Activités internes - Nistrova frumoasă

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Alexei
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Activités internes - Nistrova frumoasă

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Ici seront postées tous les RPs relatifs aux activités internes de Nistrovie, utilisables sur demande ou si indiqué expressément.
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Re: Activités internes - Nistrova frumoasă

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(Faible) résistance
Palais présidentiel, Tighinău, Nistrovie

27 februarie 2041

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« Enculés de romanos ! », un gros boom se fit entendre dans le bureau de Pavel Timofti, le très impotent président de la République de Nistrovie. Nadejda, sa secrétaire, comprit que les nouvelles n'étaient pas bonnes lorsqu'elle entendit le journal, qui venait de lui être apporté, s'écraser sur la porte en bois qui les séparait. La jeune femme, récemment entrée au service du chef d'Etat, avait vu ces crises de rage devenir de plus en plus fréquentes au cours de ces derniers mois, si bien qu'elle n'y prêtait plus attention désormais. Nonobstant, celle-ci semblait beaucoup plus violente que d'habitude, et Nadejda le comprit - à ses dépends - lorsque la porte s'ouvrit violemment, laissant apparaître son patron en furie, qui se mit à lui vociférer.


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Pavel Timofti, président de la République de Nistrovie

Pavel Timofti
Président de la République
« Nadejda ?! Convoquez immédiatement messieurs Voronin et Ureche... vous m'avez entendu ?! Maintenant ! »

Terrifiée, la jeune secrétaire s'était saisi du téléphone alors que le chef d'Etat avait claqué la porte. Quelques minutes plus tard, les deux hommes en question arrivèrent quasi-simultanément, visiblement angoissés par cette convocation imprévue. Toquant timidement à la porte, Victor Voronin et Ion Luca Ureche obtinrent un « ENTREZ ! » aussi exaspéré qu'inquiétant.


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Ion Luca Ureche, conseiller spécial de Pavel Timofti

Ion Luca Ureche
Conseiller spécial de Pavel Timofti
« Avez-vous besoin de quelque chose monsieur le président ? »

Souriant d'un air bonhomme, le vieux politicien fut surpris de se prendre la dernière édition du Timpul en pleine face, sous le regard inquiet, quoique amusé, de Victor Voronin.

Pavel Timofti
Président de la République
« Oui ! J'ai besoin de savoir POURQUOI je suis toujours le dernier à être au courant de tout. Figurez-vous que le tas de merde de youpin qui me sert de premier-ministre n'a même pas pris la peine de me prévenir... monsieur Voronin, par pitié, dites quelque chose. »

Visiblement épuisé par son coup de colère, le président se laissa tomber dans son fauteuil tout en se passant machinalement la main sur le front, en sueur. Ion Luca Ureche accourut immédiatement servir un verre d'eau au chef d'Etat.


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Victor Voronin, directeur du Serviciul de Informații și Securitate (SIS)

Victor Voronin
Directeur du Serviciul de Informații și Securitate (SIS)
« A ma connaissance, monsieur le président, le général Stoian n'a subi aucune pression, que ce soit des Valdaques ou d'Avram Șor. Néanmoins, nous continuons à creuser. Il est vrai que sa lettre de démission est assez étrange, et qu'elle semble préparer le terrain pour la nomination de Valeriu Pasat et donc, par extension, pour l'installation de troupes valdaques ici. »

Pavel Timofti, qui avait bu d'un trait le verre d'eau apporté par son conseiller spécial, se releva, toujours aussi furibond.

Pavel Timofti
Président de la République
« Vous avez sérieusement besoin de "continuer à creuser" pour comprendre ce qu'il se passe ? C'est limpide pourtant ! Une fois que cet empaffé d'Ursachi aura foutu ses petits soldats ici, nous perdrons totalement notre indépendance. Nous sommes à deux doigts d'être annexés, et on dirait que je suis le seul connard qui s'en rende compte ! »

Ion Luca Ureche
Conseiller spécial de Pavel Timofti
« Mais nous le savons autant que vous, monsieur le président. C'est juste que nous n'avons pas les moyens institutionnels et juridiques pour remettre en cause la politique de Șor... »

Pavel Timofti se tourna vers le chef de ses services de renseignements, qui restait droit comme un "i".

Pavel Timofti
Président de la République
« Justement... et si nous usions d'autres moyens ? Des moyens moins... "prévisibles", disons. Monsieur Voronin, est-ce envisageable ? »

Victor Voronin
Directeur du Serviciul de Informații și Securitate (SIS)
« Croyez-moi, je rêve autant que vous de botter le cul du Yiddish et de foutre les romanos dehors. Mais je ne peux pas vous garantir que ça marche, ou que cela ne sera pas sans conséquence. »

Pris d'un éclair de génie, le président jeta un regard sournois à son maître-espion.

Pavel Timofti
Président de la République
« Vous croyez que vous pourriez le faire tuer ? »

Les deux invités furent surpris par la demande du chef d'Etat. Soudain, Ion Luca Ureche éclata grassement de rire.

Ion Luca Ureche
Conseiller spécial de Pavel Timofti
« Hahahahaha, très drôle ! Et après on ferait disparaître son corps dans un bain d'acide, hahaha ! »

Pavel Timofti lança un regard noir à son conseiller "spécial".

Pavel Timofti
Président de la République
« Ce n'était pas une blague, Ion. »

Victor Voronin
Directeur du Serviciul de Informații și Securitate (SIS)
« C'est faisable, mais nous devons maquiller ça en accident, et nous assurer que quelqu'un de plus "fidèle" le remplace. Mais, encore une fois, je crains que les Valdaques le comprennent et réagissent mal. »

Pavel Timofti
Président de la République
« Alors faites-le, et faites-le bien. Cela fait des mois, voire des années, que je suis réduit au silence. Je n'en peux plus de voir ce trouduc d'Ursachi venir ici comme bon lui semble pour se comporter comme si il était chez lui. On doit leur envoyer un message clair : si vous nous faites chier chez nous, on vous flingue. C'est pas plus compliqué que ça. Il est temps de lutter pour notre liberté et notre indépendance. »

Sceptique, le chef du SIS opina toutefois de la tête, fidèle à son président, avant de tourner les talons et d'exécuter ses ordres. Ion Luca Ureche était resté au milieu de la pièce, la bouche à moitié ouverte, ne revenant toujours pas de ce qu'il venait d'entendre.

Ion Luca Ureche
Conseiller spécial de Pavel Timofti
« Je... vous... vous n'êtes pas séri-... »

Pavel Timofti
Président de la République
« Si vous dites encore un mot, vous êtes viré, c'est clair ? Sortez maintenant. »
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Re: Activités internes - Nistrova frumoasă

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Papier toilette
Palais présidentiel, Tighinău, Nistrovie

26. Septembrie 2041

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Cela faisait un peu plus de deux semaines maintenant que les rues de la capitale nistrove étaient agitées par des manifestations quotidiennes. Pendant toute la journée les Dobrogèves (valdacophones) donnaient de la voix, appelant à grands coups de mégaphone et de banderoles à la démission du président de la République... à deux mois des élections. Pour Pavel Timofti, l'ensemble de son cabinet et ses conseillers du Parti des Travailleurs (communiste) et du Parti des socialistes, cette contestation était forcément pilotée de l'extérieur. De Valdaquie ? Pour sûr.

Ce matin-là, le chef d'Etat avait mal dormi et affichait la tête des mauvais jours. Soumis à une pression constante, de plus en plus forte, il était régulièrement réveillé par les feux d'artifice et les pétards lancés par les manifestants, qui campaient juste en face du Palais présidentiel, de 21 heures à trois heures du matin. Et pour ne rien arranger, Pavel Timofti souffrait de diarrhées aiguës. Dans un état de stress permanent, il n'arrivait plus à y voir clair et prenait des décisions plus absurdes les unes que les autres : il avait proscrit toute sortie du personnel permanent du palais présidentiel par crainte que quelqu'un se fasse lyncher, dehors. Ordonner à la police de disperser la foule ? Impossible. Les esprits étaient tellement échaudés que toute réaction violente pourrait causer sa perte. Il ne lui restait qu'un seul choix...

Le mot "démission" tournait inlassablement dans la tête présidentielle, et ce jusque dans les toilettes de son palais où il faisait la grosse commission pour la quatrième fois de la matinée. Quel serait son destin ? Renoncer à l'exercice du pouvoir de manière plus ou moins honorable ou rester barricadé dans ses W.C en espérant que les manifestants valdacophones ne viendraient pas l'y chercher ? Il arracha les cinq dernières feuilles de papier toilette puis remonta son pantalon avant de tirer la chasse d'eau et de se laver les mains. Alors qu'il était prêt à se saisir d'un stylo et à coucher les mots fatidiques sur le papier, une désagréable surprise se présenta devant lui. C'était Nadejda, sa jeune secrétaire, qui avait un pli à lui remettre.

Nadejda Garipova
Secrétaire du président Pavel Timofti
« Monsieur le président, c'est pour vous. Elle vient d'Albarea et est signée "Petru Ursachi"... »

Sans un mot, le président Timofti se saisit de la lettre alors que Nadejda tournait les talons. Cela faisait quelques mois qu'elle supportait les crises de colère de son patron et elle savait qu'il ne valait mieux pas rester dans les parages lorsqu'elles survenaient. Le chef d'Etat vint s'asseoir derrière son bureau, la boule au ventre, avant d'ouvrir l'enveloppe et de lire la missive valdaque.

Pavel Timofti
Président de la République
« Putain ! Alors là c'est le bouquet... cet enculé d'Ursachi... de quel droit se permet-il de me donner des ordres ?! Il va voir ce que je vais en faire de sa lettre à la con. »

Exaspéré, il saisit un briquet quand Ion Luca Ureche, son conseiller spécial, pénétra dans son bureau, en sueur.

Pavel Timofti
Président de la République
« On vous a jamais appris à frapper ?! »

Ion Luca Ureche
Conseiller spécial de Pavel Timofti
« Pardonnez-moi de vous déranger, monsieur le président, mais les nouvelles ne sont pas bonnes. Les Carabinieri (gendarmes) de Camenca ne répondent plus. On dit qu'ils se sont ralliés aux manifestants pour exiger votre... démission. »

De manière surprenante, Pavel Timofti éclata d'un rire à la fois puissant et gênant. Visiblement, les Valdaques ne prendraient même pas la peine d'attendre sa réponse - qui ne serait de toute façon jamais arrivée - pour avancer leurs pions.

Pavel Timofti
Président de la République
« Et ça vous surprend ? Ne vous avais-je pourtant pas dit que les espions d'Ursachi entraient dans notre pays comme on entre dans une pute ? Ne vous en faites pas, j'ai bien compris leur petit jeu. Si je démissionne, ils mettront ma tête sur une pique et la baladeront dans toute la capitale. Si ce putain de tzigane veut la guerre, alors il l'aura. »

Ion Luca Ureche s'essuya le front avec un petit mouchoir de poche tout en observant le président nistrove. Celui-ci était plongé dans ses pensées : seuls les gargouillis de son estomac malade venaient troubler, de manière assez ridicule, le silence glacial qui enveloppait la pièce.

Pavel Timofti
Président de la République
« ...alors ?! Pourquoi vous restez planté là ?! Vous n'avez rien d'autre à me dire ? Où est Voronin (le chef des services de renseignement) ? »

Ion Luca Ureche
Conseiller spécial de Pavel Timofti
« Ah, oui, je devais vous en parler aussi, monsieur le président... Victor Voronin est introuvable, sa famille ne l'a pas vu depuis deux jours. »

Pavel Timofti
Président de la République
« Je vois... ils l'ont donc kidnappé... »

Ion Luca Ureche
Conseiller spécial de Pavel Timofti
« ...qui ça, monsieur le président ? Vous savez quelque chose ? »

Pavel Timofti
Président de la République
« Qui ? Les extraterrestres, bien évidemment ! Petru Ursachi m'a envoyé une lettre à l'instant, lisez vous-même. »

Le conseiller "spécial" saisit le document et le lut en diagonale. D'un air dubitatif, il la redonna à son chef.

Ion Luca Ureche
Conseiller spécial de Pavel Timofti
« Si je puis me permettre, cela ne ressemble pas vraiment à une déclaration de guerre. Vous croyez que les Valdaques sont impliqués ? »

Pavel Timofti
Président de la République
« C'est limpide : depuis la mort du youpin (Avram Șor) ils se servent de Pasat pour m'éliminer. Mais ça ne se passera pas comme ça, vous pouvez me croire ! »

Ion Luca Ureche
Conseiller spécial de Pavel Timofti
« Je ne sais pas quoi dire, monsieur le président... peut-être qu'ils ont raison au fond ? Vous êtes à à peine deux mois des élections présidentielles. Si vous partez, peut-être que les choses se calmeront... »

Le président était devenu livide, non pas à cause des paroles de son conseiller, mais parce que son ventre lui faisait à nouveau un mal de chien. Il sentait qu'il devrait retourner au petit coin sous peu.

Pavel Timofti
Président de la République
« Il en est absolument hors de question ! Je ne laisserais pas Ursachi m'humilier et humilier la Nistrovie, vous m'entendez ? Maintenant dégagez si vous n'avez plus rien à me dire. »

Sans attendre que son interlocuteur se soit remis de cette gueulante, le président quitta son bureau d'un pas rapide et mal assuré, toujours avec la lettre de Petru Ursachi en main. En sortant, il se tourna vers sa secrétaire avant de lui ordonner, de manière fébrile et pressante.

Pavel Timofti
Président de la République
« Nadejda ?! Appelez la préfecture et dites-leur de virer les ordures qui me pourrissent la vie depuis la rue. Ça fait trop longtemps qu'ils me font chier : à partir d'aujourd'hui nous rendrons coup pour coup. »

La secrétaire acquiesça et s'empara de son téléphone. Pavel Timofti traversa le couloir en courant et, alors qu'il était à deux doigts d'atteindre le point de non-retour, enfonça la porte des toilettes pour poser promptement son derrière sur le trône. Deux minutes plus tard, il poussa un soupir de soulagement avant de se rendre compte qu'il ne restait plus de papier toilette. Dépité, il tourna son regard vers sa main gauche qui tenait encore la lettre de Petru Ursachi, désormais toute froissée. Il esquissa alors un sourire et murmura : "voilà ce que j'en fais de ta lettre et de ton 'amitié', Ursachi".
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Re: Activités internes - Nistrova frumoasă

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Chaos Theory
Boulevard Ștefan cel Mare, Tighinău, Nistrovie

29. Septembrie 2041

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Tighinău était en feu. Des détonations retentissaient aux quatre coins de la capitale nistrove ; des gyrophares braillaient jour et nuit sans interruption ; des cris, parfois de douleur, souvent de haine, s'élevaient à toute heure de la journée vers le ciel gris d'automne qui demeurait impassible devant le chaos qui s'étalait sous ses yeux. Comment aurait-il pu le voir, de toute façon ? Depuis deux jours, une fumée noire, chargée de colère et d'espoir, cachait la lumière du soleil. La capitale nistrove était méconnaissable, en un temps record elle s'était transformée en enfer : des flammes d'un rouge intense se dressaient sur les voitures calcinées tandis que des manifestants étaient fauchés impitoyablement sur leurs barricades par les balles en caoutchouc des policiers. Dans ce petit centre-ville, qui était devenu le point de ralliement des manifestants de tout le pays, le temps semblait s'être arrêté : les paroles ayant laissé la place aux actes quand les mots s'étaient mués en cris.

Dans cette ambiance apocalyptique, un homme de grande taille se frayait calmement un chemin entre les révolutionnaires. Un masque à gaz sur le visage et une grande mallette à la main, il semblait totalement étranger à son environnement. Quand des hommes l'interpellaient, il ne répondait pas. Quand quelqu'un se mettait en travers de sa route, il l'écartait avec assurance de sa main libre. Alors qu'il arrivait à l'épicentre de l'émeute et que les cordons policiers se faisaient plus visibles, il embraya tout de suite sur sa gauche, se dirigeant vers un immeuble d'habitation, qu'il semblait connaître par cœur. A l'aide d'un badge, il en déverrouilla la lourde porte d'entrée et s'engouffra dans l'ascenseur. Il retira son masque, laissant apparaître un visage dur et une chevelure mi-longue qui lui tombait sur le front. Arrivé au dernier étage, il marcha vers la porte en face de lui qu'il ouvrit à l'aide d'une clef affublée d'un drôle d'aigle. L'appartement était entièrement vide, aucun meuble ne s'y dressait à l'exception d'un fauteuil confortable. Jetant un coup d’œil circulaire après avoir pris soin de refermer la porte, il se dirigea machinalement vers le siège avant de le tirer vers la fenêtre pour s'y asseoir.

L'homme saisit ensuite son téléphone jetable pour envoyer un SMS très bref. Il posa sa lourde mallette sur ses genoux et l'ouvrit. Un fusil de précision PSL, en pièces détachées, apparut devant ses yeux inexpressifs. Sans perdre une seconde, il composa son funeste puzzle sans aucune hésitation, comme si ses grandes mains gantées étaient faites pour ça. Une fois son oeuvre achevée, il y fixa sa dernière pièce : un cache-flamme, pour ne pas dévoiler sa position. L'homme jeta un regard à la rue, où le brouillard de gaz lacrymogène commençait peu à peu à s'évanouir. Sa poche vibra, c'était son portable. Après en avoir ouvert le clapet pour consulter le message qu'il venait de recevoir, il le brisa en deux. Il ouvrit ensuite la fenêtre pour le laisser tomber négligemment dans la rue en contrebas et pour y poser le bipied de son fusil. Il colla son œil droit à la lunette tout en ouvrant légèrement sa bouche pour amortir le différentiel de pression qui s'opérerait lorsque la balle de 7,62 millimètres partirait. Enfin, il tira le chien de son arme.

Il dirigea d'abord le canon de son fusil vers un groupe de policiers antiémeute. Il en sélectionna un et posa son index sur la détente... avant de changer d'avis et d'orienter le PSL vers des manifestants perchés sur une barricade. Il en choisit un, visiblement un jeune homme coiffé d'un vieux casque militaire et armé d'une barre en fer. L'homme prit une légère inspiration et appuya sur la détente. Le coup de feu claqua tel un coup de fouet qui fit chuter le jeune révolutionnaire sur le bitume, sous le regard médusé de ses camarades qui se jetèrent à plat ventre. Le mystérieux tireur visa ensuite un autre groupe situé à une trentaine de mètres du premier. En une fraction de secondes, un autre homme s'écroula, mortellement touché à la gorge. Il réitéra une dernière fois l'opération en pointant le canon de son arme vers une jeune femme qui revêtait un brassard blanc frappé d'une croix rouge - une infirmière des rues visiblement. Ses cheveux étaient d'un brun intense, ses yeux (cachés derrière des lunettes de ski) étaient verts. Elle était belle. L'homme hésita quelques secondes. La culpabilité qui l'envahissait l'empêchait d'appuyer sur la gâchette, pendant un temps, il était redevenu un être humain.

Mais la mission était plus importante. S'il ne le faisait pas, quelqu'un d'autre le ferait à sa place. Alors il tira la culasse de son fusil, reposa son index sur la détente et la pressa de toutes ses forces avant de voir son innocente victime être projetée violemment sur son flanc droit. Un homme se jeta sur elle, il lui asséna des claques pour tenter de la réveiller. Il se mit à pleurer et appela à l'aide de toutes ses forces lorsqu'il se rendit compte que ses mains étaient couvertes du sang de sa fiancée, tout en coulant doucement sur le béton. Le sniper anonyme passa plusieurs secondes à observer la scène, impassible, avant de refermer la fenêtre et de démonter sa machine de mort pour la remettre de son étui, qui ressemblait à s'y méprendre à un cercueil désormais. Quand il se leva, il ramassa les trois douilles qui gisaient sur le sol pour les mettre dans un petit sachet en plastique. Son méfait accompli, il ferma la porte à clef comme si de rien n'était en partant. Une fois dans la rue, il ne prêta pas attention aux cris, aux pleurs, aux détonations et aux sirènes d'ambulance qui agressaient ses oreilles. Tighinău était en feu, et le brasier n'était pas près de se calmer.
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Re: Activités internes - Nistrova frumoasă

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Táltos
Asile psychiatrique abandonné, environs de Tighinău, Nistrovie

02. Octombrie 2041

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Vladimir Voronin fut réveillé par le fracas d'une lourde porte métallique. Revêtu d'une camisole de force qui entravait ses mouvements, le chef des services de renseignement nistroves eut énormément de mal à se mettre sur ses deux jambes. Malgré l'obscurité dans laquelle il baignait, il put deviner la taille de la pièce où il se trouvait (moins de dix mètres carrés) et distinguer des capitons sur les murs. Il ressentait une douleur lancinante derrière ses yeux, ses jambes âgées peinaient à supporter son poids. Après quelques secondes d'adaptation à son environnement, il comprit avec effroi qu'il était retenu prisonnier dans un asile d'aliénés, visiblement désaffecté. Pris d'une sourde panique, il hurla de toutes ses forces, se précipitant vers la porte d'où jaillissaient quatre petits traits de lumière naturelle. Il tambourina dessus avec ses épaules, probablement dans l'espoir de la défoncer, en vain.

Éreinté par ces efforts (et cette terreur) soudains, il fit un malaise et s'écroula sur le sol craquelé de sa cellule, ses cris étant devenus de sourdes complaintes. Il ferma les yeux et dû s'assoupir plusieurs minutes car il n'avait pas entendu son geôlier venir ouvrir la porte de sa cellule. La lumière du soleil qui avait subitement envahi cette dernière l'aveugla instantanément et l'empêcha de voir son kidnappeur, qui était semblable à une ombre. Il ne put que distinguer sa grande taille et ses épaules carrées, des cheveux mi-longs tombaient sur les côtés de sa tête. Vladimir Voronin tenta de crier quand l'homme vint vers lui, mais aucun son ne s'échappa de sa bouche qui se retrouva bâillonnée à l'aide d'un vieux tissu. Le kidnappeur le releva ensuite avec une aisance surprenante et vint le poser avec assurance sur une chaise roulante avant de lui attacher les jambes avec une corde solide.

Ils se mirent ensuite en route dans les couloirs de l'hôpital psychiatrique abandonné. Les roues usées de la chaise roulante émettaient un grincement terrifiant, seuls les piaillements de quelques oiseaux venaient troubler le silence pesant qui enveloppait le bâtiment. Le sol était jonché de saletés, les carreaux des fenêtres étaient brisés, les murs étaient maculés de tags incompréhensibles. Vladimir Voronin rassembla ses dernières forces pour tenter de se débattre et de s'échapper ; le geôlier, sûr de lui, n'y prêtait aucune attention et continuait son chemin dans les sinistres couloirs de l'asile. Ils arrivèrent à l'accueil où la porte était grande ouverte. Vladimir Voronin sentit des larmes de désespoir et de frustration lui aveugler les yeux : elle était là la liberté, à seulement une dizaine de mètres. Soudain revigoré par une montée d'adrénaline inespérée, le vieil homme parvint finalement à arracher ses liens et se mit à courir vers la sortie sous le regard médusé de son kidnappeur. Encore quelques foulées et son cauchemar prenait fin ! Il sentait déjà le soleil réchauffer son visage et l'air pur s'engouffrer dans ses poumons : ça y est, il était libre !

Vladimir Voronin rouvrit les yeux. La chaise roulante continuait d'émettre son petit grincement et ses jambes y étaient encore ligotées. Le chef des services secrets nistroves se mit alors à sangloter comme une fillette, essayant d'implorer son agresseur à travers le bâillon qui entravait les mouvements de sa bouche. Quelques mètres plus loin, les deux hommes pénétrèrent dans le réfectoire où il ne restait qu'une petite table sur laquelle était posé un ordinateur portable. Un grand drap blanc couvrait l'un des murs, qui faisait face à... un caméscope ? Vladimir Voronin comprit : il n'était en fait qu'un otage et vue son importance, il ne faisait aucun doute que le gouvernement ne le lâcherait pas. Cette perspective le rasséréna et ses sanglots s'interrompirent aussi vite qu'ils avaient commencé. Le kidnappeur s'arrêta, il tourna la chaise face à la caméra et dos au drap blanc. Vladimir Voronin put enfin voir à quoi ressemblait son agresseur : il était habillé d'une veste de cuir et d'un jean, ses yeux étaient d'un noir de jais et son visage inexpressif. Il ne parlait pas et faisait même comme si Vladimir Voronin n'existait pas. L'homme tira une cagoule de sa poche et attacha un brassard rouge à son bras gauche. Il alluma le caméscope avant de venir se placer à côté de son prisonnier.

« Il y a trois jours, le président Timofti ordonnait à sa police de tirer sur des manifestants désarmés en plein cœur de Tighinău. Si nous, héritiers du Parti communiste d'Unité prolétarienne et défenseurs inexpugnables de la pensée de Vasile Tudor n'adhérons aucunement à leurs revendications factices et instrumentalisées par les services secrets valdaques, nous estimons que Pavel Timofti a dépassé les bornes. Le capitalisme se meurt en Nistrovie ; notre pays a atteint le point de non-retour. Dans le but de libérer les travailleurs nistroves, nous, communistes, retenons prisonniers Vladimir Voronin, chef des services de renseignement du pays et allié de Pavel Timofti. Celui-ci vous sera rendu sain et sauf si vous acceptez les revendications qui vont suivre : retrait des forces armées et de polices de Pridnistrie, libération des prisonniers politiques communistes [...] », l'homme récitait ces mots d'une voix grave et déterminée, sans la moindre hésitation, de manière quasi-mécanique. Son discours dura encore cinq minutes puis, dès qu'il eût fini, tira de son jean un pistolet de 9 millimètres qu'il posa sur la tête de Vladimir Voronin avant de reprendre : « Vous avez une semaine. Si ce délai n'est pas respecté, nous considérerons que vous avez déclaré la guerre aux travailleurs nistroves. Cette guerre, vous la perdrez et Vladimir Voronin serait alors le premier à en subir les conséquences ».

Son arme toujours en main, il alla couper la caméra et retirer sa cagoule tout en jetant négligemment son brassard rouge par terre. Il prit alors la carte mémoire du caméscope et la connecta à un ordinateur portable. Il lui fallut cinq longues minutes pour télécharger la vidéo sur son l'appareil. Ensuite, il tapota rapidement sur le clavier et fit un clic gauche sur le pad. Il revint alors vers Vladimir Voronin et lui enleva son bâillon : « Félicitations, dans quelques heures vous ferez la une de tous les journaux du pays », affirma-t-il sans la moindre émotion.
« Qui... qui êtes-vous ? Vous êtes avec les communistes ? J'ai beaucoup de... de contacts avec eux, si vous me libérez je pourrais faire passer votre message plus rapidement », répondit l'otage en reprenant son souffle, d'une voix fébrile. « Ne vous inquiétez pas, je pense que le message est bien passé. En revanche, je ne crois pas que je vous libérerais », poursuivit-il avec une froideur terrifiante tout en posant son arme sur la joue de Vladimir Voronin. « Que voulez-vous dire ?! Vous... vous ne pouvez pas me tuer maintenant ! Vous leur avez donné un délai de sept jours ! Qui êtes-vous ?! ». Vladimir Voronin comprit que l'homme qui lui faisait face n'était pas un communiste, et qu'il allait le tuer.

« Je m'appelle Táltos ». Alors que Vladimir Voronin était de nouveau pris de panique et tenta de se débattre en poussant un hurlement, Táltos appuya sur la détente. La cervelle du chef des services de renseignement nistroves vint s'étaler sur le drap blanc derrière lui, son visage fut déformé par l'impact de la balle. Sans jeter un regard à sa victime, le tueur tourna les talons pour prendre ses affaires et quitter les lieux.
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