Fenêtre sur le pays

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Zaldo
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La vie au milieu des champs (43).
18 avril 2045,

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Des cavaliers passant devant une cage de fer (Nord-ouest du royaume).


A l'automne, la fureur d'Aðísla IV de Þyriland contre la ville de Valborg se réveilla tel un ancien volcan. Ses hommes partirent bientôt à l'assaut des murs et en ravagèrent sauvagement les faubourgs, sans montrer la moindre merci. Effrayés, les bourgeois assistèrent impuissants au massacre de la milice et se terrèrent prudemment derrière les hautes murailles.

Accablé par les semaines de siège, un vieux marchand, sage et aimé, sortit un matin implorer l'ogresse au nom du Seigneur Jésus Christ. Ne l'écoutant point, celle-ci le ligota et l'emmena en sa vénérable motte. Valborg s'apitoya et une grande peine la traversa. Plusieurs bourgeois maudirent le nom d'Aðísla sur cent générations et jurèrent de se venger. D'autres voulurent appeler les écorcheurs à l'aide !

L'agenouillant dans la salle du trône, la seigneuresse dépouilla rudement son captif et en donna les pièces d'or à ses serfs qui chantèrent aussitôt les louanges de leur belle et bonne dame. De part ses habillements et ses richesses, l'homme ne fut guère un simple colporteur mais de l'odieuse, impitoyable et maudite race des usuriers. Peut-être en était-il même le chef !

Rusée, Aðísla fit mander un messager et réclama une riche rançon de cent-cinquante-mille pièces d'or aux guildes du bourg. Ces dernières, cependant, ne consentirent point à se délester d'une telle somme et abandonnèrent leur ami à la fureur de la loi : dura lex, sed lex. L'usurier fut donc enfermé dans une étroite cage en fer et amené au milieu des landes pour y être délaissé. Nul ne sut ce qui l'emporta : la soif ? La faim ? Le froid ? La maladie ? La miséricorde d'un chevalier errant ?

A ce jour, les voyageurs de passage scrutaient avec effroi l'affreuse dépouille et constataient ce qu'il en coûtait de se croire plus rusé et de ne pas humblement se plier aux bonnes coutumes interdisant l'usure.
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Le Thorval en un clin d’œil.
« Il faut pardonner à ses ennemis mais pas avant de les avoir pendus. » Proverbe thorvalois.

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Zaldo
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La guerre sans fin (21).
24 avril 2045,

Au cours de la nuit, de vaillants espions, loyaux à la Reine, l'avisèrent des derniers gestes de ses ennemis du temps : le Jarl Kristján VI de Flagðheimr et la Seigneuresse Aldviðr de Hraunvangr. Deux tenaces adversaires l'empêtrant depuis bien trop longtemps dans une rude et impitoyable guerre féodale. Si bien que Marie ne les apostrophait plus que par maints jurons comme :

« fol coquart », « estron di chien », « paillart », « putain defolee », « lecheresse » et « louve puante ».

Les espions lui contèrent de quelle manière les dits félons avaient assemblé une armée, et s'étaient vélocement enfoncés dans les plaines de Glitnir, y causant maints ravages et amassant un vaste butin au sein duquel l'on trouvait des croix d'autel, des croix de procession, des calices, des ciboires, des bougeoirs, des châsses à reliques, des tapisseries, des tonneaux de sel, des peaux et des pièces d'argent. En une seule campagne, les ennemis du trône étaient, par le pillage, devenus prodigieusement riches. Alourdis de leurs rapines, ils campaient dorénavant à l'orée du Vægðvöllr et ne pouvaient guère en repartir aussi vite qu'espéré.

La suzeraine réunit aussitôt son concilium et édifia la stratégie de bataille avec ses capitaines. Cette dernière consistait à rejoindre l'adversaire, à le piéger en territoire hostile et à l'encercler afin de ne lui laisser d'autre choix que d'accepter le combat. Ǫrn IV d'Eirland, allié de Marie, fut également présent. De son coté, le Chancelier royal Markus fut nommé « Seneschal » pour tenir la place de la Reine en son absence.

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L'ost royal partant à la guerre : un capitaine
essayant d'organiser la marche de la piétaille.


Trois jours plus tard, une troupe de cinq-cents guerriers, bannières rouges levées, sortit de la forteresse et marchaient en direction de Vægðvöllr. Il fallait se hâter afin de surprendre les félons. Portant l'épée, vêtue de son armure et d'un camail sur le chef, Marie chevauchait à la tête de l'ost au coté du Roi Lofarr, de son oncle Bjǫrn, de son écuyer Valdríkr et d'une demi-vingtaine de Járnmærar [Vierges de fer]. Les légats étrangers, ceux du Shogunat, du Saint Père et du Vinland, écrivaient, quant à eux, fébrilement à leurs pays à propos d'une grande bataille au mois de mai.
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Le Thorval en un clin d’œil.
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Zaldo
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Les lettres de Loretta (1).
30 avril 2045,

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30th of April 2045

Nous avons aujourd'hui franchis les marches sud sud-ouest du Thorval. Le nombre de châteaux déjà rencontrés est fort impressionnant mais l'impératrice a délibérément choisit de ne pas s'assoir à la table des différents seigneurs car autrement, jamais nous n'arriverons à destination qui exige encore trois bonnes semaines de voyage. Les villages sont en bois ou en torchis et les toits en chaume. Les champs et les jardins sont absolument partout et j'ai aussi vu des cahutes longues ! Comme en Owawa !

Notre convoi consiste en trois chariots accompagnés de quatre sommiers (chevaux) portant nos affaires. L'on m'a conseillé de ne garder que le nécessaire pour écrire et de passer un bliaud au goût des Thorvalois. Héhé.

Quant à notre escorte, elle se compose de quinze forts guerriers peu commodes. Ils arborent un surcot blanc flanqué d'une croix bleue latine. Ils paraissent aguerris et semblent à l'évidence avoir connut leur lot d'escarmouches, de raides et d'embuscades. Ils appartiennent aux Freres Crestiens du Sanct Nom et sont, en tant que tel, la militia de la Foi Militante. Intéressant.

1th of May 2045

J'étais devant la chapelle romane à coté de l'auberge où nous avons dormi. Le prêtre m'y a grandement salué, comme si j'étais la Vierge Marie en personne. Je pense qu'il m'a confondu avec une Dame, voir même avec la Basilissa...

Une émeute a eu lieu dans le village voisin. D'après l'Impératrice, un serf a dit à un autre qu'il n'était qu'un brigand qui ne se souciait que d'engrosser les pucelles et celui-ci lui a répondu qu'il n'était, de son coté, qu'un fils de banni n'ayant jamais rien valu de sa vie, avant de lui arracher... son chaperon. Un geste semble-t-il très grave. L'altercation a dégénéré en violente rixe.
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Le Thorval en un clin d’œil.
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La guerre sans fin (22).
13 mai 2045,

Au matin du 12 mai A.D Grégorien, les seigneurs Kristján VI et Aldviðr II se comprirent littéralement cerner. Au Nord, l'ost de la Reine entravait toute potentielle retraite, tandis que celui d'Ǫrn IV d'Eirland barrait la route au contournement et une succession de châteaux-forts, dont les terres venaient d'être pillées, empêchaient la fuite vers l'Est ou par le Sud. Les guerriers se préparaient, bannières levées, à un affrontement qui semblait désormais inévitable. Les deux camps organisèrent une rencontre, à dos de cheval, au cœur des plaines de Glitnir. Kristján VI y fit savoir à la suzeraine que son orgueilleuse revendication, tant sur l'héritage du Flagðheimr que du Hraunvangr, ne s'appuyait sur aucune morale ou légitimité, et que nul digne seigneur ne se soumettrait à la tyrannie qu'elle entendait exercer, ni n'accepterait son comportement de « Gloz » [gloutonne, comprendre : en terres]. Ce a quoi Marie rétorqua qu'elle n'était au moins pas celle qui pillait les monastères et ravageaient les villages, comme en témoignait la désolation autour d'eux. Aussi, au lieu d'une bataille meurtrière, elle suggéra de régler le différent au cours d'un duel à mort, l'un contre l'autre. Mais le Jarl déclina et s'en retourna auprès des siens.

Le lendemain, les chefs galvanisaient leurs troupes et chacun poussait de terribles cris. La piétaille frappait fortement ses boucliers et la chevalerie se tenait au premier rang. Le capitaine de Kristján VI brailla soudain le signal et les chevaliers s'élancèrent aussitôt en une vive clameur, suivit, peu après, par les guerriers à pieds. La furieuse course prit alors fin et les ost se rencontrèrent dans un choc retentissant, mêlant bris de lances, lourdes chutes et hennissements de chevaux. La charge laissa place aux terribles corps à corps, aux effroyables hurlements sans lendemain, à l'ardente lutte, à l'éperdu cliquetis des armes et à l'âpre choc du fer sur les boucliers. Après s'être débarrassée de sa lance, brisée, la Reine chevaucha au milieu de la mêlée, frappant de son épée les hommes d'arme et sergents ennemis. Elle tomba alors sur Skjalddís, l'une de ses Vierges de fer, et lui confia son destrier afin de l'emmener loin du danger. Marie poursuivit donc à pieds, taillant en pièce ceux qui la défiait, avant d'enfin trouver le félon Kristján VI.

Malgré la fatigue, le duel commença vivement, chacun se rendant coup pour coup, dans un enchainement de déplacements habiles et de violentes frappes parées ou bloquées. Les adversaires semblaient d'un niveau plus ou moins équivalent. Marie était néanmoins à la fois bien plus jeune et beaucoup plus endurante. Parant une haute attaque de taille, elle envoya son coude au visage de Kristján qui tituba. Profitant de l'ouverture, elle enchaina par une dévastatrice attaque d'estoc qui transperça le cuir bouilli. L'homme s'effondra sur le dos, gravement touché. Puisant en ses dernières forces, il se plaça en position assise, regardant Marie, demandant non seulement le pardon de Dieu mais aussi le sien. Clémente, la suzeraine le lui octroya sans peine et souhaita, de vive voix, que le « Haut Seignor Jhesu » lui accorde Sa Misécorde. Elle agrippa ensuite son épée à deux mains et frappa fermement la nuque. Le chef du Jarl se détacha et roula doucement sur le coté. Malgré sa violence, le geste était particulièrement généreux, doux et bienveillant de par la mort honorable qu'il concédait.

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La dépouille de Kristján VI, confiée à l'Hotel-Dieu.

La bataille prit alors rapidement fin et se solda par une victoire décisive pour l'ost à la rouge bannière, les troupes adverses subissant de lourdes pertes, en plus d'avoir perdu l'ensemble de leurs capitaines... ou presque. En effet, la seigneuresse Aldviðr II de Hraunvangr était introuvable et semblait avoir filé. L’entièreté du butin fut, de son coté, remis à leurs possesseurs légitimes, quand bien même il eut été fort appréciable, les coffres royaux étant désespéramment vides ces derniers temps.

Tandis qu'ils s’apprêtaient à s'en retourner au camps, Valdríkr [écuyer] prévint la Reine et le Roi qu'un long convoi puissamment escorté approchait, arborant la bannière des Freres Crestiens du Sanct Nom. Méfiante, la suzeraine alla a leur rencontre, accompagnée d'une petit troupe de chevaliers. La milice de la Foi Militante reconnut son oriflamme et l'accueillit respectueusement. Quelle ne fut néanmoins son saisissement quant elle aperçut l'Impératrice Teodora surgir du chariot, son nouveau-né dans les bras, en compagnie d'une autre dame [Loretta Patton]. La suzeraine les salua joyeusement et s'excusa de ne pas être plus présentable pour les recevoir. Elle sortit alors son épée, faisant sursauté la Westréenne, avant de mettre le genoux gauche à terre et de poser l'arme ensanglantée aux pieds de la Byzantine, actant ici sa soumission visible et symbolique à l'Imperium Romanum.
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Le Thorval en un clin d’œil.
« Il faut pardonner à ses ennemis mais pas avant de les avoir pendus. » Proverbe thorvalois.

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Chaleureux voyages (3).
20 mai 2045,

Relire la brève Confédéral Nachthalien mensuel.
Ainsi que le récit au cours duquel Ueli Gmünder fut trouvé.

Maintes semaines passèrent depuis qu'une bande de cavaliers trouva Ueli Gmünder vagabondant sans but sur la voie de Meltorfahamarr. Sans eux, le Nachthalien n'aurait surement guère survécu plus d'une lune. Sans doute fut-il aussi très chanceux d'errer sur ce chemin, serpentant à flanc de montagne, traversant les forêts ! Menant à une forteresse royale, ce dernier était en effet l'un des plus observés du royaume ! Les éclaireurs y surveillaient la présence de brigands ou d'ost ennemis. Ils leurs arrivaient également de ramasser les pauvres hères perdus et de les ramener à la Reine afin que l'on s'occupe d'eux. Ce fut le cas pour Ueli qui pouvait ainsi se dire heureux de n'être tombé sur les quelques seigneurs moins scrupuleux et plus cruels de la région. Depuis, sa jambe avait bien guérit et l'homme s'habituait peu à peu à la vie, somme toute rude, des anciens châteaux. Il mangeait tout les jours aux cuisines, dormait sur une paillasse au sein de l'armurerie, prenait soin des chèvres de la basse cour, avait poli sa hache chez le forgeron et maitrisait dorénavant quelques bons rudiments de dialectes vieux-thorvalois. En deux mois, le berger vit aussi la naissance du prince Ragnarr qu'il put, l'espace d'un instant, même prendre dans ses bras. Celui-ci assista également au départ de la Reine et du Roi, accompagnés d'une belle armée, vers une bataille dont personne ne savait s'ils reviendraient un jour. Le Thorval était un chapelet de seigneuries où tant les Jarlar que la Suzeraine se disputaient constamment les terres.

Malgré la bonne opinion qu'il se faisait de sa vie à la forteresse, Ueli souhaitait néanmoins revoir sa famille, son village, sa vallée et ses vaches. Ce faisant, le Gontenois se rendit à la chapelle castrale pour retrouver un certain Hróðgeirr qui semblait être un légat étranger. Le Nachthalien l'interpela à la fin des oraisons, dans un briton chancelant, mais le plus polie possible :

« Monsieur diplomate, moi Ueli Gmünder de Nachthal.
– Oui, vous êtes celui que les éclaireurs ont ramené. La forteresse est comme un grand village, tout le monde se connait.
– En effet. Je touriste aller le Jernland et moi perdu ici Thorval. Est ce que possible rentrer maison ? »
– Je peux vous y aider, réfléchit Lester, mais pas avant le milieu de l'été, je le crains.
– Pas autre solution ? demanda alors le berger.
- L'impératrice arrive bientôt, vous pourrez toujours rejoindre son convoi mais elle risque de demeurer ici au moins jusqu'à l'automne.
– Oh ça très loin.
– Je peux toujours, si vous le souhaitez, faire parvenir quelques mots à la Confédération et à votre famille, les prévenir de votre heureux sort.
– Oui ça bien ! remercia Ueli.
- C'est d'accord, je vais de ce pas écrire un message. A dire vrai, il eu été dommage de partir trop tôt, vous auriez manqué les banquets et les beuveries des fêtes de moissons. Un grand moment ! » jugea le Westréen.
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Le Thorval en un clin d’œil.
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La vie au milieu des champs (45).
2 juin 2045,

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Le four à mortier tel que bâtit par les serfs. Vue sur ce dernier au début de la cuisson.

Le seigneur Gormr III de Guðǫld eut ces dernières semaines à subir maintes attaques sur son château de pierre, les assaillants tentant même de bouter le feu à la herse et de briser la porte au bélier ! Les archers sur les créneaux, autant que les gardes postés à l’assommoir, eurent heureusement raison d'eux. Les murs souffrirent néanmoins de tant d'assauts, si nombreux et si répétés, qu'ils en devinrent très fragiles. Face au risque d'ébranlement, le Jarl appela des maçons du Nord et et les enjoignit, à grands frais, de colmater et de consolider l'édifice.

Guidés par la sapience des artisans, les serfs bâtirent un four à mortier en seulement une lune. Celui-ci se composait d'une chambre de chauffe, semi enterrée et séparée, via une voûte, de la chambre de combustion au niveau supérieur, elle même couronnée par un dôme. Grâce à la mine de calcaire voisine, faisant la prospérité de Guðǫld, le mortier promettait d'être de meilleure qualité.

La cuisson commença en juin Grégorien de l'An de Grâce 2045, deux ou trois hommes la surveillaient perpétuellement et remettaient souvent du bois dans le feu afin que la température fusse constante durant au moins trois nuits et quatre jours. Une fois cuit, le calcaire fut plongé dans des baquets d'eau froide, avant d'être mélangé à du sable et à de l'eau, donnant ainsi le mortier tant désiré. Les serfs purent ensuite repartir à leurs occupations agraires, alors que la récolte des foins approchait à grand pas.
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La Foi militante (25).
3 juin 2045,

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Un manuscrit de droit canon en latin enluminé
au XXIe siècle par une moniale thorvaloise anonyme.

S'il eut un Pape, hors Saint Pierre, duquel la Foi Militante puisait moult inspirations et en léguait l'heureuse mémoire aux fidèles, ce fut sans conteste le grand Boniface VIII. Un Pontife qui, au cours de son règne, eut à essuyer un inépuisable flot d'injures. Ce dernier fut en effet tantôt accusé d'hérésie tantôt de simonie, de fornication, d'adoration démoniaque, d'assassinat, etc. La Foi Militante ne prêtait aucune véracité à ces reproches qui provenaient pour l'essentiel des ennemis du Saint Père, imbus qu'ils fussent d'eux-mêmes, particulièrement assoiffées de richesses et de pouvoirs, témérairement infidèles et résolument guidés par l'esprit malin du Monde.

Ainsi, durant son pontificat, Boniface mit fin aux odieuses concessions que les prébendiers, trafiquants et courtiers de choses saintes avaient arraché à son pauvre prédécesseur, Saint Célestin V, en profitant de sa naïveté. Il rétablit la liberté de la Papauté en la faisait revenir à Romanella après trois ans de captivité à Ciaropoli. Il proclama haut et fort la supériorité du glaive spirituel sur le temporel, et la nécessité pour celui-ci de se soumettre à l’Église. Aucun obstacle ne put alors arrêter sa ferme et persévérante volonté. Dans chaque traité, le Pape n'oublia jamais de faire respecter les inaliénables droits spirituels et temporels de l’Église. Enfin, plutôt que d'en être le zélé complice, il n'hésita pas à attaquer les rois, à les excommunier, à prononcer l'interdit contre leurs royaumes, à soulever les seigneurs et à délier les peuples de leurs serments de fidélité. Un personnage vigoureux, un véritable héros.

Les forces démoniaques de son siècle, qui se heurtèrent contre lui, semblaient avoir triomphé. Leur victoire ne fut toutefois que partie remise et la Foi Militante s’engageait dans les pas de l'heureux Pontife : la domination de l’Église sur les forts et l'instauration d'un royaume temporel guidé par le glaive spirituel afin de le rendre conforme aux enseignements et digne du « Haut Seignor Jhesu » en vue de Sa Glorieuse Parousie. Boniface VIII demeurait pour la Foi Militante le brave Pape qui, contre les forcenés et les violents, lutta avec tant de courage, sans jamais faillir, dans la défense de l’Église et qui, en tant que tel, et grâce à des bulles aussi fermes qu'éloquentes, restera comme l'inébranlable Saint Père qui éclaira d'une très vive lueur sa très sombre époque.
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