[RP] - Dans les coulisses du pouvoir

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Ramiro de Maeztu
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[RP] - Dans les coulisses du pouvoir

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Dans les coulisses du pouvoir



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L'entrée des voitures du palais de Mirasierra, siège du gouvernement du Royaume d'Alcalá et résidence officielle de la présidente de l'exécutif






Accompagnée de ses sempiternels gardes du corps à l'air patibulaire, la présidente du gouvernement du Royaume d'Alcalá, Nieves García de Salazar-Navascués (Parti libéral alcalègne, PLA), descend de sa voiture de fonction, dont la portière arrière gauche a été au préalable ouverte par un domestique en livrée. Elle se dirige vers les escaliers en face d'elle, consultant négligemment la presse nationale et internationale sur son téléphone portable. Les gorilles la suivent de quelques pas, regardant autour d'eux, la mine nerveuse, comme si un assassin pouvait se cacher dans le moindre recoin du palais de Mirasierra.
Au passage, la présidente du cabinet au pouvoir salue d'un hochement de tête les employés de ses services administratifs et politiques qui s'affairent dans les couloirs qu'elle traverse au pas de charge. L'on entend des conversations, des chuchotements, le frottement compulsif des stylos sur le papier, des sonneries de téléphone fixe ou portable, des secrétaires et des conseillers taper sur le clavier de leur ordinateur.

Arrivée au niveau d'un ascenseur imposant, la jeune femme jette un œil à sa montre tandis que l'un de ses gardes du corps passe un badge sur un lecteur et appuie sur le bouton d'appel. Quelques secondes plus tard, les deux portes s'ouvrent dans un léger bruissement et le cortège s'engouffre dans la cabine. L'un des gorilles attend que les portes ne se referment avant d'entrer le numéro de l'étage sur l'écran tactile à sa droite.
En moins d'une minute, l'ascenseur parvient à l'étage désiré, les portes s'ouvrent à nouveau et Nieves García, sans lever les yeux de son téléphone, avance dans un couloir aussi richement orné que les précédents. Quatre nouveaux gardes du corps s'ajoutent à la procession qui avance vite vers une antichambre. Sur leur passage, les domestiques en livrée ouvrent et ferment les portes battantes.
Une fois qu'elle a pénétré dans son secrétariat personnel, vaste pièce qui abrite une petite armée entièrement dévouée au service de la présidente de l'exécutif, cette dernière s'entretient à voix basse avec une femme d'une cinquantaine d'années qui a quitté son bureau à peine Nieves García avait-elle fait son entrée. Les gardes du corps laissent la femme s'avancer vers la double porte de son bureau, qui est ouverte par un autre domestique.

Le bureau officiel de la présidente est l'un des plus beaux d'un bâtiment qui regorge déjà de trésors de décoration, de superbes peintures et d'un mobilier historique patiemment réuni au fil des siècles. Elle jette négligemment son portable à côté de son ordinateur personnel, ôte sa veste légère, la pose sur un porte-manteau dans un coin et s'assoit dans un confortable fauteuil, derrière la table de style XVIIIe siècle. Elle soupire, ferme les yeux un instant puis rallume son ordinateur.
Alors qu'elle lit rapidement quelques-uns des messages électroniques qui lui ont été envoyés par ses services ou plusieurs ministres, le téléphone sur la droite sonne. Elle décroche sans perdre de temps :
"Madame García de Salazar-Navascués, je vous rappelle que vous avez rendez-vous avec le vice-directeur des services secrets dans un quart d'heure.
- Il est déjà là, Paloma ?
- Oui, madame. Nous le faisons patienter dans le Salon jaune.
- Pas la peine de le faire attendre plus longtemps. Envoyez-le-moi, histoire que je puisse en finir au plus vite et espérer achever ma journée avant vingt-trois heures cette fois-ci...
- Bien, madame."


Deux minutes plus tard, le domestique qui vient d'ouvrir la porte dit d'un air compassé et d'une voix assurée : "Monsieur Sanz Roldán, vice-directeur du Centre national des Renseignements !" La porte se referme derrière le laquais.
"Je vous en prie, assez-vous, Nicolás", dit la présidente en s'adressant à lui sans lever le regard d'épais dossiers qui traînaient sur son bureau.

Le vice-directeur s'exécute sans broncher. Nieves García de Salazar-Navascués impose, par son charisme naturel, un certain respect que même les plus anciens membres de l'administration nationale et les hauts gradés des forces armées n'osent pas braver. Elle est pourtant peu menaçante mais son ton sec et ferme, de même que ses yeux à la fois bienveillants et pleins d'autorité, ne laissent planer aucun doute sur l'importance de sa fonction et des responsabilités qui lui ont été confiées.
Dix minutes s'écoulent ainsi sans que la "Première ministre" ne dise un mot de plus. Absorbée dans un rapport sur l'état du réseau routier secondaire, elle ne prête même pas attention à son interlocuteur, qui ne sait pas comment réagir. C'est sa première entrevue avec la dirigeante depuis que cette dernière a pris possession de son poste et il cherche à la jauger tout en évitant un impair.

Subitement, Nieves García appuie sur un bouton de son téléphone fixe.
"Oui, madame ? - demande une voix pincée à l'autre bout de la ligne.
- Vous me ferez apporter une bouteille d'eau gazeuse et un verre.
- Naturellement, madame".

Deux minutes passent, interminables. La présidente du gouvernement ne pipe mot, toujours aussi concentrée sur sa paperasse, jusqu'à ce qu'un domestique entre en trombe, un plateau à la main. L'air guindé, il dépose délicatement une bouteille d'eau gazeuse et un grand verre à côté de la jeune femme, débouche le récipient et verse un peu du liquide crépitant et bruyant avant de prendre congé.
Nieves García boit lentement quelques gorgées avant d'entamer la conversation :
"Vous deviez m'apporter, je crois, un rapport détaillé de nos activités de contre-espionnage sur la dernière année.
- Tout à fait, Excellence. Le voici - répond l'homme en lui tendant une chemise à moitié remplie.
- Merci, Nicolás. Je le lirai à tête reposée. Que pouvez-vous me dire en guise de résumé ?"


Le vice-directeur du Centre national des Renseignements se racle la gorge avant de répondre, presque apeuré :
"J'ai pris soin d'imprimer et de placer en début de dossier un résumé de deux pages. Je souhaitais aborder un autre sujet.
- Ah oui ? Lequel, Nicolás ?
- Vous n'êtes pas sans avoir que nous recevons dernièrement des informations inquiétantes de la part de certains groupuscules potentiellement terroristes dans le nord du pays.
- Oui, j'en ai eu vent. S'agit-il vraiment d'un souci majeur ? Y a-t-il un danger pressant ?
- Pressant, certes non, Excellence - rétorque l'interlocuteur, toujours aussi indécis quant à l'attitude à adopter.

- Pourquoi donc vouloir m'en parler à tout prix ?
- C'est une demande de madame la directrice Inés Vega. Elle m'a chargé de vous remettre ce fascicule spécifique pour que vous puissiez prendre connaissance de l'état de nos recherches à l'heure actuelle.
- Très bien, donnez-moi ça, je le consulterai également en temps voulu. Vous pouvez disposer."

Interloqué, le vice-directeur proteste faiblement :
"Mais, Excellence, ne voulez-vous pas que je vous en touche quelques mots avant ? C'est ce que votre prédécesseur préférait et...
- Je ne suis pas mon prédécesseur, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, Nicolás - répond sèchement Nieves García en lui coupant la parole. Comme je vous le disais, vous pouvez disposer, j'ai encore du pain sur la planche.
- Très... Très bien, Excellence. Si vous avez besoin de mes lumières...
- Oui, je saurai où vous trouver - dit la présidente, accompagnant son propos d'un geste de la main. Bonne fin de journée, Nicolás.
- À vous aussi, Excellence".


Décontenancé et passablement agacé, Nicolás Sanz Roldán quitte la pièce en réajustant sa cravate.




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Nieves García de Salazar-Navascués, présidente du gouvernement du Royaume d'Alcalá, lors d'une séance de photographies accompagnant une entrevue pour un site en ligne
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