Colonia Lasmara

Répondre
Avatar de l’utilisateur
Galcian
Messages : 334
Inscription : 20 mars 2020 15:03

Colonia Lasmara

Message par Galcian »

Image

Colonia Lasmara
Informations générales:

Nom complet: Colonia Lasmara
Nom usuel: Lasmara

PIB: 300 000 000
Population:60 000
Superficie: 45,96 km²

Capitale: Lasmara
Dirigeant: Aimone Palrodesca, Exarque de Colonia Lasmara

Langues officielles: Italique, Arpitan
Localisation:
► Afficher le texte
Historique:
Lasmara a été fondé au creux d'une baie le long de la côte du Tarnosia en 1869. A l'époque, c'est l’œuvre d'un armateur Rumagnolo cherchant un point de relâche sur la route de l'Algrabe du Sud et des établissement coloniaux Rumagnoli en Zufrana. Il achète d'abord une petite crique dans l'estuaire à un podestat local, qu'il nomme Villabruzzi, avant d’acquérir toute la péninsule où elle se trouve, baptisée Lasmara, afin de la mettre en culture pour subvenir aux besoins du comptoir florissant et exporter des productions agricoles en forte demande en Dytolie à moindre coût : café, cacao, etc.

En 1890, la compagnie de navigation fait faillite, et l'Empereur de l'époque, Sigismond-Augsute III se porte alors acquéreur à titre privé de la localité, qu'il lègue à sa mort à l'état impérial qui la réorganise alors en Colonia Lasmara. Après une grosse période d'enthousiasme colonial, où la population va finir par atteindre près de 100 000 habitants, la chute des cours du café et la réorientation des flux commerciaux vers la Ventélie a progressivement fait reculer la démographie et péricliter l'intérêt de la métropole pour sa dernière colonie, quitte à oublier qu'elle existe.

Néanmoins, avec l'arrivée au pouvoir d'Aimone et les besoins croissants de l'industrie nationale pour sa croissance, colonia Lasmara pourrait bien voir son rôle au sein de l'état Rumagnolo être réévalué.

Organisation:
  • Empereur de Cattavenna: L'Empereur Rumagnolo est le dirigeant de colonia Lasmara, et colonia Lasmara partie intégrante de l'état Rumagnolo, bien que dans les faits parfaitement autonome.
  • Exarque de Colonia Lasmara: Gouverneur civil et militaire de colonia Lasmara. Il est le dépositaire de l'ensemble des pouvoirs exécutifs de l'Empereur, et agit en son nom avec l'ensemble de ses prérogatives. Il est membre de la dynastie régnante.
  • Assemblée de pays : A l'image des provéditorats métropolitains, colonia Lasmara n'échappe pas à la règle et suit les modes d'administration du pays. L’entièreté du corps électoral est régulièrement consulté, et participe à la vie politique métropolitaine comme tout autre provéditorat.

Avatar de l’utilisateur
Galcian
Messages : 334
Inscription : 20 mars 2020 15:03

Re: Colonia Lasmara

Message par Galcian »

Dans le port de Lasmara...

Image
Une plantation de cacao à Colonia Lasmara


L'air était lourd, terriblement chargé en humidité et rendait la chaleur difficilement supportable. Pourtant Gontran-Flavien ne montrait aucune gêne. Certes il transpirait largement dans son bel uniforme d'officier de marine, mais il ne devait en aucun cas montrer la moindre gêne. Il avait été envoyé ici par son cousin, l'Empereur Rodolphe-Auguste, afin de reprendre en main la colonie qui avait été fortement négligée sous les règnes précédents, au point même qu'il avait été envisager de simplement l'abandonner quand le Zufruna avait prit son indépendance de la Rumagnola et que son rôle de comptoir avait été réduit à néant.

Mais son cousin comptait sur lui pour faire de l'endroit un territoire prospère, mais surtout au service des ambitions qu'il avait pour le pays en métropole. Il avait donné rendez-vous dans son bureau à l'administrateur de la colonie, qui était en service ici depuis bientôt 20 ans et 3 exarques. Il s'agissait de bien comprendre l'état de la colonie pour pouvoir estimer ce qu'il est possible de faire.

Gontran-Flavien : Bonjour M. Brazza, comment allez-vous ?

M. Brazza : Fort bien votre Altesse, merci. J'espère que vous-même allez au mieux. Je sais que ce climat peut être un peu éprouvant au début.

Gontran-Flavien : Ne vous en faites pas, je m'y ferai. Très bien, je vous ai fait venir parce que j'ai besoin de comprendre ce que j'ai entre les mains. J'ai bien sur lu l'ensemble de la documentation possible, mais rien ne remplace la vision de quelqu'un sur place depuis longtemps.

M. Brazza : Bien entendu, et je vous renseignerai au mieux de mes capacités. Mais sur quels sujets en particulier vous voudriez que je m'étendent ? Il y a beaucoup à dire et je doute que vous ayez tant de temps que ça à m'accorder.

Gontran-Flavien : Le temps je le trouverai, si notre discussion le justifie. Commencez donc par me parler des sujets de ce coin du monde.

M. Brazza : Officiellement, vous avez ici 60 000 âmes qui disposent exactement des mêmes droits qu'en métropole.

Gontran-Flavien : Officiellement ?

M. Brazza : Oui car en réalité la population, et vous aurez largement l'opportunité de vous en apercevoir par vous-même, est nettement plus nombreuse. Les estimations officieuse que j'ai fait conduire donne un chiffre aux alentours de 80 000, peut-être même 100 000 personnes.

Gontran-Flavien : Quasiment 50% de population clandestine ?! Mais ça parait démentiel. Comment est-ce possible ?

M. Brazza : Et bien cela trait à la nature même de l'économie locale. Avec la fin des activités coloniales au Zufruna quand il a prit son indépendance, Colonia Lasmara s'est retrouvée privée de son rôle originel, et a du se résoudre à trouver d'autres ressources pour, à défaut d'être un el-dorado, a minima permettre aux élites locales et à leurs capitaux de ne pas rentrer au pays. La colonie s'est donc couverte de cultures exotiques dont on raffole à Cattavenna : Tabac, cacao, café. Or de telles cultures demandent soit une mécanisation importante, pour laquelle il n'y a pas de fonds, ou une main d’œuvre importante. Etant donné l'extrême pauvreté des locaux, il est nettement plus simple de faire appel à cette main d’œuvre bon marché.

Gontran-Flavien : Ok, mais ces ouvriers agricoles et ces journaliers devraient être recensés et connus, non ?

M. Brazza : Non, parce que les statuts de la Colonie leur interdisent de s'installer sur le sol Rumagnolo. Celui-ci est réservé aux sujets, et ils doivent donc quotidiennement passer la frontière pour venir travailler et repartir. Beaucoup d'exploitant trouvent que c'est une perte de temps et de productivité, donc ils les logent eux-même dans de grands baraquements directement sur les exploitations contre une partie de leur rémunération, permettant de maximiser les profits au détriment de ces sauvages. Cette pratique est théoriquement interdite, mais des exceptions ont été votées par l'assemblée provinciale, auxquelles ces ouvriers ne participent pas bien entendu. Et l'effondrement récent des cours de certaines de ces ressources rend la situation particulièrement tendue et ce type de pratique quasi-indispensable.

Gontran-Flavien : Cela ressemble doucement à de l'esclavage quand même.

M. Brazza : Pas tout à fait, ces hommes sont libres de repartir. Enfin, théoriquement. Ça n'est jamais agréable de perdre de la main d’œuvre formée, donc il arrive que certains exploitants soient un peu insistants sur la dévotion de leurs ouvriers ...

Gontran-Flavien : Bon, bon, bon. Je vois le concept. Mais comment l'ordre est-il maintenu ? Avec un tel déséquilibre des populations, les risques de troubles sont sensibles !

M. Brazza : Une votation a autorisé la levée de troupes coloniales, qui assurent le rôle de police et de force de maintien de l'ordre. Un genre de loi martiale qui n'en dit pas le nom. Je vous planifierai un rendez-vous avec leur officier commandant, le lieutenant-colonel Bigeassu.

Gontran-Flavien : C'est une nécessité je pense, oui. Bon, nous avons un paquet de choses à nous raconter. Je vous suggère d'appeler votre épouse pour lui annoncer de ne pas vous attendre pour repas, je vous propose un diner de travail. J'ai demandé au chef un canard à la Sarladaise et ses pommes. Pas très exotiques, j'en conviens, mais ne changeons pas tout d'un coup. Cela vous va ?

Avatar de l’utilisateur
Galcian
Messages : 334
Inscription : 20 mars 2020 15:03

Re: Colonia Lasmara

Message par Galcian »

...il est une jahazi Tarnoise...

Image
Le port de Villabruzzi, Colonia Lasmara


M. Brazza et Gontran-Flavien descendaient la grand-rue de Villabruzzi, le port de la capitale Lasmara située plus en hauteur. Des deux côtés, des échoppes tenues par des autochtones en situation plus ou moins régulière proposaient aux passants tout et n'importe quoi : mets divers et variés, épices, artisanat théologique, bazars, animaux, etc. Ils ne s'en offusquaient pas, cette partie de la ville était de toute manière dévolue aux manœuvres et autres journaliers, forçats nécessaire au bon fonctionnement de la colonie. Les quartiers blancs se trouvaient nettement plus loin, et l'élite locale se rendait rarement sur place autrement que par pure nécessité, comme vérifier le bon fonctionnement d'une installation.

Justement, l'exarque et son administrateur ne se rendaient pas ici par pur plaisir, mais bien parce qu'ils avaient matière à faire. La grand-rue permettaient de rejoindre les quais. Sur la jetée principale, à cette heure de la journée, il n'y avait que peu de navires. D'une parce qu'il y avait peu de trafic de manière générale, la faible surface de la colonie faisait que la production agricole était médiocre en terme quantitatif. Le reste des embarcations étaient des petits navires de pêche. Bientôt, en remontant la jetée, il tomba sur le capitaine du port, à qui il avait annoncé vouloir s'entretenir des perspectives des installations portuaires.

M. Brazza : Votre Altesse, je vous présente le Capitaine De Noli, en charges des infrastructures portaires.

Après les salutations d'usage entre les deux hommes, Gontran-Flavien mis directement les pieds dans le plat :

Gontran-Flavien : Alors capitaine, que pensez-vous des installations que vous dirigez ?

Le Capitaine De Noli, ne savant si cette demande était du lard ou du cochon, préféra jouer sur l'aspect politique et répondre prudemment. Après tout, ce nouvel exarque avec ses connexions dynastiques lui était inconnu, et il devrait probablement manœuvrer avec subtilité pour défendre un bilan moyen, non pas par manque de volonté mais de ressources.

Capitaine De Noli : Je pense, votre Altesse, qu'elles sont bien entretenues et qu'elles correspondent aux besoins de la colonie ; vous pouvez le trouver de petite taille, mais le dimensionnement semble idéal afin de maitriser les coûts tout en permettant une exploitation optimale étant donné le trafic inhérent à la colonie.

Gontran-Flavien : Allons, Capitaine, ne soyez pas si langue de bois. Je sais que les crédits qui vont ont été alloués ne vous ont jamais permis que de vivoter. J'aspire à créer avec vous, et avec les autres bonnes volontés de la colonie un rapport de confiance permettant de répondre à la demande expresse de mon cousin l'Empereur Rodolphe-Auguste de mettre en valeur ce bout d'empire. Aussi, je vous demande, selon vous, ce qui fonctionne et surtout ce qui doit être amélioré.

Le Capitaine, après un petit moment d'hésitation, décida de jouer franc-jeu.

Capitaine De Noli : Et bien, votre Altesse, je pense effectivement que le port correspond à l'heure actuelle aux besoins de la colonie. En revanche, il est à la limite et sera incapable d'encaisser une augmentation de sa charge, tant par manque de main d’œuvre qualifiée que parce que les installations sont vétustes. Vous voyez la jetée numéro 3 derrière nous au fond ? Le courant du large l'ensable progressivement, et elle n'est aujourd'hui plus utilisable par une majorité de navire. Pareillement, les équipements font cruellement défaut, compensé à date par des dockers payés chichement, mais ça ne permet pas beaucoup plus. Or, il y a du potentiel...

Gontran-Flavien : Du potentiel dites-vous ? Il est possible que je puisse décrocher des fonds, mais encore faut-il savoir comment les employer. J'ai cru comprendre, à la façon dont vous avez avancé vos constats, que vous auriez votre petite idée la-dessus, n'est-ce pas ?

Capitaine De Noli : En effet. De manière assez aberrante à entendement, les gens ici se sont concentrés sur l'exploitation de la terre. Le cacao, le café, le tabac, ces plantes dont on raffole à la cour. Pourtant, devant la limitation extrême des terres arables, cette conception des choses est vouée, sinon à l’échec, a minima à rester très limitée. Or, il existe une richesse immense tapis sous nos yeux, à l’abri sous l'azure : le poisson.

Gontran-Flavien : Le poisson ?

Capitaine De Noli : Oui, les ressources halieutiques sont immenses. Et pas simplement de petits poissons, mais bien de grosses espèces extrêmement populaires et demandées : thon, maquereau, bonite, etc. Le potentiel est énorme. La Rumagnola, de par sa tradition, reste un pays qui consomme beaucoup de poisson, et cet aspect est vraiment sous-représenté dans l'économie locale. J'y ai déjà pensé, sur mes fonds propres, mais ça n'est pas du tout suffisant. Imaginez seulement ce que cela pourrait donner : ici, derrière nous, une grande conserverie afin de conditionner sur place le produit, et la, de long de ces deux jetées correctement équipées, des chalutiers qui se relaient et déversent leurs richesses.

Gontran-Flavien : Vous avez des études de marché et de faisabilité sur ces aspects que vous évoquez ? Je suis étonné qu'aucun propriétaire ici, toujours soucieux de trouver des relais de croissance, ne se soit positionné sur le sujet ?

M. Brazza : Rien de suffisamment ficeler pour décrocher un soutien bancaire, mais j'ai plusieurs études officieuses, oui. Si M. Brazza, ici-présent, pouvait mandater un expert pour le faire, je suis sur que nous aurions confirmation.

Gontran-Flavien : M. Brazza, est-ce possible de mener une telle étude rapidement ?

M. Brazza : Mais bien entendu, je vais mandater un expert dès cet après-midi.

Capitaine De Noli : Après, il reste un autre type d'aménagement possible à mettre en place. M. Brazza, son Altesse a-t-il déjà vu M. d'Eni ?

M. Brazza : Non, pas encore, mais je vous où vous voulez en venir. Si votre Altesse le veut bien, je planifierai une rencontre demain. Ce sujet vous intéressera au plus au point, mais ses implications sont nombreuses et compliquées à anticiper. Aucun exarque jusqu'à maintenant s'y est risqué.

Avatar de l’utilisateur
Galcian
Messages : 334
Inscription : 20 mars 2020 15:03

Re: Colonia Lasmara

Message par Galcian »

...mystérieuse et sournoise...

Image
Schéma de la géologie de la façade maritime du Tarnosia


M. d'Eni buvait sur sa terrasse un bon chianti quand l'automobile de l'exarque, une Alfieri Appia flambant neuve et rutilante directement arrivée de la métropole, s'immobilisa au bas des escaliers qui menait au petit palais colonial qu'il habitait. Alors qu'un domestique accouru ouvrir la portière arrière de l'auto, ce dernier fut surpris de voir sortir du siège du conducteur l'exarque qui, comme son impérial cousin, préférait conduire lui-même. Complètement dérouté par cette brèche du protocole, le domestique resta comme saisi sur place pendant plusieurs longues secondes avant que le raclement de gorge forcé du maître d’hôtel qui était demeuré au sommet du perron ne lui fasse reprendre ses esprits et il alla alors précipitamment délester le visiteur de sa redingote.

M. d'Eni était un riche propriétaire terrien qui possédait certaines des plus belles exploitations de tabac de la colonie. Il en faisait des cigares fortement réputés qui finissaient souvent entre les lèvres moustachues de gentlemans de la capitale. S'il travaillait aussi le cacao et le café, ces deux vices là le laissait revanche assez indifférents : pas assez rentables. Voyant les visiteurs commencer à gravier les degrés, il se leva et les salua avec chaleur

M. D'Eni : Bonjour votre Altesse, bonjour Capitaine, bonjour M. Brazza. Que me vaut le plaisir de votre visite, ô combien appréciée ?

M. Brazza : Bonjour M. D'Eni. Son Altesse Gontran-Flavien, notre nouvel exarque, a eu vent de par le Capitaine De Noli ci présent de vos travaux exploratoires, et il aimerait en apprendre un peu plus sur le sujet.

M. D'Eni : Ahhh, en effet ! Ces terres exotiques ne regorgent pas seulement de cultures et de moustiques, mais bien d'autres secrets aussi.

Invité par le maître d'hôtel, ils entrèrent dans le petit palais qu'ils traversèrent de part en part avant de ressortir de l'autre côté et de prendre place sur une terrasse ombragée donnant sur un petit jardin aménagé. Alors que deux domestiques indigènes servaient des boissons rafraîchissantes, M. d'Eni envoya chercher les documents en question.

M. D'Eni : Voyez-vous, votre altesse, les terres manques dans la colonie, et mes affaires sont relativement florissante, ma foi, comme celles de certains de mes collègues. J'ai alors demandé à quelques uns de mes contremaîtres indigènes qui connaissent la région de bien vouloir faire visiter les terres attenantes à la colonie afin d'en estimer le potentiel agricole en cas d'expansion. Mes espoirs sont revenus relativement déçu... Quand on s'enfonce dans les terres, ces dernières montent en pente douce pendant quelques kilomètres et offrent un terrain de culture idéal. En revanche, dès le sommet atteint, les précipitation chutent car aucun relief ne retient plus les masses nuageuses et il devient compliquer de faire pousser des plantes aussi consommatrice d'eau.

Gontran-Flavien : Je comprends que nous avons une possibilité d'expansion restreinte d'un point de vu agricole, ça n'est pas vraiment une excellente nouvelle, me trompe-je ?

Prenant une rasade de chianti, M. d'Eni marqua une pause. Cette pause signifiait deux choses : d'une, il était en position de force et escomptait bien faire comprendre qu'il était indispensable. Et de deux, par pur vanité, faire poireauter un membre de la dynastie impériale était toujours d'une immense satisfaction pour l'égo. Il reprit.

M. D'Eni : Et bien oui et non. Oui, la terre autour ne permet pas d'envisager de faire de Colonia Lasmara une puissance agricole. Par contre, les relevés sismologiques et géologiques de mon géologue ont relevés que le terrain, de par ses caractéristiques, renfermait très probablement à assez faible profondeur d'importantes réserves en hydrocarbures. Gazières ou pétrolières, il est encore trop tôt pour le dire, mais elles sont quasi-certaines.

Capitaine De Noli : Je vous avais bien dit, votre Altesse, que cette nouvelle avait du potentiel !

Gontran-Flavien avait le cerveau qui turbinait à plein régime. Des hydrocarbures ! La Rumagnola était dépourvue de toute ressource énergétique et même si des accords commerciaux lui assurait de ne pouvoir importer ce qui lui manquait, ces achats posaient de sévères limitations sur l'indépendance stratégique pour chèrement défendue par son cousin, et grévaient la balance commerciale du pays. Mettre la main sur ces ressources Tarnoises, même en partie, serait un véritable atout. Si ces ressources existent toutefois.

Gontran-Flavien : C'est, en effet, une nouvelle qui change complètement le paradigme dans lequel Colonia Lasmara évolue. Il faut néanmoins confirmer cette découverte potentielle, et pour ça faire intervenir une véritable équipe de prospection. Si tout cela est confirmé, on pourra penser à la phase d'après. M. d'Eni, vous contactent peuvent-ils assurer la sécurité de cette équipe ? Des rapports parcellaires que j'ai des services de renseignements, la situation semble se dégrader très fortement dans le pays...

M. D'Eni : Hmm... Je suis bien incapable de vous répondre. Mes contre-maîtres ne servent que de passe-plat avec un individu extérieur à la colonie, un Tarnois en rupture de ban. Pour une sombre histoire inhérentes à leurs mœurs de sauvages, il a été chassé de la suite de son seigneur et s'est réfugié avec ses partisans dans les montagnes dont je vous parlais plus tôt. Il en maîtrise la sécurité, mais guère plus dans la plaine en contrebas. Il devrait probablement être à même de protéger suffisament une équipe de prospection ponctuellement pour faire quelques travaux et relevés, mais en aucun cas assez longtemps pour faire de véritables forages exploratoires, et encore moins une exploitation ...

Gontran-Flavien : Hmmm, je vois. Je vais quand même vous demander d'organiser ce rendez-vous. Voyez avec M. Braza pour les détails, mais je pense que ça n'est pas la première fois que vous faites ce genre de choses ?

M. Brazza : En effet, non, même si cela commence à remonter. Je vais mettre en place de ce pas ce qu'il faut pour organiser la rencontre. Quelque chose de sécurisé, mais rien d'intimidant.

Gontran-Flavien : Bien. M. d'Eni, est-ce que cela vous obligerai de bien vouloir me remettre une copie de vos documents ? J'aurais besoin de les étudier au calme, et surtout envoyer tout ça à Cattavenna pour débloquer des fonds. Par ailleurs, vos plantations de tabac sont légendaires, auriez-vous l'amabilité de me faire visiter vos terres ?

M. D'Eni : Mais avec grand plaisir !

Sur ces paroles, les quatre hommes se levèrent et, un verre de cognac à la main et chapeau sur le crâne, ils prirent le chemin des plantations, suivi par des indigènes portants chaises de camp, ombrelles et glacières.

[spoiler]HRP @Danton : Je te propose de jouer ce chef de guerre en rupture de ban et rébellion contre son seigneur. Tu peux directement mettre le résultat de l'entrevue si tu le souhaites ou mettre qu'il accepte si tu veux que je plante le décor de la rencontre et le contenu de ma proposition. Si tu préfères, je peux aussi le jouer moi.[/spoiler]

Avatar de l’utilisateur
Danton
Messages : 262
Inscription : 05 févr. 2020 17:17

Re: Colonia Lasmara

Message par Danton »

Le Sud-ouest était un territoire sauvage, encore plus que le reste de l’Empire. Etrangement, l’anarchie générale dans l’Empire avait peu affecté une région déjà habituée à vivre dans un état de non-droit permanent. Si cela avait permis à la colonie de Lasmara d’être plus tranquille et moins menacée sur court terme, cela avait aussi pour effet que toute expédition en dehors de la colonie était périlleuse. La région grouillait de nomades et pillards, chasseurs et bannis. Il n’était pas surprenant que beaucoup de locaux cherchaient à avoir du travail dans la colonie impériale. Même avec des armes modernes, il n’était pas dit qu’un petit groupe ne pouvait pas être submergé par un groupe local, bien plus féroces que les urbains et paysans de l’Ouest.

Beaucoup de groupes de guerriers vivaient dans la région, mais le plus féroce et important parmi eux était le Clan de Taimar. La raison de leur présence dans les terres du Sud-Ouest n’était pas évidente. Certains disaient que Taimar, leur chef, avait été banni de la cour du seigneur de Sekon. D’autres prétendaient que lui et les siens avaient été exilés pour pratiquer la métallurgie, interdite par le Culte officiel. Néanmoins, cela avait que peu d’importance dans la situation actuelle. Ce qui comptait était le fait qu’ils savaient se battre et pouvait offrir aux colons la protection nécessaire pour aller explorer l’intérieur du pays.

Les représentants de Lasmara n’eurent pas beaucoup de peine à trouver la tribu. Ils n’avaient aucune raison de se cacher et avaient établi leur camp à une journée de marche. C’est ainsi qu’une rencontre fut organisée dans les ruines d’un vieux temple abandonnée situé à quelques heures de marche de la colonie. Les colonnes, pour la plupart renversées, étaient gigantesques. Beaucoup se questionnaient s’ils avaient été édifiés par les Tarnois ou peut-être par un peuple plus ancien et développé. Néanmoins, cela était une question pour les archéologues.

Au début, les négociations sont difficiles, car les représentants du Clan de Taimar ne parlent pas le Haut-Tarnois, mais un dérivé du Bas-Tarnois. Toutefois, avec l’aide d’un linguiste aguerri et ayant étudié les dialectes locaux, on arrive à enfin se faire comprendre et plus important à négocier un accord. Le Clan accepte de protéger et guider un corps d’expédition vers l’intérieur du pays en échange d’or. Bien évidemment, on exige des monnaies frappées par le « Kansteltan » de Rumagnola.


Avatar de l’utilisateur
Galcian
Messages : 334
Inscription : 20 mars 2020 15:03

Re: Colonia Lasmara

Message par Galcian »

...dont nul ne connait le nom.

Image
Une livre Rumagnola


Gontran-Flavien : COMBIEN ?!

Gontran-Flavien avait manqué de s'étrangler. Il regarda avec perplexité son verre dans lequel traînait un fond de vin rouge, comme si c'était le breuvage qui était la cause de sa quinte de toux.

M. Brazza : Euhm... 100 000 livres, votre Altesse. Et exclusivement des monnaies d'or frappées du portrait de l'Empereur.

Gontran-Flavien : Nous avons ça, nous, un portrait du guignol qui leur sert de chef ?

M. Brazza : Non non, du notre d'Empereur, pas du leur. Les souverains successifs du Tarnosia ont régulièrement procédés à des dévaluations en réduisant la quantité de métal dans leur monnaies, et elles sont peu fiables. Des monnaies Rumagnoli auront beaucoup plus de valeurs.

Gontran-Flavien : Et bien on peut dire qu'ils ne se mouchent pas du coude. Tout sauvages qu'ils sont, ils connaissent tout de même la valeur de l'argent, ou plutôt de l'or en l’occurrence, et ses aboutissants. Bon, nous n'avons pas réellement d'alternative de toute façon, si ce n'est envoyer l'armée. Et bien, je vais en référer à mon cousin et lui demander ces fonds préliminaires de la sorte. Rien d'autre ?

M. Brazza : Et bien si. Voyez-vous, votre Altesse, je pense qu'il est important d'entretenir d'excellentes relations avec ce monsieur. Sa tribus est assez nombreuse, ils semblent être des cavaliers aguerris et disposer d'une grande culture martiale. Mais surtout, j'ai pu observer en me présentant à leur campement qu'ils faisaient usage d'une multitude d'objets en métal : pointes de flèches et de lances, boucles et autre pièces de selles et de harnachement, etc.

Gontran-Flavien : Soit, ils sont un peu moins arriérés que les autres. Où voulez-vous en venir, M. Brazza ?

M. Brazza : Ce fait peut ne pas vous choquer étant que les indigènes de la colonie utilisent de tels outils, mais dans la religion des Tarnois, c'est interdit, et utiliser la métallurgie vous condamne à l'exil. C'est une des raisons de l'extrême conservatisme de leur société. Or, eux s'en servent abondamment. Cela suggère deux choses. Premièrement, ils sont bien en rébellion ouverte contre ce qui doit servir de pouvoir central, à savoir les institutions religieuses. Et surtout, qu'ils ne sont pas hostile au progrès. Au contraire de la puissance qui administre la région à l'instant t.

Gontran-Flavien : Si le lis entre les lignes de ce que vous me racontez, M. Brazza, c'est que si la collaboration avec ce chef de guerre se passe bien et qu'effectivement le sous-sol Tarnois renferme de l'or noir, il nous sera impossible de l'exploiter avec le pouvoir en place. Et que ce chef de guerre, en revanche, pourrait potentiellement être ouvert à "régulariser" sa situation avec notre assistance technique.

M. Brazza : Je ne suggère rien, je ne fais que porter à votre connaissance un plan d'action potentiel.

Gontran-Flavien : Portez, portez M. Brazza, votre connaissance aiguë de la situation locale m'est précieuse.

Avatar de l’utilisateur
Galcian
Messages : 334
Inscription : 20 mars 2020 15:03

Re: Colonia Lasmara

Message par Galcian »

Et le soir dans l'entrepont ...

Image
Joseph Lascarimille avec un responsable local de la milice de Colonia Lasmara

Gontran-Flavien était venu observer lui-même le débarquement. Le cargo avait accosté sur une jetée isolée du petit port de Villabruzzi, et ça n'était pas les coolies habituels qui s'échinait à débarquer la cargaison, mais bien des hommes de la milice locale. Enfin, la cargaison, c'était un bien vilain mot pour désigner l'équipe en charge de la future prospection en matière d'hydrocarbure qui allait s'aventurer au Tarnosia. La plupart étaient des bleu-bites débarqués du département de géologie de l'université de Cattavenna, même si parmi eux se trouvaient également quelques personnes plus habitués à ce genre de choses. C'est le soucis, quand vous êtes un état sans ressource énergétique fossile, vous manquez d'expérience.

Gontran-Flavien avait tenu à les accueillir en personne :

Gontran-Flavien : Bonjour Messieurs, et bienvenu à Colonia Lasmara. J'espère que votre séjour ici sera pour vous une expérience professionnelle riche et couronnée de succès, car sachez que nos pérégrinations seront regardées en haut-lieu. Je vous communiquerai en détail nos objectifs et le planning ce soir lors d'un dîner que je donnerai au palais mais sachez d'ors et déjà que vous partirez pour le Tarnosia dès lundi prochain, aussi si vous souhaitez faire du tourisme, profitez bien des quelques jours que vous avez à votre disposition avant que je place sous la protection de nos alliés Tarnois, avec lesquels nous entretenons d'excellentes relations, et qui seront vos guides et gardiens durant votre séjour. Mais trêve de palabre, je vous laisse rejoindre vos appartements et vous délasser après votre voyage qui a du être éprouvant. Bienvenu au Tarnosia, et à ce soir.

Alors qu'il finissait son discours, Gontran-Flavien avait maintenant remarqué qu'un déchargeait un lourde caisse protégée. Si le matériel débarqué jusqu'à maintenant consistait jusqu'à maintenant en des sismographes, du matériel de géologie et de forage, cette caisse, elle, devait contenir l'or demandé par le chef de tribu comme prix de sa protection. A sa vue, Gontran-Flavien demanda au grand homme au regard impénétrable qui s'était tenu à l'écart pendant le discours s'il pouvait lui dire un mot seul à seul.

Gontran-Flavien : Monsieur Lascarimille je présume ?

Joseph Lascarimille : En personne, votre Altesse.

Gontran-Flavien : Je souhaiterai vous dire un mot en privé, si vous le permettez. Contrairement à ce que j'ai raconté, nos alliés Tarnois sont plus nos "fournisseurs" de protection. Nous avons du mal à communiquer avec eux car ils parlent un langage incompréhensible que même les Tarnois ne comprennent pas. Nous faisons avec les moyens du bord, mais je n'ai qu'une confiance limitée en l'état envers ces gens. L'or que vous apportez avec vous devrait les acheter pour un moment, étant donné qu'aucune autre faction en présence ne devrait être en mesure de surenchérir, mais gardez à l'esprit que ce sont des mercenaires, et qu'ils doivent être surveillés.

Joseph Lascarimille : C'est bien noté. Autre chose que je devrais savoir ?

Gontran-Flavien : L'Empire Tarnois est en pleine guerre civile, et nombre de ses factions n'ont pas le droit d'user de métallurgie, aussi vous ne devriez pas avoir trop de mal à assurer la sécurité de l'expédition avec vos quelques hommes et les mercenaires contre les éventuelles bandes de pillards. En revanche, rien ne dit que ce qui peut faire office d'autorité centrale ne lance pas une offensive pour faire rentrer dans le rang le Clan Taimar qui se trouve être en état de rébellion ouverte. Et ce d'autant plus que nombre de Tarnois travaillent de manière irrégulière dans la colonie. Etant donné qu'ils contreviennent à tous leurs commandements religieux, peu de chance de les voir rentrer raporter ce qu'ils ont vu, mais tout de même, je voulais vous mettre au courant de cette possibilité.

Joseph Lascarimille : Il n'est peut-être pas très pertinent de commencer à donner des détails de la missions sur ces quais ouverts aux quatre vents comme vous venez de le faire dans ce cas, n'est-ce pas ?

Avatar de l’utilisateur
Galcian
Messages : 334
Inscription : 20 mars 2020 15:03

Re: Colonia Lasmara

Message par Galcian »

... quand la nuit se fait complice...

Image
Photographie de membres du Clan Taimar par l'ethnologue Mauro Campagnoli

L'immense temple aux colonnes renversées n'était plus qu'à quelques centaines de mètre. Avec sa paire de jumelle, Joseph voyait quelques chevaux et autant d'hommes qui les attendaient dans les ruines. Moins d'une dizaine. Il n'y avait aucune chance pour qu'un type comme leur chef, méfiant et rompu à la guerre de brousse, s'offre à découvert avec une si faible escorte. Autant dire qu'il devait y avoir en ce moment même des dizaines de fusils braqués sur eux, quelque part sur les lignes de crête ou dans les renfoncement du défilé rocheux dans lequel ils se trouvaient. Se retournant, il s'adressa aux membres de l'expédition :

Joseph Lascarimille : Nous arrivons. Pas de gestes brusques ou de comportement menaçant, nous ne sommes pas en territoire ami.

Joseph aurait préféré y aller avec seulement une poignée d'homme, négocier, et ensuite revenir avec l'ensemble de l'expédition, les ingénieurs, les géomètres, les sismologues, etc. Mais Gontran-Flavien avait insisté pour qu'ils aillent vite, les résultats étaient attendu à Cattavenna. Ce type était imprudent. Exalté par le sentiment de servir son frère, et flatté par l'impression que régner sur son propre petit royaume qui lui ouvrira peut-être un jour la porte de la succession impériale, il voulait aller vite, au détriment de la prudence. Confondre vitesse et précipitation semblait être une mode impériale en ce moment, si l'on en jugeait par l'explosion de la mission Ermes qui avait fait les choux gras de la presse. Le rapport préliminaire n'allait pas tarder à être révélé, et ce serait surement la raison.

Toute l'expédition se tu et une certaines tension se fit sentir chez ses membres, pas vraiment rassurés par leur présence dans cet endroit sauvage. Enfin arrivé au pied du temple, il démonta et fit venir son interprète, qui avait déjà procédé à la première rencontre.

Joseph Lascarimille : Dis-lui que je le salue et que je suis honoré d'être en sa présence, selon les coutumes de politesse du coin, que je ne connais pas encore. Dis-lui également que je suis venu avec ce qu'il a demandé, l'or frappé à l'effigie de notre Kansteltan » de Rumagnola.

L'interprète discuta un instant avec le chef dans un charabia incompréhensible. Joseph se dit qu'il devait apprendre cette langue, et rapidement, s'il voulait pouvoir être à l'aise dans ce coin du monde, et remplir ses missions à venir. Il allait s'éterniser ici, il le sentait venir gros comme une maison.

Interprète : Il vous remercie pour vos salutations, et vous retourne les mêmes. Il souhaite voir l'or maintenant.

Joseph Lascarimille : Evidemment ...

D'un geste de la main, deux manœuvres partirent vers l'arrière du train de mules et en revinrent avec une cantinière d'un mètre sur 60 centimètre de profondeur et 40 de haut. Amener l'or dans une cantinière en aluminium dans un pays où la métallurgie était interdite était le moyen le plus simple de tester si leurs potentiels futurs alliés allaient le rester ou leur mettre une lance dans le sternum. Ouvrant la caisse, Joseph s'adressa à l'interprète :

Joseph Lascarimille : Tu peux lui dire que tout est la. J'ai respecté ma part du marché, est-ce qu'il est prêt à respecter la sienne ? Surtout, mes compagnons vont devoir se servir de camions pour transporter le matériel nécessaires à leur tâches. Est-ce que cela va poser un soucis avec ses hommes chargés de la protection ?

Avatar de l’utilisateur
Danton
Messages : 262
Inscription : 05 févr. 2020 17:17

Re: Colonia Lasmara

Message par Danton »

Image

L’esplanade du temple offrait quelques espaces inondés dans une ombre rafraichissante. C’était là, loin de la fureur solaire, que les guerriers du clan de Taimar attendaient la venue des Étrangers.

Le vieux temple n’offrait non seulement un certain confort, mais également l’avantage d’être un lieu facile à défendre. L’esplanade était surélevée par rapport aux environs, permettant de voir toute potentielle attaque à temps. Les colonnes chthoniennes renversées permettaient à des guerriers de prendre position derrière elles.

Le Sud-Ouest était une terre sauvage. Les guerriers de Taimar étaient à certains égards, avec la colonie de Lasmara, les rares traces de civilisation. Les autres tribus étaient sédentaires, tentant de survivre péniblement de la terre avec des outils en bronze voire pour certains en pierre. Ils étaient étroitement surveillés par des prêtres dégénérés, ivrognes et incapables. Toutefois, le bras du Culte officiel était court ici, surtout quand l’hérésie, à l’image du clan de Taimar, était mieux armée et pouvait s’appuyer sur des chevaux.

Taimar ne craignait pas le Culte. Il ne l’avait jamais fait, surtout qu’il considérait les prêtres, comme une classe dégénérée, impotente et aveugle. Leur règne avait amené la nation entière à connaitre la décadence et les humiliations.

Aux yeux du guerrier, il était vain de croire qu’on puisse arrêter la Grande Roue du Changement. Toute tentative dans ce sens pouvait que conduire à créer tensions insoutenables et destructrices. Hélas, c’était une opinion peu commune parmi ceux qui prétendaient diriger l’Empire. Toutefois, l’Histoire semblait déjà avoir exécutée sa vengeance, car le chaos généralisé avait emporté beaucoup de ces princes dans sa rage funeste.

Arriva alors le moment de la rencontre avec les Étrangers. Ces derniers arrivèrent depuis le Sud, accompagné par un grand nombre d’hommes et de femmes visiblement pas habitués au climat. Ils avançaient maladroitement, cherchant leur chemin sur un sol rocailleux et scrutant de leurs yeux toute trace de reptile ou d’arachnide.

L’interprète fut le même que la dernière fois et tentait de traduire aussi bien que possible les intentions de Lascarimille. Il ne suffisait pas de traduire mot par mot, mais il fallait présenter tout cela de manière à respecter les susceptibilités diplomatiques locales. Taimar, assis sur ce qui avait dû être jadis le socle d’une sculpture, écouta avec beaucoup d’attention et sans faire un geste.

On lui présenta par la suite les pièces d’or, rayonnantes et scintillantes dans une caisse conçue dans un métal exotique. Taimar ignora la cantinière, car il portait son attention presque exclusivement à son contenu. Il saisit une des pièces et l’observa avec attention. C’est alors qu’il répondit à l’interprète.

« L’or est bon et il pourra compter sur notre protection. »

Il attendit quelques secondes avant d’ajouter.

« Les éléphants en fer ? Il peut transporter ses biens avec ces machines. Rien ne peut aller plus vite qu’un cheval dans ces contrées. »

Il faisait visiblement référence à la nature rocailleuse du sol. Un camion à pleine vitesse allait inévitablement mal finir. Même la route impériale était dans un aussi mauvais état qu’il serait difficile de rouler à haute vitesse sans prendre des risques majeurs d’endommager le véhicule ou d’avoir un accident.


Avatar de l’utilisateur
Galcian
Messages : 334
Inscription : 20 mars 2020 15:03

Re: Colonia Lasmara

Message par Galcian »

... se glissent dans l'entrepont.

Image
Derrick exploratoires au Tarnosia

Ingénieur : Si ! Si ! Si ! Bravo ! Bravissimo !

L'ingénieur en charge de la prospection venait d'exulter. Dans un seau se trouvait un liquide grisâtre au sommet duquel flottait des iridescences. C'était leur troisième forage exploratoire, et voila qu'il donnait enfin raison à tous les efforts entrepris depuis le début, et confirmait l'instinct des géologues. Le forage n'était pas profond, le trépan s'était enfoncé d'à peine une centaine de mètres - soit une dizaine de raccords - et voila que la boue fluide injectée le long du forage afin de faire remonter les débris résultant du creusement remontait déjà des traces de pétrole.

Ingénieur : Joseph ! Joseph ! C'est bon, nous l'avons trouvé, c'est bon !

Joseph Lascarimille n'aimait pas qu'on l'appelle par son prénom, mais il décida de pardonner l'excès de familiarité à l'ingénieur due à son excitation.

Joseph Lascarimille : Qu'avez-vous trouvé ?

Ingénieur : C'est du pétrole, c'est sur ! En assez faible profondeur, le haut de la poche n'est pas à plus de 100 mètres sous la surface. Et la croute n'est pas spécialement dur, le trépan n'était même pas diamanté.

Sur ces mots, un gros bruits retentit dans leur dos. Des tubes de forages pliés retombaient sous une pluie fine de pétrole. Alors que les ouvriers remontant le trépan et les différents raccords, le pétrole sous pression dans la poche avait remonté le conduit, avait fini par expulser les derniers tuyaux encore présents, avant de jaillir dans le ciel Tarnois dans un spectacle des plus clichés.

Joseph Lascarimille : Et bien, je vois effectivement que c'est trouvé. Sécurisez-moi ça avant que quelqu'un y passe. Quand pensez-vous me donner des informations sur la qualité de la découverte ? Que je ne dise pas à l'exarque qu'on a trouvé du pétrole alors que c'est un pétrole trop lourd ou même simplement de la flotte sale.

Ingénieur : D'ici quelques jours je pense, mais je doute que ce soit autre chose que du pétrole. Et je pense même qu'il est assez léger. Peut-être pas au niveau Janubo-Marquesien, mais tout de même facilement exploitable.

Avatar de l’utilisateur
Galcian
Messages : 334
Inscription : 20 mars 2020 15:03

Re: Colonia Lasmara

Message par Galcian »

Image

De : S.A.I. Gontran-Flavien Palrodesca, Exarque de Colonia Lasmara
À : S.A.I. Rodolphe-Auguste Palrodesca, Empereur Rumagnolo di Cattavenna
Classification : Canal interne chiffré
Date : 29 novembre 2042

Très cher cousin,

Tu trouveras en pièce-jointe de ce courrier un rapport circonstancié sur les résultats des campagnes d'explorations pétrolières récemment conduites sous le patronage de Colonia Lasmara dans le sud de l'Empire du Tarnosia, à proximité de la cîté-état Rumagnola. Tu trouveras également tout un ensemble de documents techniques visant à détailler la qualité et le type d'hydrocarbure et enfin également une étude de viabilité économique.

Toutefois, je vais te faire ci-dessous un résumé succin de ces résultats : ils sont très bons.

Début novembre, les équipes de forages ont réussi à trouver du pétrole dans une zone située à moins de 150 kilomètres de la colonie. Après analyse des boues remontées lors du forage, il s'avère que ce pétrole est léger, d'un type similaire au pétrole Kärsais que l'on trouve en Janubo-Marquésie. Surtout, après étude sismologique poussée, il s'avère que les réserves sont très vastes - plusieurs milliards de barils - et que l'exploitation d'au moins une partie de ces réserves est assez techniquement simple même pour nos moyens technologiques limités car les champs affleurent la croute terrestre d'assez prêt, à moins de 200m de profondeur.

Néanmoins, le contexte politique et culturel local va très nettement compliquer l'exploitation de ces ressources. L'Empire Tarnois est en pleine désintégration institutionnelle, et la caste religieuse païenne locale, qui dispose d'une grande influence sur la population, condamne des plus fermement l'utilisation de technologie moderne, et par moderne, cela inclut même la métallurgie. Dès lors, et étant donné le différentiel démographique et si l'on désire que l'exploitation reste rentable, la sécurisation des sites d'exploitation semble impossible sans un changement de paradigme net au niveau de l'exercice local du pouvoir.

En l'état actuel de notre collaboration avec les indigènes, il est impossible d'envisager que l'aide du Clan de Taimar dépasse la protection actuellement offerte. Néanmoins, des rapports que me fait l'agent Lascarimille, l'homme est capable, ambitieux, pas effrayé le moins du monde par les tabous de sa société, et ses motivations sont conciliables avec nos intérêts. Selon lui, une collaboration nettement plus poussée et approfondie est possible, si jamais il devait pouvoir assurer l'exercice du pouvoir de manière plus directe et assumée sur la province qui nous intéresse. Je vous laisse discuter de cette possibilité avec votre état-major, mais il me semble qu'il y a ici matière à réflexion.

Je vous adresse, mon cousin, mes plus sincères et profondes salutations,

S.A.I. Gontran-Flavien Palrodesca, Exarque de Colonia Lasmara

Répondre

Revenir à « RP Public - Seigneurs de la Mer »