La Marca - Crime (Confidentiel)

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mark
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La Marca - Crime (Confidentiel)

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La Marca - Confidential


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Fondée dans les années suivants la Disputa de 1958, La Marca s'est rapidement imposée au sein des milieux criminels de Nueva Suerte par divers moyens comme l'extorsion, le racket, les "accidents" ainsi que la revente de produits illicites en provenance de l'extérieur.
À Nueva Suerte, on peut être certain qu'un casino, un champ de courses ou plus simplement tout lieux de paris est entre ses mains, moyen le plus pratique de blanchir son argent. elle a acquis au fil du temps dans d'influence sur l'île que les gouvernements successifs n'osent prendre de mesure effective contre elle, une sorte d'accord tacite s'étant installé : La Marca fait son business et ne se mêle pas de politique quand le Nueva Suerte fait sa politique sans se mêler de business. Cette entente a pour l'heure porté ses résultats.

Plus récemment, elle a décidée d'étendre ses activités à d'autres pays et entend accroitre ses revenus de manière substantielle en passant les bons accords avec les bons interlocuteurs.
De préférence, ce sont des accords qu'elle conclut, mais si on l'y oblige, elle usera de la force et n'a par définition par peur des forces régulières destinées à lui faire face, car ayant décidée de se doter du nécessaire pour les dépasser complètement tant en matière de moyens que de capacités.
Il faut toutefois garder cela en tête : en temps normal, La Marca n'aime pas se mêler de politique...
Liste :
Trafic dans le grand nord,25 Juin 2041

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mark
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Re: La Marca - Crime (Confidentiel)

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Mi-Septembre, quelque part le long d'une côte.

« Capitaine, message du Q. G ».
Le capitaine retira son œil du périscope et prit le document. Le bâtiment était en éclairage normal, chaque matelot était à son poste. Le responsable du bâtiment lu en diagonale. Avant de soupirer en tendant au second le document. « Bon... »
Le temps allait se dégrader, c'est ce que disait la météo en tout cas. En même temps, quelle idée d'aborder les Fjord à une telle période. Mais ils n'avaient pas le choix. C'était le seul moment possible. Ensuite, il allait falloir retourner vers les eaux chaudes rapidement, et passer au nord le plus vite possible avant que les glaces ne s'étendent. Le bâtiment avait beau être modernisé, il n'apprécierait pas de prendre un iceberg.
« On y va tout de suite . » Demanda le second.
Depuis le périscope, le capitaine scrutait la surface de l'eau brumeuse, la terre de destination apparaissant telle une ombre dans le lointain, enveloppée dans cette fumée mystique si caractéristique des terres du nord.
« Non, on fait comme prévu, on attend la nuit. ».
Dans les sous-marins dont l'équipage avait pu être réduit grâce aux modernisations, c'était l'heure du repas, le bâtiment attendait en immersion périscopique, comptant sur ses recycleurs internes d'air pour ne pas avoir à sortir le schnorchel.
La partie de l'équipage finissant laissa la place à celle arrivant pour aller prendre ses postes. Une journée normale dans une opération routinière.
Si le menu pouvait être très ragoutant, ça n'était pas le cas aujourd'hui puisque haricots blancs étaient plats du jour.
Au pire, il restait les gâteaux secs si jamais on avait besoin de grignoter.
Les bruits n'étaient pas une obsession dans cette région, il n'y avait guère que les baleines pour les entendre. Aucun bâtiment de guerre ne s'aventurait dans cette région, ce sanctuaire ou l'équipage et son navire pouvaient souffler, même si la superstition et une sorte de légère crainte les poussaient à ne pas pousser le vice jusqu'à faire surface.
Dans leurs cales, 600 kilos d'une cargaison précieuse achetée aux quatre coins du monde par divers fournisseurs pour ne pas éveiller les soupçons sont destinés à payer leur contact.
Certes le Soleil était déjà descendu, mais au sens du capitaine, il faisait encore crépuscule et cela l'incommodait.


« Lieutenant ; interpella-t-il ; remplacez-moi. »
Et sans un mot supplémentaire, le capitaine quitta la passerelle pour gagner sa cabine.
Elle était plutôt spacieuse pour un sous-marin, il avait un petit bureau, une mini-armoire et son lit, même s'il ne pouvait y déployer totalement les jambes, était de bonne facture.
Il s'assit au bureau, écarte sa casquette laissée là et prit le journal de bord.
Après avoir inscrit la date et informations de rigueurs, il écrivit :

''Nous sommes en vue du point de rendez-vous, nous sommes comme toujours à l'heure et mon lieutenant à suggérer de nous approcher dès maintenant alors que la nuit n'est pas complète.
Il lui reste encore beaucoup à apprendre comme le fait que nos amis ne sont pas réglés comme des horloges et que nous pourrions avoir à attendre plusieurs jours.
Je reste toutefois confiant, la plupart du temps, nous n'avons guère à nous plaindre d'une attente trop longue. Le patron local s'assure généralement que nous ne soyons pas mis en retard, il connaît les caprices du grand nord et sait combien en être victime serait néfaste pour nous et donc, par effet de cascade, pour lui.
Si tout se passe bien, nous devrions apercevoir le signal au crépuscule. J'espère juste qu'un bateau de pêcheurs ne va pas nous heurter comme la dernière fois. Je me demande d'ailleurs encore ce qu'il faisait là, tout seul. On a dû lui flanquer une sacrée frousse.
Bref, la température est en chute libre, l'équipage est maintenant rodé et fait de l'exercice de façon régulière. Même avec le chauffage à fond, on peine à atteindre le dix degré. Tout le monde a revêtu au moins une polaire ou un pull épais. Le Q. G refuse de nous équiper en bâtiments moderne, ça obligerait un changement des équipages, sans parler de sa réticence à utiliser du nucléaire pour une si simple besogne. Après, comme le dit si bien le contremaître : « Capitaine, sauf vot'respect, vous penser que La Marca va privilégier quoi : un bâtiment qui fait le taf, un peu dépasser et qui coute pas trop cher à remplacer, ou un navire dernier cri qui ne se servira pas de la moitié de ses systèmes parce que pas destiné au combat militaire ? »
Le moral est toujours bon, l'atmosphère détendue, si je dois donner un seul crédit à cet endroit maudit, c'est bien sa tranquillité...''

Il referma alors le carnet, recula pour se balancer sur sa chaise et regarda fixé au-dessus de son bureau la photo : l'équipage au complet, du moins l'original, souriant, déviant ce vieux rafiot datant de la guerre retapée. Il tapota la coque : « Eh ouais mon vieux, normalement, toi et moi on devrait être à la casse. »
Le Capitaine était un quinquagénaire, retraité de l'un de ses marines dont le prestige se mesure à la massivité de ses bateaux de surface. Et quand la modernisation frappe, les vieux loups de mer passent à la trappe.
Il coulait des jours paisibles mais restreints par une retraite de misère. Et surtout, il s'ennuyait. Mais s'ennuyait à mourir. Jusqu'à ce qu'on lui propose de reprendre du service. Le travail était spécial, bien payé, et surtout en mer. Par bien des aspects, il se foutait de ce qu'il transportait, tant qu'il était en mer. Le salaire lui-même lui importait peu, alors même qu'il se stockait sur l'un de ces comptes anonymes dans un paradis fiscal quelconque. Pourquoi pas Nueva Suerte par exemple ?
Ça c'était un pays sympa. Le Soleil, les plages de sable noirs. Les palmiers. L'atmosphère de ces îles des tropiques ou la vie s'écoule sans soucis et sans heurts. Le seul inconvénient restait certes l'instabilité politique. Cela dit, la plupart des citoyens n'étaient pas concernés et ne se concernaient pas. Comme eux, il se foutait bien de la politique, tant qu'il pouvait continuer à vivre peinard.
Il envisageait depuis un temps de s'y installer étant donné qu'il y passait déjà tous ses temps de congé. Et il devait bien reconnaître qu'il y avait un certain charme là-bas. Il parcourait déjà le monde à bord de son navire, il était pour ainsi dire comblé.
Son regard s'arrêta sur le portrait de sa défunte épouse. Elle l'avait quittée quelque temps avant d'être recruté. Un AVC. Elle était toujours là, certes, mais avoir un but aidait à avancer.


Le haut-parleur mentionna son nom. Il éteignit la lumière, mit sa casquette et repartit vers la passerelle, une doudoune sur le dos.
Le lieutenant était au périscope, il s'écarta.
Cours, longs, cours, cours. Puis un temps, et répétition. Ils étaient à l'heure, même en avance par rapport à d'habitude.
« Vitesse un tiers, équipes de déchargement et de surveillance prête à débarquer. »
Le lieutenant puis le contremaître répercutèrent les ordres, lui restait l’œil collé aux péricope. Arrivé à une certaine distance, il ordonna de faire surface.
Le sous-marin chassa des ballasts et émergea, ce qui ne manqua pas de faire hennir le convoi sur la côte :
« Tu vouayes qu'sont là. »
Le monstre d'acier avançait dans la brume de façon fantomatique, enserré par cette fameuse fumée mystérieuse si propice aux légendes et apparitions. Celle-ci était réelle. Le bâtiment vint s'accoler à un ponton relativement large et s'amarra. Plusieurs hommes en armes vinrent à la rencontre de l'équipe de déchargement et de celle de surveillance.
Le capitaine émergea dans la baignoire avec le lieutenant.
« On ne met personne au canon ?
- Pour quoi faire . Ce sont nos contacts. Vous m'avez bien dit que vous parliez plusieurs langues du Nord .
- Oui capitaine.
- Alors au boulot. »

Dit l'officier en présentant les individus à l'air patibulaire s'approchant du navire sans que cela ne semble affecté le travail de l'équipage qui avait déjà ouvert les portes arrière du hangar.
En descendant pour rejoindre le pont extérieur, le lieutenant entendit son Supérieur ordonner de sortir la grue.
Une fois qu'il le vit arriver en bas, le capitaine lança au second : « bon, dit leur que c'est toujours un plaisir de les voir et qu'on a les 600 kilos comme convenu. Puis demander leurs s'ils ont nos cinquante tonnes. »
Le lieutenant bafouilla un peu mais parvint à traduire. Les hommes armés répondirent à leur rythme, donnant réponses et indications qui permirent de rassurer le lieutenant quant à l'ambiance qu'allait avoir la rencontre.
« Tout est en ordre capitaine. » lança-t-il.
« Pas la peine de gueuler, ces cotes découpées font déjà suffisamment d'écho. »
La nuit allait maintenant tomber d'un moment à l'autre.
« Allumez les torches ! » Lança le capitaine à l'équipage alors même que les hommes en armes prenaient en main les leurs.
Au loin une caravane en une quantité relativement impressionnante commença à avancer sur le pont, prête à être réceptionnée par l'équipe de chargement. Le tout allait durer un moment.
« Je fais quoi maintenant . » Demanda le lieutenant.
« Eh bien tu t'en grilles une et tu leur en proposes, j'ai remarqué qu'ils aimaient bien ça généralement. On va en avoir pour une heure ou deux. Alors on a le temps. »


Le lieutenant s'exécuta et là, sur ce ponton battu par les vents du nord, il sortit une cigarette ainsi qu'un briquet. Après en avoir proposé, il alluma toutes celles sortis avant de ranger son paquet, profitant de l'instant en attendant que l'office se fasse. Chacune des équipes de surveillance était aux aguets, l'équipe de chargement s'était renforcé des éléments du convoi de la côte, ce qui accélérait considérablement le processus.
Leurs barbes devaient bien avoir trois jours, ils avaient cheminé longtemps et étaient de fait sans surprise très heureux de voir qu'ils allaient pouvoir enfin faire demi-tour.
C'est donc ainsi que se passait un échange illégal. Pas de coup de feu, pas de gros flingues, pas de « parrain » a l'allure patibulaire qui en faisait des caisses. Deux groupes aux intérêts communs, faisant un échange pas très commun. Du pur commerce en somme. Et en guise de partage, une petite cigarette fumée sur un ponton.
À l'issue de l'échange, le navire allait repartir, les convois aussi, chacun de son coté, dans la nuit.
C'était là la routine lente mais sur, du trafic dans le grand nord...

Verrouillé

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