikam Kawera
Il est premier dans l'ordre protocolaire parmi les commissaires, que voulez-vous. Il n'a aucun remord pour se substituer à mon autorité. Et il entraîne avec lui Henderson et Tokas qui jouent dans la même barque que lui. Avec l'arrivée de Punn, le club des trois s'agrandit et prend un sacré virage vers la gauche la plus extrême. Je ne pourrais pas cautionner la purge sanglante contre les enseignants réfractaires que nous prépare Punn.

Leena Bader
Vous n'allez tout de même pas démissionner ?

Vikam Kawera
Non, absolument pas, et je tairais même mon désaccord. Dans le Gandhari d'aujourd'hui il faut savoir la fermer au bon moment pour ne pas chuter. Le corps enseignant sera donc purgé des éléments les plus réfractaires au communisme. Moi ces méthodes ne m'enchantent guère mais je vais serrer les dents et subir.

Leena Bader
Je vous avoue que ces projets me font ni chaud ni froid. Moi ce qui m'exaspère c'est le club des trois - bientôt des quatre - qui jouent au caïd et imposent leur loi. Ils ont les faveurs d'Ikna en plus, que voulez-vous faire avec ça...

Vikam Kawera
Entre les trois, Sanmoranah et maintenant Punn, je vais me résigner à ne pas exister politiquement. Ah ! Que je regrette tellement le temps où j'occupais votre commissariat...

Leena Bader
Ma visite au Costa Verde m'a fait du bien. Plus les trois sont loin de moi mieux je me porte. C'est fou comme je peux pas les voir alors qu'on est pourtant dans le même camp...

Vikam Kawera
Attendez que Punn se fasse connaître. Vous allez être servie. Dire que s'il n'avait pas été viré je ne l'aurais pas dans les pattes... Ce type est un fou furieux Leena Bader ! Oh il est probablement un amant exceptionnelle pour Ikna mais c'est le genre de type qui n'a aucune scrupule à faire sonner le canon derrière son allure de premier de la classe. Harangabad c'était gentil à côté de ce qu'il prépare...

Leena Bader
En soit le corps enseignant est le dernier corps de fonctionnaires qui n'a pas été purgé, il fallait bien que ça arrive non ?

Vikam Kawera
Non mais oui je te l'accorde ça. Mais Punn veut carrément envoyer les réfractaires en centre de rééducation après leur déchéance. Personnellement je pense qu'on pouvait largement se passer de ces méthodes d'un autre âge !

Leena Bader
Et les syndicats étudiants foireux qui veulent le retour de la drogue dure ?

Vikam Kawera
Oh, encore un sujet sensible là ! Je donne pas cher de la peau de Manukha Amrish. Henderson l'a déjà fait ficher et il est sous surveillance permanente. Sat Punn n'attend qu'une chose: qu'il foute le bordel quand la purge aura commencée. Là ils vont l'attraper et l'envoyer directement en prison. Pas de centre de rééducation, ils jugent que c'est un irrécupérable étant donné son nom de famille. Il ne finira donc jamais sa scolarité.

Leena Bader
Ouais bon en soit là encore la méthode est limite mais je vais pas pleurer pour ce petit merdeux. Alors que son père a opprimé le pays pendant 15 ans, on a encore la générosité d'accepter qu'il fasse des études payées avec NOS impôts. Donc s'il fout la merde son sort m'importe peu.

Vikam Kawera
Ouais mais bon ça va encore nous retomber dessus cette histoire, on va encore passer pour les rouges de service !

Leena Bader
Bon Vikam, vous êtes bien gentil mais vous devriez réprimer votre part de PCG en vous. A vouloir faire le dos rond, regardez comment Lota frère et Kéjar ont terminé ! Pour tout vous dire je m'en fiche de Punn moi, ce qui m'agace c'est le comportement de Kachela and co qui font les cow-boy en jouant sur leur influence politique et leur grande popularité. Plutôt que de vous lamenter sur les méthodes pas jojos mais nécessaires qu'on emploie parfois, vous devriez rappeler qui est le chef, et qui obéit. Bon allez salut, et que ma leçon soit profitable !

Leena Bader quitta la salle agacée. Vikam Kawera s'en voulut d'avoir entretenu, sans le vouloir, le quiproquo pendant toute la conversation...
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

Les débuts

Musique d'ambiance

Image

Les hommes aux capuchons noirs entraient dans la vieille forteresse de l'époque Bogruta pour se réunir. La salle de réunion était sombre et au centre trônait une statue d'au moins quatre mètres de haut représentant Asha Lota.
Quelques années après leur dernière apparition, les membres de la secte se réunissaient enfin pour reprendre le combat en faveur de la déesse. Le calme était revenu au Gandhari et il était temps de profiter de la baisse de vigilance consécutive des autorités pour reconstituer le mouvement et étendre ainsi les immenses ramifications de l'organisation.
Le grand maître était comme à son habitude vêtu de rouge, signe distinctif de sa supériorité vis-à-vis des autres adeptes.
Au pied de la chaise de chacun était posé au sol une épée qui signifiait l'appartenance à la secte ainsi qu'une statuette rouge représentant Asha Lota. Alors que les derniers arrivants s'installaient, le grand maître commença son récital en l'honneur de la déesse.


Grand-maître
Le sang versé est une offrande qui montre notre dévotion à notre mère à tous. C'est par le sang que nous parviendrons à notre fin. Le sang que nous versons rachète le sang de ceux qui nous ferons obstacle. Le sang achète le sang. Notre mère nous regarde.

Assemblée en chœur
Le sang achète le sang. Notre mère nous regarde.
Le sang achète le sang. Notre mère nous regarde.
Le sang achète le sang. Notre mère nous regarde.
Le sang achète le sang. Notre mère nous regarde.

Les fidèles s'approchèrent à tour de rôle de la grande statue et en firent le tour trois fois avant de se trancher la paume pour faire couler le sang dans un récipient devant la statue. Dans un ballet effrayant, les adeptes accomplissaient le rituel tout en respectant un silence lourd et non troublé par le moindre geste manqué.
Le grand-maître finit alors par s'approcher du récipient au pied de la statuette.


Grand-maître
Mère, donne-moi la force de guider notre meute pour toi.

Le grand-maître se mit alors à boire dans le récipient qui avait collecté le sang des adeptes. Une fois quelques gorgées absorbées, il le reposa aux pieds de la statue et s'essuya les lèvres du revers de ses manches rouges.
La silhouette rouge s'avança devant l'assemblée.


Grand-maître
Mes chers amis, nous voici enfin réunis après plus de deux années pour faire renaître notre culte et lui donner la place qu'il mérite. La déesse Asha Lota est notre mère et nous devons la défendre, nous devons défendre le Gandhari et éradiquer les forces contraires qui méditent à sa chute. Après tant de péripéties et de désordre, notre pays a enfin repris la marche de son histoire, celle qui lui permet d'être le ferment de la révolution mondiale que prônait la déesse Asha Lota. Cependant, nous avons encore besoin de neutraliser des gens qui font obstacle au projet de notre mère à tous. Nous ne sommes pas en quête du pouvoir, NOUS sommes le pouvoir et il nous revient à nous d'être la dague cachée, d'être le bras qui frappe sans pitié les ennemis et le regarde dans les yeux avant leur lumière ne s'éteigne.
Jasbir Kéjar est mort. Samrath Lota est mort. Tous les révisionnistes sont morts et en prison. L'Amiral Panesar a servi malgré lui à merveille notre cause et l'a même accéléré en éliminant d'un coup un tas de personnalités gênantes qui font entrave au désir de notre mère. Mais ensemble nous devons nous occuper encore de tous ceux qui contestent le projet de notre mère à tous. L’État, de par ses engagements aux yeux de tous ne peut assumer cette mission. Mais NOUS sommes les vrais gardiens de la Révolution et sa défense passe nécessairement par le prix du sang.

Assemblée en chœur
Le sang achète le sang. Notre mère nous regarde.

Grand-maître
Camarade Punn, approchez.

Une silhouette noire s'avança et abaissa son capuchon.

Grand-maître
Votre dévouement à la cause a toujours été intacte. Vous êtes le gardien du savoir qu'obtiennent nos enfants. Votre devoir est de les sauvegarder des forces indésirables qui pervertissent leur esprit. Votre devoir est d'éliminer tous les transmetteurs de savoir qui refusent de transmettre la bonne parole de notre mère à tous. Vous serez assistés dans votre mission par la dévotion de nos centaines de camarades qui sillonnent le pays pour éliminer ceux qui font obstacle à la volonté de notre mère à tous. De votre réussite dépend l'avenir de la Révolution et la sauvegarde de l'héritage de notre déesse. Vous avez su montrer tout au long de votre carrière que vous aviez de la détermination. Mettez-là au service de notre mère et elle vous le rendra.
Allez ! et que votre dévotion soit récompensée !

Sat Punn s'abaissa et reçu une bénédiction du grand-maître.
Il se releva et rejoignit les rangs des autres adeptes.
Les Adorateurs d'Asha Lota n'étaient pas animés par une soif de vengeance ou un objectif mystique. Il étaient là pour pallier au défaut majeur du Gandhari qui était un facteur de ralentissement de l'avancée vers une société communiste accomplie: ses principes démocratiques, l'absence de peine de mort et l'existence d'une justice trop clémente.
Ils étaient le bras armé de l'ombre et ce décorum savamment entretenu n'était finalement qu'un moyen d'instiller la peur et une arme pour conserver le pouvoir.
Tandis que Sat Punn regagnait sa place, il croisait l'éclat de nombreux yeux familiers qui étaient dans l'obscurité à cause du capuchon noir sur leur tête.

Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

Stratégie


Image
Yadleen Ghalo Kanjanarah ou YGK pour les intimes


Yadleen Ghalo Kanjanarah et Ikna Omara se voyaient souvent de façon informelle. Les deux femmes étaient amies depuis qu'elles avaient affronté ensemble de plein fouet la tempête Panesar en début d'année. Elles étaient également du même parti, ce qui impliquait beaucoup de chose. La Commissaire Fédérale à la Santé et aux Affaires Sociales n'avait pas repris son poste de Présidente de Sojatpurie, préférant s'impliquer massivement dans une tâche qui la tenait à cœur: légaliser le suicide assisté pour les personnes en fin de vie ou condamnées par la maladie. Mais ce n'était pas cela qui réunissait les deux femmes.

Ikna Omara
Installe-toi Yadleen, nous allons devoir causer stratégie politique, la querelle entre les communistes et les libertaires va vite nous poser un gros souci.

Yadleen s'installa en face d'Ikna Omara. Les deux femmes étaient sur un balcon du palais du Raaj Wahal et profitaient d'une vue agréable sur l'océan.

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Non, ce qui va poser problème ce sont élections municipales. Il faut à tout prix éviter que le torchon ne brûle entre les deux mouvements sinon notre majorité va en pâtir.

Ikna Omara
Mon problème c'est Gollokorunda. La ville cristallise les tensions entre les marxistes et les libertaires car ces derniers ne se cachent pas de la viser. Or Gollokorunda est un symbole et si on retire son symbole à un mouvement, il est un peu comme un canard sans tête...

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Je trouve que Vikam a été dur avec Sanmoranah, il a agit en chef de parti et non pas en chef de gouvernement. C'est tout à fait logique entre nous que les libertaires disent ne pas partager les mêmes valeurs que les marxistes. Bien évidemment ce qui était reproché c'était la publicité du propos mais dans l'esprit des gens maintenant c'est les marxistes reprochent aux libertaires d'être ce qu'ils sont.

Ikna Omara
Le Mouvement Socialiste des Travailleurs du Gandhari est sur la défensive et a été très maladroit. Ils réagissent plus par la crainte de concurrence qu'autre chose et le sondage confidentiel que je viens de recevoir sur Gollokorunda ne plaide malheureusement pas en faveur d'un apaisement de la situation.

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Ah oui et que dit ce sondage ?

Ikna Omara se leva et se dirigea vers une armoire. Elle l'ouvrit, tapa un code sur un coffre et se saisit d'une simple enveloppe. Elle revint s'asseoir.

Ikna Omara
Ce sondage n'est connu que de moi, et bientôt toi forcément, mais il ne sera en aucun cas diffusé. Le potentiel explosif est trop fort, je ne veux pas que ça sorte d'ici.

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Tant que ça ?

Ikna Omara
Oh tu n'es pas prête. Regarde. Dans une hypothèse générale, les libertaires font 15% à Gollokorunda, leur meilleur score du pays à l'échelle nationale. Toutefois les voix sont disputées entre les marxistes et les écosocialistes qui font à peu près 23% chacun. Les Travaillistes feraient 13,5% et le reste des partis se partageraient les 26 points restants.

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Bon à priori ce n'est pas si alarmant, c'est juste que les socialistes vont peu apprécier qu'on leur dispute leur fief...

Ikna Omara
Oh non, non, non, ce scénario n'arrivera pas. Les socialistes n'auront pas le temps de nous en vouloir car ce n'est pas scénario qui se produira. J'ai fait tester Sanmoranah.

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Et ?

Ikna Omara
Et il siphonne les voix du Mouvement Socialiste des Travailleurs du Gandhari, les notre aussi mais dans une moindre mesure, et fait monter sa liste à plus de 25%. Sa popularité serait un accélérateur et le conduirait donc à la victoire. Quand les libertaires feraient un quart des voix, les socialistes se contenteraient d'un maigre 17%. Une humiliation dans leur fief historique. Mais bon à priori ils performeraient dans le nord et seraient favoris pour la capitale. Mais une telle perte serait dure à encaisser et signerait le début d'une carrière brillante pour Sanmoranah qui ne manquera de voir plus loin au fil des années s'ils devient maire de Gollokorunda.

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Et que veux-tu qu'on y fasse, c'est la politique hein. Les suprématies politiques se font et se défont. Tu crois que les socialistes mettraient en péril le gouvernement si on leur arrachait leur fief ?

Ikna Omara
Non, mais il va se passer que ce pays va progressivement se polariser entre travaillistes, socialistes, écosocialistes et anarcho-communistes. Je propose justement de ne rien faire et de laisser les tigres se bouffer entre eux. Moi j'irais rencontrer Sanmoranah pour lui réaffirmer ma confiance car je ne veux pas que les socialistes poussent les libertaires vers la sortie du gouvernement. Notre position entre les libertaires et les socialistes est centrale, nous jouerons donc sur les deux tableaux.

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Donc ça y est, ce pays a éradiqué les forces réactionnaires et ne voit que des forces révolutionnaires s'affronter en politique ?

Ikna Omara
Il va me falloir de l'autorité pour tenir ce pays car les coups peuvent vite partir. La Légion Révolutionnaire me sera d'une grande aide pour étouffer les mouvements des diverses factions ici et là. Ma boussole reste la stabilité du Gandhari.

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Heureusement que nous avons ta popularité dans tout ça pour nous permettre de rester compétitifs...

Ikna Omara
Oh, les municipales ne seront pas décevantes pour nous, nous aurons des belles prises et juste ce qu'il faut pour continuer à rester sur le même rythme. Je ne suis pas inquiète. Mais ces querelles entre les socialistes et les libertaires doivent être les plus silencieuses possibles.
Tu veux du thé ?

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Avec plaisir !
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

Visite présidentielle à l'université


Image
Ikna Omara à l'Université Populaire de Bunaghar


Le désordre à l'université de la capitale avait fortement contrarié Ikna Omara. Non pas pour les raisons du désordre ou le désordre lui-même mais à cause de l'attitude du président de l'université qui avait sciemment laisser les tensions s'installer en entretenant un climat quasiment contre-révolutionnaire sur le campus. Les manifestations pour rétablir le droit de consommer de la drogue dure étaient déjà inacceptables mais les manifestations de soutien en faveur des enseignants opposés à la Fédération avait été la goutte d'eau. Désireuse que les choses rentrent dans l'ordre et surtout que l'université cesse enfin d'être une poche conservatrice, Ikna Omara avait décidé de faire une visite du campus pour constater les dégâts et appeler à l'unité.
Tandis que sa voiture de fonction arrivait à l'entrée du campus, elle insista pour poursuivre jusqu'au grand portique à pied avec à ses côtés son Commissaire Fédéral à l’Éducation Populaire et mari Sat Punn.
Le président de l'université, informé à la dernière minute de la venue d'Omara avait organisé à la va-vite une cérémonie d'accueil avec le personnel de l'université et des étudiants qui étaient de part et d'autre du chemin et parqués derrière des barrières de sécurité.
Ikna Omara et Sat Punn avançaient de front tout en adressant des signes de soutien aux étudiants révolutionnaires. Malgré la très forte envie qui tiraillait la présidente d'aller signer des autographes à des étudiants qui l'interpellaient, elle resta concentrée sur son objectif, le président de l'université.


Sulakhan Changala
Madame la Présidente de la Fédération, c'est un honneur de vous accueillir ! Venez à l'intérieur et allons constater les dégâts occasionnés par ces barba..

Sat Punn adressa un regard noir au président de l'université qui sa hâta de ne pas terminer sa phrase. Ikna Omara et Sat Punn adressèrent pour la dernière fois des marques de soutien aux étudiants en levant brièvement le poing puis entrèrent dans l'enceinte du bâtiment historique.

Sulakhan Changala
Donc voilà, comme vous pouvez le constater on trouve encore ici les traces de l'autodafé qui a visé de nombreuses œuvres inestimables dont celles du docteur Swaraj Wahala qui était un économiste gandharien éminent du XXème siècle...

Sat Punn
Ah, et rappelez-moi qui était ce grand Swaraj Wahala, il a écrit en quelle année ?

Le Commissaire Fédéral fit mine de tendre l'oreille pour inciter le président de l'université à développer son propos.

Sulakhan Changala
Hum et bien, il est vrai qu'il n'était pas très branché sur l'école interventionniste et d'ailleurs il n'a jamais connu la République. C'est vrai qu'il n'est pas contemporain mais son oeuvre reste inestima...

Sat Punn soupira et le coupa sans ménagement.

Sat Punn
Swaraj Wahala a été ministre de l'économie sous Venkata IV entre 1924 et 1937 et il est mort en 1954 donc vous m'excuserez de vous dire que voir partir son œuvre en fumée alors qu'il était un fervent promoteur du féodalisme et de l'absence de toute régulation du marché ne me fait ni chaud ni froid. Swaraj Wahala a entre autre renforcé la mainmise des seigneurs locaux sur la terre en pressurisant toujours plus les paysans qui ne voyaient jamais le fruit de leur labeur. Il a même été l'inspirateur de la politique économique de Sankar Amrish. Alors que les manuscrits originaux de ce sale type ne soient plus de monde ça me fait une belle jambe !
Bien, poursuivons !

Le président de l'université avala fébrilement sa salive et mena le couple au bas du bâtiment de l'administration qui avait brûlé partiellement. Ikna Omara observait silencieusement autour d'elle et regardait non sans délectation Sulakhan Changala s'enterrer à mesure qu'il parlait.

Sat Punn
Les réparations sont prévues pour quand ?

Sulakhan Changala
Eh bien disons que nous étions encore dans la phase de nettoyage et nous n'avons pas encore pensé à faire appel à une société du bâtiment pour effacer les dommages. Mais je vous assure, monsieur, que ce sera traité à la fin du premier trimestre 2044.

Sat Punn
Oh ça vous pouvez en être sûr !

Ikna Omara
Bien, nous en avons assez vu. Allons dans votre bureau, nous avons à discuter.

Le président de l'université s'exécuta et ne parvint pas à cacher sa fébrilité. Tandis que son front suait à grosses goutte en raison du stress, sa chemise était déjà trempée et deux auréoles grossissaient à ses dessous de bras. Le trajet se fit dans un silence quasi-religieux. Une fois arrivé dans le bureau, ils s'installèrent.

Ikna Omara
Bien, monsieur Sulakhan Changala vous allez devoir m'expliquer pourquoi vous avez laisser prospérer des groupuscules contre-révolutionnaires et notoirement pro-Panesar et pro-Amrish sur ce campus.
Vous conviendrez que je ne pouvais plus tolérer cette situation et que par conséquent ce qui vient de vous arriver est amplement mérité. En jouant la partition contre-révolutionnaire dans un pays révolutionnaire vous vous êtres sacrément brûlé. Je vous écoute. Que faisait ce Syndicat des Étudiants qui avait pignon sur rue ici et qui s'est avéré en partie responsable des ravages causés par la drogue dure ?

Sulakhan Changala
Madame, je dois vous avouer que lors de la présence de Darshanbir Panesar au pouvoir j'ai dû faire face au développement de nombreux groupuscules étudiants qui croyaient que la révolution était finie. Comment vouliez-vous que je contrôle tout même après votre retour ? Nous payons encore les pots cassés de la dictature de Panesar, je dois vous le dire.

Ikna Omara
Monsieur Changala voyons ! Épargnez-moi ce discours larmoyant car vous vous faisiez un point d'honneur à assister aux cérémonies grandiloquentes de Panesar. Je n'étais pas au Gandhari mais croyez-moi depuis l'Owawa rien ne m'échappait ! Nous savons vous et moi que vous étiez aussi un fervent adepte de Sankar Amrish avant même qu'il ne s'arrange pour vous nommer ici en 2036. Je ne ferais aucune conjecture mais avouez qu'avoir un petit frémissement contre-révolutionnaire en bas de vos fenêtres vous rendait tout émoustillé. Ne me faites pas croire que vous vous êtes acclimaté au socialisme, ce serait me mentir. Et pour preuve je n'ai rien de moins que la bourse présidentielle que vous avez accordé à Manukha Amrish pour ses recherches en tant que doctorant. Oh bien évidemment je ne vous reproche pas d'utiliser de ce droit en tant que président que vous avez de favoriser arbitrairement des étudiants. C'est juste le degré d’arbitraire qui me choque car vous avez refusé ces mêmes bourses à des étudiants un peu trop engagés politiquement au cours de votre présidence ici non ? Ne vous aidiez vous pas par... je ne sais pas moi, un fichier qui fichait les étudiants selon leurs engagements au sein du campus ?

Ikna Omara sortit un document de son sac et le donna à Sulakhan Changala. Il le regarda et ne put cacher son étonnement et sa panique.

Sulakhan Changala
Mais... Comment avez-vous pu avoir cela ? C'est impossible !

Ikna Omara
Rien ne m'échappe je vous dis. Pour gouverner ce pays notoirement ingouvernable qu'est le Gandhari il faut prendre ses dispositions vous savez. Mais ce n'est pas le sujet. Avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ?

Sulakhan Changala
Euh... ahem... eh ben... disons que...

Ikna Omara
Bon c'est assez !
C'est bien ce que je pensais, vous êtes indéfendable et vous êtes un contre-révolutionnaire de pacotille. Vous avez tout fait dans le dos de tout le monde, avec fourberie et lâcheté. Mais je ne peux pas vous blâmer car quand on vient d'un milieu où on obtient les choses toutes cuites dans le bec, il est normal de patauger dans la fosse à purin quand on perd ses privilèges.
Asha Lota, Jasbir Kéjar et Samrath Lota ont été beaucoup trop tolérants avec vous et à mon sens ils ont fauté en laissant le système éducatif à la dérive et sous le joug de conservateurs amrishiens comme vous.
Avec moi ce n'est pas la même musique et vous m'excuserez de faire de l'Université Populaire de Bunaghar une université "populaire" dans les faits et pas seulement que de nom. C'est pourquoi vous serez limogé sans délai. L'Etat vous remercie malgré tout pour votre service et vous accordera la retraite qu'il vous doit pour l'intégralité de votre carrière au service du pays. Encore que cette dernière partie est discutable mais nous vous faisons la fleur de ne pas faire de chichis. En échange vous avez 48h pour organiser votre départ et disparaître sinon vous goutterez aux joies du camp de travail si vous faites du grabuge. Me suis-je bien faite comprendre monsieur ?

Sulakhan Changala
Ou... Oui Madame.

Ikna Omara
Bien.
Viens Sat, allons enfin signer ces autographes que les étudiants nous réclament !

Sat Punn
Avec plaisir ma chérie !

La Présidente et son mari laissèrent Sulakhan Changala en plan et regagnèrent la cour pour profiter d'un bain de foule.
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

Faire la peau de l'anarcho


Image
Le palais du Raaj Wahal


Ikna Omara arpentait les jardins du palais présidentiel comme à son habitude après une semaine intense de travail. Profitant de ces moments pour se retrouver avec elle-même, la présidente se plaisait à entretenir ses tulipes, surveiller ses lotus et cueillir ses magnolias quand ils étaient arrivés à maturité pour agrémenter la décoration du palais. Aujourd'hui elle bouturait ses bégonias et tandis qu'elle était absorbée par la tâche, son garde du corps l'interrogea sur son étrange passion.

Garde présidentiel
La fleur ça vous connaît hein ? Vous êtes particulièrement inspirée aujourd'hui.

Ikna Omara
Je reste une femme avec mes passions, mes besoins et mes loisirs. Être présidente c'est un travail permanent mais c'est impossible pour moi de le faire correctement si je n'ai pas un moment pour souffler.

Garde présidentiel
Je dois vous dire que je n'ai jamais vu le palais aussi fleuri depuis que vous êtes là, la transformation est radicale.

La présidente rempotait à présent un petit figuier qui était destiné à être offert en cadeau à Audrey Grant lors de sa venue au Gandhari.

Ikna Omara
Ah ? Même sous Darshanbir Panesar ? C'était comment d'ailleurs l'ambiance quand il était là ?

Garde présidentiel
Oh, ahem... eh bien c'était lugubre. Vous voyez la trace noire là-bas ? Eh bien c'est l'endroit où les décorations du bureau qu'ont occupé Samrath Lota et Jasbir Kéjar sont partis en fumée. Les jardiniers essaient tant bien que mal de résorber cette tâche mais le gazon a du mal à pousser...

Ikna Omara
Oh, et ont-ils essayé d'évacuer la terre souillée pour la remplacée par une autre qui est saine ?

Garde présidentiel
Le chef jardinier refuse, il juge que les frais engagés seraient inacceptables et iraient mieux à la charité...

Ikna Omara
Je pense qu'il a raison, cette tâche n'est pas indélébile et ce n'est pas une disgrâce visuelle non plus, les haies dissimulent bien l'endroit.

Tandis que la présidente se penchait à présent sur quelques lotus juvéniles, son téléphone sonna. Elle se redressa, enleva ses gants de jardinage et saisit son téléphone hors de la poche de sa tenue de jardinage.

Ikna Omara
Oui ? Qu'y a-t-il ?

Il s'agissait de Yadleen Ghalo Kanjanarah, la Commissaire Fédérale à la Santé et aux Affaires Sociales.

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Oui allô Ikna, j'ai une information capitale. Il semblerait qu'une partie des députés communistes ne supportent plus Angad Sanmoranah et entreprennent de le contraindre à la démission par un vote de défiance au Parlement. Sa candidature à Gollokorunda les a fortement contrarié et ils veulent son départ.

Ikna Omara lâcha le sécateur qu'elle avait encore dans sa main gauche et soupira avant de s'asseoir sur un siège, agacée.

Ikna Omara
Oh lala mais ils me font suer ces fragiles... Rassure-moi, c'est pas majoritaire au moins ?

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Eh bien près de la moitié des députés communistes sont prêts à signer la motion de défiance. L'autre moitié est sceptique et les écosocialistes doivent s'attendre à être harcelés pour lâcher Sanmoranah. Le principal argumentaire est que sans les anarcho-communistes, la majorité reste encore majoritaire et en restant au gouvernement ils bénéficient d'une tribune politique.

Ikna Omara
Bien.
Yadleen, je vais être claire. Personne dans ce pays, PERSONNE, ne décide à ma place de qui est dans mon gouvernement et qui en sort. Je vais recevoir une délégation de députés communistes s'ils le veulent mais ils ressortiront déçus. Il est hors de question que j'entre dans leur combines de politicaillerie, je suis au-dessus de ça. Quant à nos députés écosocialistes je veux qu'ils mettent un râteau aux communistes. Je commence à en avoir assez de leurs plaintes continues et de leurs pleurs incessants quand ils constatent qu'ils ne sont pas hégémonique partout, la dernière fois ça a débouché sur un Général dans le palais où je me trouve hein. Et Kawera il en pense quoi ?

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Le Premier Commissaire Fédéral s'oppose à la motion de défiance et défend le travail de Sanmoranah dans le gouvernement. Le conflit risque d'être violent en interne au Mouvement Socialiste des Travailleurs du Gandhari. Ils veulent la tête de l'anarcho et si Kawera est trop réticent ils pourraient décider de prendre sa tête aussi.
Cependant Henderson et Kachela sont en désaccord avec les députés communistes et n'ont aucune intention de plaider pour le départ de Sanmoranah.

Ikna Omara
Très bien, ils ne me déçoivent jamais !
Sanmoranah ne partira pas, les écosocialistes voteront contre de toute façon tu le sais aussi bien que moi. Mais moi je commence à en avoir assez de ces pleureuses et l'humiliation qui les attend va les rafraîchir.
Merci pour l'information Yadleen et surtout no panic, la situation est sous contrôle, tout va bien.

Yadleen Ghalo Kanjanarah
Bonne journée Ikna !

La présidente rangea son téléphone dans sa poche et se saisit d'une pelle pour creuser le trou d'un citronnier. Tandis qu'elle creusait et donnait des coups pour que la pelle pénètre dans le sol, elle s'imaginait frapper sur les députés communistes.

Ikna Omara
Mais qu'ils aillent donc se faire foutre ces sales révisionnistes de merde. Quand on leur coupe la tête on en a cinquante qui repoussent !!!

Garde présidentiel
Madame ? Tout va bien ?

Ikna Omara
Ou...oui, je suis juste tombée sur une racine !
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

Convocation


Image
Façade de la Chambre Populaire Exécutive des Conseils

Ikna Omara avait été convoquée par les députés communistes qui voulaient traiter la question Sanmoranah sans ménagement. L'influence grandissante du libertaire représentait une menace pour ces derniers et la présidente avait répondu à leur convocation par pure courtoisie.
La présidente était dans une colère noire car elle avait la très désagréable impression de revivre l'épisode qui avait mené à son exil en Olgarie. Si elle se sentait plus proche politiquement des communistes du Mouvement Socialiste des Travailleurs du Gandhari que des libertaires, son coeur était avec Angad Sanmoranah qui était victime d'une cabale qu'il ne méritait pas. Les députés communistes allaient essayer de bousculer la Présidente, mais elle ne se laisserait pas faire.
Ikna Omara arriva au Parlement et fut amenée dans une salle où patientaient une cinquantaine de députés du MSTG qui attendaient la Présidente. Vikam Kawera était absent au grand étonnement de la chef de l’État. Y avait-il eu une dispute ?


Madanpal Narath
Madame la Présidente bonjour, installez-vous nous avons à parler.

Ikna Omara s'installa en ayant la désagréable impression d'être tombée dans un interrogatoire. Elle se tint droite face à ses interlocuteurs qui la fixaient de façon assez hostile.

Madanpal Narath
Merci d'être venu Madame. Comme vous le savez, nous voulions traiter avec vous de la question du Front Anarcho-Communiste qui fait cavalier seul au sein de la majorité. Il est devenu évident que depuis leur vote scandaleux sur la loi sur le serment ils cultivent leur propre particularité et ne font plus front au sein de notre union majoritaire. Nous estimons que cette attitude devrait conduire à la sortie des libertaires du gouvernement car nous avons d'une majorité solidaire qui ne tremble jamais quand il s'agit de voter, même quand il s'agit de faire des choix difficiles. Votre étrange indulgence envers l'attitude des libertaires nous interrogent Madame. Ma première question est simple: couvrez-vous les libertaires d'une façon ou d'une autre ? Utilisez-vous leur influence grandissante pour contrer la notre ?

Ikna Omara bouillait intérieurement mais gardait son calme. La mise en scène tel un procès avec l'accusé et le jury l'indignait profondément.

Ikna Omara
Monsieur le député Narath. Votre discours me rend confuse.
En tant que Présidente de la Fédération mon rôle est de se placer au-dessus de la mêlée politique. Par conséquent, je ne peux ni appuyer les libertaires ni vous appuyer de façon ostentatoire, et ce encore plus quand un démêlé vous oppose à une autre force politique. Ma réponse est donc simple, je ne couvre pas les libertaire tout simplement car je reste dans mon rôle de neutralité. Si je n'étais pas neutre j'aurais accepté de vous écouter et de démettre Angad Sanmoranah de ses fonctions dès lors qu'il était établi que sa candidature à Gollokorunda représentait une menace à votre victoire dans ce fief marxiste historique.

Un vent de murmures balaya la salle tandis que des regards venimeux s'abattaient sur la Présidente. Ses propos avaient piqué au vif les députés du MSTG et Madanpal Narath leva la main pour réclamer le silence.

Madanpal Narath
Bien. Vous confessez donc que vous saviez que monsieur Sanmoranah représentait une menace à l'unité de la majorité et...

Ikna Omara
Quoi ? Non ! Je n'ai jamais dit ça...

Madanpal Narath
Silence ! C'est à mon tour de parler Madame.
Je disais donc que vous aviez pleinement conscience que Sanmoranah menaçait l'unité de la majorité en visant la ville du vénérable Amanbir Mahra, père du socialisme gandharien. En laissant les libertaires nous attaquer sur nos propres terres, vous consentez de fait à nos perte d'influence. Votre rôle aurait dû être de stopper cela en vertu de la défense des forces originelles de la Révolution Gandharienne. Au lieu de cela vous jouez sur les divisions pour mieux régner. Et cela nous ne saurons le supporter.

Ikna Omara
Et simple curiosité, qui était membre du Parti Communiste Gandharien dans cette salle ?

Madanpal Narath
Madame, ce n'est pas vous qui posez les questions.

Ikna Omara
Non certes mais vous avez été membre du PCG dans le passé et nombre de têtes ici, n'est-ce pas monsieur Narath ? Bien. Je vais être dans l'obligation de vous dire le fond de ma pensée. Je ne le souhaitais pas mais votre attaque frontale m'oblige à me défendre.
Il me semble que la façon dont vous vous en prenez à Angad Sanmoranah me rappelle fâcheusement la façon dont de nombreux députés ici présents ont œuvré pour m'écarter du pouvoir alors même que je représentais aussi une menace pour les communistes.
Je pensais que mon retour avait définitivement remis les communistes dans un état d'esprit positif mais je constate aujourd'hui avec consternation que la frange que vous représentez ici désire que le Gandhari devienne la propriété d'un parti, la propriété d'un clan. Et je crois que je vais être on ne peut plus clair en vous disant que vous me trouverez sur votre chemin dans vos manœuvres pitoyables pour instaurer une démocratie populaire à parti unique. Fort heureusement vous ne représentez que le tiers des députés communistes et en vertu de la loi nouvelle qui fixe un député à son groupe, vous ne pourrez pas agir pour des intérêts autres que ceux que vous avez défendu devant vos électeurs.
Je suis la garante de la Révolution et en tant que garante, je vous fais la promesse que le pays ne se transformera pas en régime autoritaire et pyramidale aux mains du parti. La dégénérescence bureaucratique ne se produira pas au Gandhari et si tel est votre choix de cesser de me soutenir, alors vos voix seront aisément remplacées par les libertaires qui ont certes leurs convictions mais qui n'agiront jamais de la façon dont vous le faites !

Député
Mais quel scandale !

Député
Comment ose-telle ?!

Député
Elle est vendue aux libertaires !

Madanpal Narath
SILENCE !

Le calme revint dans la salle mais la tension était d'un niveau extrême.

Madanpal Narath
Vous jouez un jeu dangereux Madame. Cessez vos invectives et reconnaissez que vous utilisez les libertaires contre nous pour nous museler.

Ikna Omara
Si on considère que vos intentions sont de vous maintenir à tout prix pour promouvoir votre communisme bureaucratique totalitaire, alors oui, je n'ai aucun remords à ce que vous pensiez que je préfère traiter avec les libertaires, et les communistes fréquentables, plutôt qu'avec vous.

Nouveau tollé dans la salle. Le député Narath eût du mal à ramener le calme mais y parvint après quelques minutes.

Madanpal Narath
Vous reconnaissez donc que vous agissez contre nous. C'est là quelque chose de grave. Vous vous posez en chef de clan et non pas en chef de l’État.

Ikna Omara
Mais c'est précisément ce que je fais monsieur Narath. Je me pose en Chef d’État mais vous prenez la version qui vous arrange. Ne pas vous aider en intervenant dans un conflit qui vous oppose à une force politique c'est précisément conserver sa neutralité et se placer au-dessus du jeu politique. Vous n'êtes pas l’État monsieur Narath et si demain vous perdez les élections municipales à Gollokorunda et même ailleurs c'est que le peuple l'aura décidé. Et permettez-moi de vous assurer que le Gandhari continuera de tourner et sa Révolution aussi si votre parti perd. Vous n'avez pas le monopole de marxisme-léninisme-urdhzarisme. Votre vision limité de cet idéal nous conduirait droit à un Etat ouvrier complètement vidé de sa substance. Le pouvoir réel au Gandhari repose sur les conseils ouvriers, les conseils de citoyens, les conseils de travailleurs et jamais vous n'arriverez à ce que ce pouvoir soit transféré dans un parti unique.

Madanpal Narath
Cessez donc vos accusations à l'emporte-pièce ! Nous avons ce que nous voulions et il faudra vous priver de 52 voix pour votre majorité.

Ikna Omara
Votre comportement va vous faire perdre le soutien des électeurs et vous risquez la révocation, je vous mets en garde façon amicale.

Madanpal Naraht se mit à rire.

Madanpal Narath
Le référendum révocatoire n'a jamais été utilisé, alors 52 fois vous pensez bien que ça nous fait rire...

Ikna Omara
C'était un simple avertissement en toute bonne foi. Maintenant si nous n'avons plus rien à nous dire permettez que je retourne à mes fonctions.

Madanpal Narath hocha la tête et laissa la Présidente s'en aller. Ikna Omara quitta la pièce à la hâte puis le Parlement sans s'attarder. En-dehors du bâtiment elle vérifia que personne n'était à portée d'oreille et décrocha son téléphone.

Ikna Omara
Oui Yadleen. Mets nos spécialistes des lois constitutionnelles au travail. On doit s'occuper de 52 députés, et correctement !
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

Le Culte de la Persévérance et de la Ferveur Révolutionnaire


Image
Le palais du Raaj Wahal


Ikna Omara utilisait souvent les jardins du palais du Raaj Wahal pour s'entretenir en privé avec des invités de marque. Donnant l'ordre de ne pas être dérangée, les discussions qui déroulaient dans le jardin demeuraient des secrets bien gardés au point que les plantes voyaient défiler d'innombrables secrets d’État. L'invité n'était autre qu'Angad Sanmoranah qui venait de faire sensation avec une publication ouvertement athéiste. La polémique montait dans les cercles religieux et suscitait même une défiance dans les zones rurales très dévotes, particulièrement dans l'Andar Palan musulman et le Channapuristan très conservateur.

Ikna Omara
La situation va se tendre dans les prochaines semaines, soyez-en assuré. Votre dénonciation ouverte de la religion réveille les derniers instincts conservateurs de la société gandharienne, même parmi ceux qui se pensaient acquis à notre cause. Vous êtes un atout immense pour notre gouvernement révolutionnaire et en conséquence vous avez tout mon soutien dans votre combat intellectuel et philosophique.

Angad Sanmoranah
C'est un honneur Madame.
Je sais pertinemment que ce n'est pas en étant au gouvernement que je rends le mieux service à mon idéal libertaire mais c'est en étant à cette place que j'ai les moyens de faire quelque chose de constructif pour notre révolution qui fêtera cette années ses cinq ans.

Ikna Omara
Cinq ans dont quatre de gribouilles si vous me permettez. Votre projet de Culte de la Persévérance et de la Ferveur Révolutionnaire attire mon attention et me semble plus que convaincant. Je n'ai jamais été une hindoue fervente et je considère que cette religion qui portait en elle les castes est profondément rétrograde, particulièrement envers la femme. Castes de gens impurs, mariages forcés, dot... ces institutions étaient des abominations et nous devons reconnaître au grand désordre de 2039-2043 d'y avoir mis un point final.

Angad Sanmoranah
L'ordre révolutionnaire est quelque chose qui me paraît antinomique et une fausse route. La période de 2039-2043 était à mon sens dominée par une désorganisation totale et une révolution déstructurée par un parti communiste qui s'est vite éloigné de l'intérêt général au profit des intérêts particuliers. Si on s'engage dans un processus d'éradication religieuse, cela nécessitera au contraire une organisation méticuleuse et une planification rigoureuse. Je n'appelle pas cela "ordre révolutionnaire" mais plutôt "efficacité".

Ikna Omara adressa un sourire à son Commissaire Fédéral.

Ikna Omara
Savez-vous qu'on m'a traité de folle quand j'ai proposé de vous faire entrer au gouvernement ? On vous prêtait une personnalité de punk à chien que vous êtes bien loin d'avoir. Vos efforts pour renforcer les communautés locales et même l'exercice de la citoyenneté dans la vie de tous les jours rend un immense service au Gandhari qui se transforme enfin de façon efficace et solide. Je pense que vous avez votre place au sein du Conseil Restreint aux-côtés de Vikam Kawera, Sat Punn, Mohinderpratap Kachela et Samuel Henderson.

Angad Sanmoranah
Le... Le Conseil Restreint ?

Ikna Omara
Depuis la trahison des révisionnistes qui ont permis l'avènement de Darshanbir Panesar, je confesse être un peu paranoïaque et c'est pourquoi je m'entoure de Commissaire Fédéraux en qui j'ai une foi inébranlable pour m'aider à trancher sur les affaires urgentes. Il ne s'agit nullement d'une institution élitiste mais d'un cabinet qui me permet de m'appuyer sur mes Commissaires les plus fidèles.

Angad Sanmoranah
Eh bien... c'est un honneur.

Ikna Omara
Vous vous faites de plus en plus d'ennemis monsieur Sanmoranah. Votre ascension fulgurante et votre état de grâce au sein de la population suscite de la jalousie. J'ignore si vous tenterez un jour d'occuper la place que j'occupe mais je sens en vous une démarche sincère.

Angad Sanmoranah
Devenir Chef d’État ne m'intéresse pas, c'est même contraire à mes propres croyances qui croient en une société profondément décentralisée et non dépendante d'un pouvoir central. Toutefois, j'ai en moi une volonté inébranlable de continuer à conditionner le Gandhari en société révolutionnaire débarrassée de ses agents réactionnaires. A mon sens il faudra en passer par un processus d'éradication de la religion qui risque de nous mettre à l'épreuve.

Ikna Omara
Nous mènerons cette tâche lorsque les circonstances le permettront. Vos écrits doivent infuser au sein de la société et lorsque le contexte sera opportun, nous prendrons possessions des mosquées, des temples et des églises pour en faire des Temples du Culte de la Persévérance et de la Ferveur Révolutionnaire. Ce manifeste nous permettra de reprendre définitivement les universités en main et utiliser la jeunesse comme force avant-gardiste pour détruire les cultes ancestraux qui deviennent un obstacle.

Angad Sanmoranah
Tout cela ne se fera pas dans la paix, j'espère que vous en avez conscience.

Ikna Omara
Pourquoi croyez-vous que j'ai œuvré pour rétablir la Légion Révolutionnaire ? Ce qu'il s'est passé à Harangabad n'était qu'un essai.

Angad Sanmoranah
Dans ce cas, le Gandhari sautera enfin une étape qu'il a toujours répugné à franchir et c'est heureux !
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

L'empereur du crime


Image


Sur son navire de plaisance juste au large de la côte sojatpurienne, Sidhak Kundu faisait le compte de ses dernières opérations. Le tribut payé par un conseil de quartier de Sojatpur venait mettre du beurre dans les épinards après quelques déconvenues et des investissements déçus.

Sidhak Kundu
Ah bordel mon cher Anil, qu'est-ce qu'elle m'aura coûté cher la fille Panesar ! C'est ça de miser sur le mauvais cheval, on croit au départ qu'on peut remporter gros mais quand on s'aperçoit qu'on a fait une connerie c'est déjà trop tard.
Au fond de moi je savais qu'elle allait finir fumée comme un moustique. Mais mon côté émotif tu sais, j'ai vraiment cru à un moment qu'elle était assez conne pour pas se faire tuer au bout de deux mois la bougresse !

Anil Upasani
Eh bien on a perdu des champs de cannabis à Kitaya, on va bientôt perdre ceux qui sont au Gandhari et les mines de charbon de Kitaya nous échappent. On a vraiment merdé là, faut qu'on trouve de quoi redresser la barre sinon on va manquer de fonds pour payer le salaire des gars.

Sidhak Kundu
Il est hors de question que je prenne le risque de faire banqueroute et me mettre à dos les gars. Ils seront payés, quoiqu'il arrive !

Anil Upasani
Nous n'avons pas trente-six options à Sojatpur, mais on risque en échange de se prendre un retour de bâton du gouvernement si on ose faire ça...

Sidhak Kundu
Non mais ton plan de braquage de la Bourse Agricole de Sojatpur tu oublies, on a besoin de plus gros donc c'est plus bas qu'il faut voir. Tant pis si Omara finit par baisser son seuil de tolérance avec nous mais il en va de la survie de nos affaires...

Anil Upasani
Quand vous dites voir plus bas, ça veut dire quoi chef ?

Sidhak Kundu
MAIS BORDEL !!! Tu sais lire une carte espèce de croûte de naan ?! Plus bas ! Plus bas !

Anil Upasani
Quoi plus bas ?

Sidhak Kundu asséna un coup de carte à son second.

Sidhak Kundu
Mais le Sud bordel de coupe d'eau sacrée croupie !

Anil Upasani
Le... le sud ?

Sidhak Kundu
Mais oui Taj Amar. Ce qui nous manque on va simplement aller le chercher et se servir.

Les yeux d'Upasani s'arrondirent, il était effrayé.

Anil Upasani
Ne me dites pas que...

Sidhak Kundu
Si ! je te dis !
On va aller cambrioler la Banque Centrale de Taj Amar et récolter le magot directement à la source ! Si j'en suis là c'est parce que j'ai pris d'énormes risques donc fais-moi confiance au lieu de devenir rouge comme une pivoine ! On a encore les moyens nécessaires pour assaillir cette banque et repartir avec le fric nécessaire pour faire repartir nos affaires !

Anil Upasani
Non mais je vous fais confiance...

Sidhak Kundu
Ya intérêt parce que si on échoue à cause de votre manque de foi et de courage c'est fini de la Pègre et je vous butte tous les uns après les autres d'une balle dans la bouche.

Il marqua une pause.

Quand j'y repense j'aurais dû la buter le premier jour cette minette de téléréalité !
Allez, réunis le conseil des barons de la Pègre qu'on organise ce casse, on va faire les gros titres de la presse internationale !
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

L'empereur du crime (2)


Image


Même si sa tête venait d'être mise à prix pour une fortune, Sidhak Kundu ne se privait pas de fêter la réussite de son énorme coup qui était de toute évidence un coup de maître. Tout ce qu'il avait construit reposait sur la réussite de ce braquage et un échec aurait sans doute précipité la Pègre vers sa fin. Ce scénario ne se produirait pas, à condition d'échanger ces lingots d'or contre de l'argent liquide. L'empereur du crime avait des idées précises en tête pour franchir cet obstacle et ce n'était tout de façon pas le moment de se torturer l'esprit car le plus dur venait d'être accompli.
A bord de son engin à trois roues surnommées la "Kundumobile" par ses lieutenants, le Parrain du crime gandharien entra dans la cour de son palais tel un général roman de retour après une campagne militaire victorieuse.
Les bras levés pour saluer ce qui s'apparentait à une véritable cour, il était également acclamé. Profitant de ces quelques minutes fort réjouissantes, Kundu convia sa garde rapprochée à partager un repas abondant.
Tandis qu'il descendait de son engin à trois roues, Anil Upasani, son conseiller, s'approcha de lui.


Anil Upasani
Monsieur, nous devons discuter de la mise à prix de votre tête. Il faut qu'on élabore une stratégie pour faire contre-feux et foutre un peu plus le bordel en Janubie. Bref, détourner l'attention de nous quoi !

Sidhak Kundu
Ouais j'arrive, prépare-moi une bouteille de Whiskey ennissois, avant je dois ranger Dalipinder au garage.

Anil Upasani adressa un regard surpris à Sidhak Kundu.

Anil Upasani
Ranger... ranger Dalipinder ?

Sidhak Kundu
Oui, Dalipinder, le nom ne te plaît pas ?

Le chef criminel désigna son somptueux véhicule rouge à trois roues.

Sidhak Kundu
Dalipinder a voulu me baiser, maintenant c'est Sidhak Kundu qui chevauche Dalipinder.

Anil Upasani
Euh... je crois que je ne comprends pas bien...

Sidhak Kundu se frappa le visage de sa main, l'air désespéré.

Sidhak Kundu
Bon, Dalipinder, tu te souviens de celui qui voulait ma peau là ? Ben non seulement il a pas réussi et il mort. Maintenant c'est moi qui m'assoit dessus. Voilà tu fais la connexion maintenant ?

Anil Upasani conservait son air confus et semblait ne rien comprendre.

Sidhak Kundu
Bon laisse tomber, c'est vraiment grave d'être coincé du cul comme tu l'est. BREF, va me préparer mon Whiskey et parlons stratégie, ça te réussit mieux que les blagues de cul.

________________

Quelques minutes plus tard, Kundu était réuni avec ses conseillers et les barons les plus influents de la Pègre.

Anil Upasani
Le gouvernement fédéral a donc promis une fortune de 500 millions de Roupie pour celui qui permettra l'arrestation de Sidhak grâce à des renseignements quelconques. Notre implication dans le braquage de Taj Amar ne fait plus mystère et nous allons devenir la cible numéro une.

Sidhak Kundu
On l'avait prévu ça, rien d'extraordinaire jusque-là.

Anil Upasani
On est tout de même dans une situation précaire. Nous ne tenons que parce que nous avons une section paramilitaire qui assure notre sécurité.

Sidhak Kundu
Toujours est-il que même si on a Omara au cul, on est moins dans la merde que si ce casse avait échoué. Et puisqu'elle joue à la plus maline avec moi je vais lui montrer qui est le plus fort.

Sidhak Kundu se dirigea vers un coffre fort et composa un code dont il était sans doute le seul à connaître. Il en sortit quelques documents déjà jaunis par le temps. Il s'humecta l'index droit et tria rapidement les documents.

Sidhak Kundu
Non pas toi, pas toi, non plus, ici ! ah non... pas toi, pas toi, pas toi, TOI !

Un silence s'installa et tout le monde regarda attentivement Kundu. D'abord absorbé dans sa lecture rapide pour avoir la confirmation qu'il avait bien le bon document en main, il finit par lever les yeux vers son assistance.

Sidhak Kundu
Mais parlez BORDEL ! Je déteste quand vous me regardez comme ça, et vous savez de toute façon que je n'ai aucune envie de partager mon lit avec vous, c'est un privilège réservé à ma belle Namarta !

Gêné, Anil Upasani tenta de meubler.

Anil Upasani
Quel est donc ce joli document du coup ?

Sidhak Kundu afficha un sourire, celui qu'il arborait quand il se préparait à faire un mauvais coup.

Sidhak Kundu
Je vais tout simplement rappeler à cette pute d'Omara qu'au Gandhari il y a des règles et que tout gouvernement se doit de respecter la Pègre. Je vais rendre public le document de l'Accord secret de 1994.

Tout le monde se regarda et échangea des regards inquiets.

Anil Upasani
Vous allez activer le Protocole "Écran de fumée" ?

Sidhak Kundu
Mais tout à fait ! On va révéler que le petit Président modèle Ashar Lohan qui a cultivé son image de petit père la vertu pendant des décennies a accordé à la Pègre le droit de s'étendre à volonté en Sojatpurie tant qu'elle ne tentait de s'exporter à l'autre bout du pays. Oh le scandale que ça va faire chez les gauchos, j'en frétille d'avance. Mais ce n'est pas tout !

Anil Upasani
C'est-à-dire ?

Sidhak Kundu
C'est-à-dire qu'on va aussi foutre le bordel à Samsata et révéler que le Gouverneur Mike Brandon tirait profit de la société écran des mines de charbon de Kitaya.
Croyez-moi les gars, avec la tonne de merde que je compte déverser en place public, on parlera plus des politiciens qui ont justement mis les mains dans cette merde que de moi.
Et j'aurais la paix un moment pour convertir ces putains de lingots en fric !
Image

En ligne
Avatar de l’utilisateur
Plutark
Messages : 1546
Inscription : 04 févr. 2020 21:41

Re: Vie au Gandhari

Message par Plutark »

“Gouverner, ce n'est pas plaire”


Image

En réunion privée, Ikna Omara et Vikam Kawera traitaient de l'épineuse question de la grâce réclamée par l'ex-Président Ashar Lohan désormais en détention et en attente d'un procès. La décision qu'appelait la situation était probablement la plus difficile à prendre depuis qu'Ikna Omara avait accédé aux plus hautes sphères. Aucune solution ne serait suivie d'effets positifs, ce serait même le contraire. Si elle graciait l'ex-président de 97 ans, elle se mettrait à dos les révolutionnaires les plus radicaux et risquait de se retrouver dans une position mûre pour le déviationnisme. Si elle ne le graciait pas, elle s'aliénerait une part non négligeable de la population sensible au sort du vieil homme. De toute façon peu importe la décision, elle aurait tort.


Vikam Kawera
Quelle maudite situation ! On se serait bien passé de ça d'autant plus que nous n'avons pas à nous mêler d'affaires judiciaires en vertu de la séparation des pouvoirs ! Kundu nous fiche dans la merde après avoir sciemment dévoilé cette histoire !

Ikna Omara, tout en écoutant Vikama Kawera, prenait des notes sur un rapport qui venait de lui parvenir concernant la position de son parti à ce sujet. A la fin de la phrase de son Premier Commissaire Fédéral elle leva le nez de son carnet et le regarda.

Ikna Omara
Je comprends votre agacement mais ne gaspillez pas votre énergie. Certes c'est un moment difficile mais nous nous en sortirons même s'il y a des pots cassés.
Le fait est que malgré ces révélations, Lohan bénéficie d'une base très importante de soutien, notamment chez les communistes et les travaillistes les plus à gauche. La situation me fait penser que tout cela résulte d'une émotion passagère et que, quelque soit notre décision, tout rentrera dans l'ordre après une petite tempête.

Vikam Kawera
N'oubliez pas que les libertaires vous mettent au pied du mur et tentent de vous forcer la main. C'est là aussi un sacré problème !

Ikna Omara
Tout comme la base communiste, du moins en partie, me met aussi au pied du mur et tente de me forcer la main. Dans cette histoire je mets au même niveau les libertaires et les communistes de votre propre parti. Et je suis navré de vous dire que les arguments des libertaires sont plus pertinents qu'un simple épanchement émotionnel sur l'âge de Lohan et ses conditions de détention en occultant complètement ce dont on l'accuse.

Vikam Kawera
Si vous donnez encore des gages supplémentaires aux libertaires la grogne va monter au Mouvement Socialiste des Travailleurs du Gandhari et malgré tous les efforts jusqu'à maintenant pour les retenir, je ne le pourrais plus bien longtemps. L'impression que vous favorisez Sanmoranah est réelle et si vous donnez une preuve supplémentaire vous risquez d'aggraver votre cas.

Ikna Omara
Le problème avec vous les communistes en droite ligne d'Asha Lota c'est que le reflet dans le miroir est un critère politique. Plaire à la base, la satisfaire quand elle a des sautes d'humeur, faire de la câlinothérapie quand les pleurnicheries priment sur la raison. Tout ça ce n'est pas moi ni ma conception de l’exercice du pouvoir. Si je suis ici c'est pour guider la Révolution gandharienne et certainement pas pour plaire et devenir la copine de tout le monde. Je pense qu'on m'a mal jugée chez les communistes. J'ai survécu au coup de force du PCG révisionniste, ce n'est certainement pas pour me retrouver otage des sensibles et des révolutionnaires à géométrie variable. J'ai dit que la grâce était un vestige de la féodalité et je m'y tiendrai.

Vikam Kawera
Je comprend parfaitement votre position mais comprenez que ma position en tant que chef du MSTG sera fragilisée sur les libertaires ont encore gain de cause. Non pas que je désire absolument me maintenir à la tête du gouvernement mais je souhaite vous prévenir.

Ikna Omara
Si vos députés font l'erreur de se radicaliser encore une fois parce qu'ils n'ont pas toute l'attention qu'ils souhaitent, croyez-moi qu'ils auront tout perdu car je vous assure que je me contenterai d'un gouvernement minoritaire en comptant sur le bon sens des quelques députés communistes qui tiennent la route. Et surtout je vous promets une chose, je n'aurais aucun remord à nommer Angad Sanmoranah Premier Commissaire Fédéral. Alors la balle est dans votre camp et prenez enfin vos responsabilités !

Vikam Kawera, interloqué, faisait la grise mine. Ikna Omara replongea dans ses notes, ce qui valait en réalité prise de congé.
Image

Répondre

Revenir à « C.J.S »