Chroniques Historiques de Flavie

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Alexandre
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N°3 - Mai 2042


Marguerite, une régente sans couronne

Partie 7/7 : Une retraitée active


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L'ile du Mont-Sainte-Marie, avec son abbaye et son hôtel-Dieu, où Marguerite finit sa vie, paradoxalement "condamnée" à une mort certaine par une décision de son grand ami le Cardinal d'utiliser le mont comme centre de soin pour les malades de la peste de 1702.

En 1675, Louis XVII devient majeur (13 ans, âge de la majorité royale). La régence prend donc officiellement fin. Pour autant, le Roi ne s’estime pas encore capable d’assumer la fonction. Ainsi, il accepte que sa mère continue à exercer le pouvoir. Le Cardinal prend l’éducation royale du jeune Roi pour en faire, comme il avait fait avec sa mère avant lui, une machine à régner. Le Roi fait son entrée dans le Conseil et les décisions sont désormais prises par l’ancienne régente (que tout le monde appelle désormais la Reine Marguerite -même si elle ne le fut jamais), le Cardinal et le jeune Roi. Ce triumvirat durera jusqu’à ce que la Reine accepte de se retirer sur demande du Roi, lorsque celui-ci, s’estimant en âge de régner, atteint son dix-neuvième anniversaire.

En 1681, Louis XVII fait du Cardinal son principal ministre. Le Roi (qui régnera 60 ans, jusqu’en 1733) et le Cardinal (qui restera l’équivalent du Premier Ministre actuel jusqu’à sa mort à 90 ans en 1729) vont poursuivre le développement du Royaume.

Pendant ce temps, la Reine Marguerite ne quitte pas pour autant toutes les affaires. Retraitée du pouvoir Marguerite poursuit des visites aux quatre coins du Royaume. Fidèle à son fils qu’elle cherche à promouvoir, elle poursuit ses activités de mécénat. Restée proche de son ami le Cardinal (des mauvaises langues, notamment les ennemis politiques de la Reine et du Cardinal, ont dit qu’ils ont pu avoir une relation plus proche encore, mais il semblerait que seule une profonde amitié ait uni les deux et que ces ragots s’apparentent plutôt à une campagne de dénigrement, notamment longtemps soutenues par la Reine Catherine et le Prince Louis), elle influença régulièrement sa politique en lui écrivant. Des lettres dans lesquelles elle lui donnait des informations sur les attentes des localités qu’elle visitait, ou bien l’état d’esprit de potentielles rébellions ou encore une recommandation de tel ou tel individu venu la voir pour obtenir un poste ou une faveur, prouve qu’elle resta active longtemps.

Mais en 1696, la Reine malade (notamment de rhumatismes), décide d’effectuer une retraite pour se faire soigner, prendre le grand air du large et prendre du repos chez les soeurs de Notre Dame du Mont au Mont Sainte-Marie. Historiquement, de nombreuses personnalités royales y ont séjourné (la fille benjamine de Louis XVII y prendra même le voile quelques années plus tard). Marguerite de quittera plus l’île. En 1702, lorsque la dernière épidémie de peste de Flavie éclate à Adelis, c’est sur le Mont (parce qu’il est une ile) que sont envoyés les bateaux en quarantaines ainsi que de nombreux malade pour y être soignés (le Mont était aussi un célèbre hôpital, l’Hotel Dieu du Mont). Mais cette décision, du Cardinal lui même, aura pour conséquence de condamner une partie de la population Montoise. L'abbaye n’est pas épargnée. Marguerite contracte la maladie et meurt en 1703 à l’âge de 63 ans. Elle reste aujourd’hui encore une des plus grandes figures de l’histoire de Flavie.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

[HRP : un grand merci à Ostendo, Galaad et Galcian pour m'avoir prêté l'origine de certains personnages]
[HRP : pensez à lire ce texte avec la voix de Stéphane Bern (coucou cyrus) :mrgreen:]
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Alexandre
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N°4 - Janvier 2043


Nouvelle Aurore : la colonie d’occident

Partie 1/4 : contexte historique


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Jean de Peybernès, célèbre explorateur flavien

A partir du XVe siècle, les grandes puissances dytoliennes ont connu un âge d’or des explorations et des découvertes du monde. L’idée de voyager plus loin, à la découverte de nouvelles contrées et d’en rapporter les richesses, est l’une des motivations principales des puissances de l’époque. La Flavie ne fait pas exception à la règle. Dès la fin du XVe siècle, le Roi Charles III (r. 1485-1516) finance une série d’explorations.

A l’époque, le Royaume de Flavie entre dans la modernité. Le Royaume connait un fort développement artistique, culturel et commercial, qui permet à la capitale de devenir un des centres névralgiques de la Cérulée. La période est à la redécouverte de l'antiquité, une période où des explorations du monde connu d’alors, la Cérulée, a conduit des peuples à étendre leurs comptoirs et possessions sur tout son pourtour. C’est donc tout naturellement qu’à l’échelle mondiale, les puissances d’alors entament une période d’extension et d’exploration de leurs empires. Les armateurs et les négociants et autres marchands, sont des figures de plus en plus importantes. Le Royaume est puissant et prospère par son commerce qui lui fait connaître un âge d’or et une période de paix. La déconstruction progressive de la féodalité a fait se stabiliser les frontières du pays. Le contexte est donc favorable aux grandes explorations.

Les premières grandes explorations flaviennes avaient commencé dans les années 1490. Les grandes familles d’armateurs et de négociants de l’époque s’illustrent dans ce développement d’un commerce encore plus lointain. Jean de Peybernès, issue d’une famille d’armateurs de la capitale, amasse une immense fortune. C’est alors qu’en 1498, il est présenté au Roi Charles III par un des principaux Pairs du Royaume, qui avait l’habitude de faire transiter de la marchandise par ses navires. Rêvant d’explorations plus prestigieuses et d’un véritable empire flavien, Charles III voit en Peybernès une excellente occasion de réaliser son objectif et lui confia une exploration financée par l’Etat dès l’année suivante. Plusieurs explorations de ce type suivront entre 1499 et 1506. Pleybernès concentre ses voyages et explorations le long des côtes est-algarbiennes et ouvre ainsi de nouvelles routes vers la ventélie en contournant le cap-Janubie. Il permet également à la Flavie d’ouvrir des routes à l’ouest, en passant par la Dorimanie. C’est ainsi que de nouveaux produits plus exotiques transitent vers la Flavie grâce à l’ouverture de comptoirs et à ses escales dans de nombreux ports du monde. Pleybernès sera notamment l’auteur d’un ouvrage cartographique de référence mais également d’un ouvrage dans lequel il présente les richesses et merveilles qu’il a trouvées dans les ports dans lesquels il fait escale, permettant par la même de référencer les produits exotiques et d’ouvrir la voie à un commerce régulier vers ces destinations.

Avant le Makengo en 1507, que l’explorateur découvre lors de son 5e voyage pour le compte du Roi Charles III, Pleybernès avait réalisé un vieux rêve : ouvrir une route à l’ouest qui permet de voyager jusqu’en Ventelie. En effet, depuis longtemps les explorateurs de l’époque sont persuadés de la possibilité de le réaliser, depuis qu’il a été admis que la terre était bien ronde. Or, les flaviens connaissent déjà, depuis plusieurs siècles et les voyages de Charles Vélari (HRP : Marc Paul, merci Cyrus), les routes de la soie et les routes de l’est, qui permettent d’aller en Ventelie. Au début du siècle, c’est l’ouest qui intéresse le Roi Charles III. Peybernès a commencé à cartographier de nombreuses régions et rêve de cartographier l’ouest. C’est ainsi qu’il réalise deux voyages, le 2e (1501) et le 3e (1504) pour le compte du Roi, en direction de l’ouest (le 1er voyage, en 1499, avait été en direction de l’est (Janubie, Ventélie par l’est), le 4e (1506), en direction du nord, et il rêvait d’en faire un 6e en direction du sud, mais la mort l’en empêchera bien vite, d’autant qu’à la suite de son 5e voyage en 1507, il effectuera 3 autres voyages au Makengo jusqu’en 1513, année de sa mort).

Le 2e voyage avait pour but de trouver cette route et de la cartographier. Peybernès arrive jusqu’en Dorimanie, d’où il suit la côte dans l’espoir de trouver un passage et emprunte le canal qui sépare le continent de l’Olgarie. Mais il commet une erreur. Pensant qu’en ayant passé ce canal, il lui suffit de remonter vers le nord pour trouver la Ventelie, il arrive en réalité en Olgarie, plus au nord. C’est ici que prend fin son 2e voyage, où il découvre une nouvelle terre, qu’il nomme d’abord la Nouvelle-Flavie. Il devra entreprendre un 3e voyage pour terminer son chemin jusqu’en Ventelie. Sa mission accomplie, et grâce à ces deux voyages, il en tire prestige, denrées exotiques et une cartographie de référence pour les flaviens.

Nous allons nous arrêter cette fois sur son 2e voyage, celui qui va le conduire jusqu’en Dorimanie, puis en Olgarie, où il va fonder la Nouvelle-Flavie. Ce territoire, aujourd’hui la Nouvelle-Aurore, est une ancienne colonie flave, parmi les premières que le pays ait eues.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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N°4 - Janvier 2043


Nouvelle Aurore : la colonie d’occident

Partie 2/4 : Le voyage de Peybernès : la fondation de la première colonie (1501-1505)


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Le 2e voyage de Peybernès



En 1499, Peybernès a donc rejoint la Ventélie et la Janubie en passant par l’est de la Cérulée. C’est par l’ouest qu’il veut maintenant la rejoindre. C’est en 1501 qu’il embarque pour l’ouest. Peybernès a étudié un parcours et pense qu’en passant par le nord de la Dorimanie, à l’époque encore très peu connue, il peut trouver une voie d’eau pour contourner le continent, après laquelle il suffit de remonter pour trouver la Ventélie (la cartographie et les connaissances géographiques de l’époque, encore lacunaires, font penser à Peybernès que la dorimanie est située sous la Ventélie, ignorant l’olgarie et le fait qu’il faille encore voyager plus loin en direction de l’ouest avant de pouvoir trouver la Ventélie. Après plusieurs mois de traversée, Peybernès atteint la Dorimanie, à partir de laquelle il va chercher un passage. sa cartographie des lieux va améliorer la connaissance de cet espace et après avoir passé le canal qui sépare la Dorimanie de l’Olgarie, il entreprend de remonter vers le nord. Le territoire de la future Nouvelle-Aurore effectuant un retour sur la mer, il finit par se dresser sur son chemin. C’est ici que Peybernès va accoster.

S’il comprend rapidement ne pas être en Ventélie, la politique de l’époque est de s’approprier les terres sur lesquelles on arrive (en ignorant bien-sûr les populations locales). A ce moment là, les colons débarquent à l’endroit où s’élèvera plus tard la Nouvelle-Romagne, actuelle capitale de la Nouvelle-Aurore. C’est ici qu’il vont établir leur comptoir. La Nouvelle-Flavie est née. L’installation des colons est assez sommaire et l’équivalent d’un petit comptoir. Peybernès va y séjourner pendant près d’un an, durant lequel il va mesurer le potentiel de cette terre. Cette première colonie est cependant très pacifique et la cohabitation se passe le mieux possible. Peybernès en rapportera quelques denrées lors de son voyage retour. Mais son retour en Flavie marque la fin de Peybernès à la Nouvelle-Aurore. En effet, il doit se consacrer à la préparation de son prochain voyage pour terminer de rejoindre la Ventélie.

Le Roi en revanche, satisfait de la promesse d’un territoire qui rapporte beaucoup, que l’on dit riche en or en plus des denrées, va lancer la véritable colonisation de la Nouvelle-Flavie, vu comme un territoire qui tend les bras à la Flavie pour en faire une deuxième Flavie, une nouvelle Flavie. C’est alors que de nombreux colons volontaires sont envoyés en Nouvelle-Flavie, ainsi que des soldats. L’objectif cette fois n’est plus la cohabitation pacifique, mais la soumission.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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N°4 - Janvier 2043


Nouvelle Aurore : la colonie d’occident

Partie 3/4 : La Nouvelle-Aurore coloniale (XVIe siècle-XVIIIe siècle)


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Une plantation à l'époque coloniale



L’histoire coloniale de la Nouvelle-Aurore est tout à fait différente de celle du Makengo. Dès le départ en effet, la Nouvelle-Aurore est une colonie flavienne, là où le Makengo, que les flaviens trouvent déjà organisé, n’est pas de suite colonisé, mais progressivement lié à la Flavie avant de devenir une colonie au XVIIIe siècle (voir histoire coloniale du Makengo). En Nouvelle-Aurore, les choses sont radicalement différentes. Les flaviens ne trouvent pas une organisation politique aussi développée sur le territoire qu’ils revendiquent. Il faut dire le territoire est immense.

Dès son installation, la Flavie envoie des colons flaviens volontaires, avec pour mission de fonder la Nouvelle-Flavie. Ces colons sont à l’origine de la fondation de la plus vieille ville du pays : Nouvelle-Adélis, aujourd’hui Nouvelle-Romagne, l’actuelle capitale, déjà perçue à l’époque comme la capitale de facto de la Nouvelle-Flavie.

La Nouvelle-Flavie est considérée comme un territoire appartenant à la Flavie dès sa colonisation en 1502. Dès lors, l’organisation politique qui est mise en place est très similaire à celle en place en Flavie. La colonie est dirigée par un Gouverneur, nommé par le Roi, qui le représente sur place. Les affaires, sont administrées par un Conseil composé de colons désignés par une Assemblée coloniale composée de l’ensemble des colons et planteurs (au début du moins, avant de n’être au fur et à mesure réservée qu’aux plus riches familles avec l’augmentation du nombre de colons).

Les flaviens vont développer deux activités principales : celle des plantations et celle des minerais, notamment d’or, que la Flavie va trouver en nombre sur ces terres. Les colons deviennent les planteurs ou les exploitant des mines. Ce sont eux qui vont particulièrement s’enrichir et composer l’assemblée coloniale. Ces planteurs ou exploitants des mines vont ensuite employer les populations locales, qu’ils asservissent (les populations locales vont être décimées par les maladies importées par les dytoliens ou par l’exploitation de leur population). Pour faire face à ce déclin, la Flavie va un temps choisir la voie de l’esclavage en important des makengais. Également, le pouvoir monarchique flavien va utiliser la Nouvelle-Flavie comme une terre de bagne. Bagnard, forçats et autres galériens flaviens vont être envoyés de force pour purger leur peine et travailler à l’exploitation de l’or ou dans les plantations. Les grandes étendues vont être rapidement explorées et donner lieu à un agrandissement significatif de la taille de la Nouvelle-Flavie. On y cherche de nouveaux gisements d’or à exploiter d’une part et des terres qui ont des richesses à apporter. La conquête du territoire va durer tout au long du XVIe siècle.

Tout au long de la période coloniale, la volonté de fonder une nouvelle Flavie sur ce territoire qui tend les bras au pays est très marquée. Ainsi, la Flavie maintient une promotion du territoire visant à encourager la population volontaire à aller vivre sur ces nouvelles terres. la Flavie souhaite ainsi construire un nouvel état à son image. C’est le mythe de la Nouvelle-Flavie. Culturellement donc, la Nouvelle-Flavie est très inspirée de la vie à la flavienne, avec une population largement immigrée, néanmoins adaptée au climat local et à un mode de vie qui, du fait de la distance, s’est quelque peu écarté des origines. Mais la Flavie mise beaucoup sur ce pays qu’elle veut à son image. La Nouvelle-Flavie est largement entretenue par la métropole et elle en assure une défense efficace. Le fort Louis XVI, nommé en l’honneur du Roi flavien qui en ordonna originellement la construction, puis renommé fort liberté après l’indépendance, est l’un des symboles des installations de défense voulues par la Flavie. Néanmoins, jamais un monarque flavien ne mit les pieds dans cette nouvelle Flavie, en raison de la distance, et elle resta avant tout, un mythe pour la métropole, la promesse d’un territoire lointain, une nouvelle Flavie.

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N°4 - Janvier 2043


Nouvelle Aurore : la colonie d’occident

Parti 4/4 : La révolution : le début du déclin de l’empire colonial flavien (1820)


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Le fort Liberté, ancien fort Louis XVI, aujourd'hui (image CN1)



Le rêve de la métropole va cependant tourner au cauchemar au début du XIXe siècle. En effet, l’éloignement de la métropole rend difficile de garder la Nouvelle-Flavie sous contrôle de la métropole et les colons et Gouverneurs successifs prennent conscience des atouts de la Nouvelle-Flavie pour les marchander au prix fort. La Flavie, qui souhaite maintenir cet approvisionnement en or et denrée a de plus en plus de mal à contenir les velléités indépendantistes de plus en plus marquées de la part des colons, qui ont de moins en moins de liens avec la Flavie au fil des générations.

Par ailleurs, la sécurité et la stabilité sociale à l’intérieur de la Nouvelle-Flavie est précaire. En faisant de ce territoire son bagne, en introduisant des forçats, la Flavie a introduit le crime dans la société. Le maintien de l’ordre, de plus en plus assuré par les autorités locales, qui reçoivent de moins en moins d’aide de la Flavie, renforce la volonté séparatiste, sans compter que les indésirables envoyés ici sont perçus comme de potentiels soutiens à cette cause, malgré de désordre intérieur.

C’est la révolution flavienne, qui va offrir une occasion inespérée pour la Nouvelle-Flavie de prendre son indépendance. En effet, cet évènement va avoir l’avantage d’éviter au pays une guerre d’indépendance meurtrière. Trop occupée avec ses problèmes internes et sa révolution, la Flavie (et la monarchie, qui joue sa survie sur le sol métropolitain) à autre chose à faire que de s’occuper de la rébellion dans une lointaine colonie. Les soulèvements sont nombreux et le chaos règne partout en Nouvelle-Flavie. Si bien que si la révolution flavienne n’aura pas eu raison de la monarchie, elle aura eu raison du rêve de la nouvelle Flavie. soutenue par les penseurs et philosophe anti-monarchistes, l’ancienne colonie prend son indépendance à l’issue d’une guerre civile, avec sa déclaration d’indépendance en 1821. La Flavie elle, trop occupée par sa révolution, n’aura jamais plus ni l’ambition, ni même les moyens, d’aller reconquérir ou soumettre les indépendantistes. La Nouvelle-Flavie ne sera désormais plus jamais flavienne.

La Nouvelle-Flavie change de nom et devient la Nouvelle-Aurore, tout comme la capitale, la Nouvelle-Adélis qui devient la Nouvelle-Romagne après l’indépendance, pour couper les liens avec la Flavie. Mais le nouveau pays va devoir gérer une situation interne explosive et la pacification entre les anciens forçats exploités et les anciens colons exploiteurs. La construction politique et sociale du pays va s’avérer un vrai défi pour les autorités tout au long du XIXe siècle.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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N°5 - avril 2043


La vente du Levant : la tâche devant l'histoire qui marque le début du déclin de l’empire colonial flavien

Partie 1/4 : Contexte historique



L’histoire coloniale du Levant est plus tardive que d’autres anciennes colonies flaviennes, comme le Makengo ou la Nouvelle-Aurore. La région ventélienne est bien connue des marchands et des négociants et ce depuis le moyen-âge. Charles Vélari (HRP : Marc Paul, merci Cyrus) est venu jusqu’en Ventélie et de nombreuses routes commerciales existent. Mais l'intérêt pour le Levant fut plus tardif. Plus tardif encore que les voyages de Jean de Peybernès.

Pourtant, à partir du XVe siècle les grandes puissances dytoliennes ont connu un âge d’or des explorations et des découvertes du monde. L’idée de voyager plus loin, à la découverte de nouvelles contrées et d’en rapporter les richesses, est l’une des motivations principales des puissances de l’époque. A l’époque, le Royaume de Flavie entre dans la modernité. Le Royaume connait un fort développement artistique, culturel et commercial, qui permet à la capitale de devenir un des centres névralgiques de la Cérulée. La période est à la redécouverte de l'antiquité, une période où des explorations du monde connu d’alors, la Cérulée, a conduit des peuples à étendre leurs comptoirs et possessions sur tout son pourtour. C’est donc tout naturellement qu’à l’échelle mondiale, les puissances d’alors entament une période d’extension et d’exploration de leurs empires. Les armateurs et les négociants et autres marchands, sont des figures de plus en plus importantes. Le Royaume est puissant et prospère par son commerce qui lui fait connaître un âge d’or et une période de paix. La déconstruction progressive de la féodalité a fait se stabiliser les frontières du pays. Le contexte est donc favorable aux grandes explorations.

Les premières grandes explorations flaviennes avaient commencé dans les années 1490. Les grandes familles d’armateurs et de négociants de l’époque s’illustrent dans ce développement d’un commerce encore plus lointain. Jean de Peybernès, issue d’une famille d’armateurs de la capitale, amasse une immense fortune. C’est alors qu’en 1498, il est présenté au Roi Charles III (r. 1485-1516) par un des principaux Pairs du Royaume, qui avait l’habitude de faire transiter de la marchandise par ses navires. Rêvant d’explorations plus prestigieuses et d’un véritable empire flavien, Charles III voit en Peybernès une excellente occasion de réaliser son objectif et lui confia une exploration financée par l’Etat dès l’année suivante. Plusieurs explorations de ce type suivront entre 1499 et 1506.

Si le 2e et le 3e voyage de Peybernès sont en direction de l’ouest, le 4e en direction du nord et le 5e vers le Makengo, c’est son 1er voyage (1499) qu’il réalise en direction de l’est (Janubo-Marquésie, Ventélie). Or, les flaviens connaissent déjà, depuis plusieurs siècles et les voyages de Charles Vélari, les routes de la soie et les routes de l’est, qui permettent d’aller en Ventélie. Mais à cette époque, le Levant intéresse un peu moins les explorateurs. En réalité, les routes ouvertes au moyen âge, notamment par Charles Vélari, vont être redessinées. L’ouverture de nouvelles routes fait descendre celles ci jusqu’au Levant. Ce sont les explorations de la première moitié du XVIe siècle (dont fait partie le voyage de Peybernès, même s’il prend place légèrement avant, en 1499) qui vont contribuer à redessiner les routes directes depuis la Dytolie.

C’est ainsi qu’à partir des années 1530-1550, l'intérêt pour le Levant, intégré dans ces nouvelles routes, s’accroît. Et pour la Flavie, l’idée que le contrôle du Levant revient au contrôle de ces routes et de leur sureté. En effet, le Levant est à la fois une étape sur la route du Liang ou du Sankakkei, tout autant qu’il est une porte d’entrée des marchés Uhmaliens. C’est ainsi que naît l'intérêt flavien pour le Levant.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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N°5 - avril 2043


La vente du Levant : la tâche devant l'histoire qui marque le début du déclin de l’empire colonial flavien

Partie 2/4 : La colonisation du Levant



A XVIe siècle, le Levant n’est qu’un Etats constitué de petites seigneuries. Si l’Empire Kinh subsiste encore (bien que limité à une large bande côtière) il n’a plus guère d’influence à l’intérieur des terres. Brahnon a cependant su conserver sa souveraineté sur les territoires faiblement montagneux du nord-ouest et conserve jalousement ce pouvoir.

C’est dans ce contexte que les premiers contacts se font dès les années 1530 avec le Levant. Les marchands flaviens et négociants, ainsi que les explorateurs, qui poursuivent aussi l’oeuvre de cartographie qui participe de la connaissance des mers et des océans pour la Flavie, font escale au Levant et entretiennent des liens réguliers. Mais très vite, ces liens ne vont pas rester que commerciaux. en 1540, une première mission catholique est menée par un groupe de frères de Saint Augustin et de capucins. Les premiers atteignirent Caï-Pha tandis que les seconds s'établissent à Cam-Toh. Ces premières missions eurent un succès relatif ; assez vite des Namois demandèrent aux prêtres chrétiens de recevoir le baptême. Ces missionnaires, bientôt rejoints par les jésuites, développèrent leurs apostolats jusqu'au XIXème siècle, et transmirent l’Évangile dans la plupart des villes côtières du pays. Ils bénéficièrent de la protection de la Ligue de Nha-Tho, reformé lors de la chute de l'Empire Kinh, mais à l'intérieur des terres, des martyrs sont à signaler, notamment les Saints Martyrs de Haon, six prêtres marcheterrois de la Compagnie de Jésus accompagnés de leur traducteur et de deux catéchistes nammois, qui furent tués par le montrey local le 27 mai 1637.

C’est que pour la Flavie, le contrôle du Levant est essentiel. Rapidement, la Flavie fait en sorte de raffermir les liens. Profitant que la région soit divisée politiquement entre le Royaume de Daï-Nom, établit autour de sa capitale Caï-Pha, celui de Brahnon autour de la même ville, et quelques cités-états indépendantes ou ligue politique sur le modèle de celle de Nha-tho, le Royaume de Flavie entrepris les premières expéditions militaires dès la seconde moitié du XVIe siècle avec pour objectif de soutenir le puissant royaume de Daï-Nom contre la Ligue de Chô-Boq. En échange de ce soutien militaire, le roi Daï Gia Lonc devait reconnaître la souveraineté de la Flavie sur ces terres.

La Flavie, a voulu très vite protéger ses marchands et son commerce dans la quête des épices. Installés d’abord près des ports, les flaviens vont y construire des infrastructures militaires défensives : les forts, dont le plus important est le fort Notre-Dame à Cempha. Très vite, des quartiers flaviens entiers se sont développés dans les villes levantines. Les flaviens n’ont eu aucun mal à s’installer car depuis la chute de l'Empire namois de Kinh, le Levant était divisé en petites cités-états, parfois regroupés en ligue défensive. Les cités namoises les accueillirent plutôt bien, les Dytoliens venant avec de l'or pour commercer. Mais la monarchie flavienne prit l'ascendant sur les royaumes locaux lorsque le roi de Cempha, Daï Gia Lonc, appela les Occidentaux à son secours. Ceux-ci acceptèrent à la condition que le roi reconnaisse la souveraineté du Royaume de Flavie.

C’est ainsi que progressivement, débuta la conquête du Levant par la Flavie. En une décennie, le roi Daï Gia Lonc s'était trouvé à la tête d'un puissant Etat organisé autour de sa capitale Caï-Pha et regroupant l'essentiel des grandes cités namoises de la région. Brahnon, et les reliquats de l'Empire Krèm, sentirent la menace de l'invasion namoise arrivée sur eux. A partir de 1600, ils prirent contact avec les dirigeants flaviens de la colonie pour éviter leur propre annexion au nouveau royaume formé dans la région. Cette demande fut écoutée avec attention par les flaviens, qui protégèrent les Kremois comme ils le firent avec les Naimois, par la création d'un Royaume sous protectorat : le Royaume d'Haon, créé en 1604, date de colonisation effective du Levant par la Flavie.


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N°5 - avril 2043


La vente du Levant : la tâche devant l'histoire qui marque le début du déclin de l’empire colonial flavien

Partie 3/4 : Le Levant colonial



La mise en place de ces protectorats fut accompagné par l'arrivée importante de colons flaviens. Outre les missionnaires et les commerçants présents depuis longtemps dans le pays, les deux protectorats d'Haon et de Cempha accueillirent militaires, administrateurs et autres aventuriers à la recherche d'un pays où débuter une nouvelle vie.

L’administration coloniale réadapta, comme elle avait l’habitude de la faire, son modèle partout ou elle allait. Le Levant devient alors un carrefour essentiel dans la région pour le commerce flavien. d’importantes richesses sont ainsi sécurisées et récoltées par la Flavie avant d’être ramenées en Dytolie. Les échanges commerciaux devenus pérennes durant tout le XVIIe siècle et le XVIIIe siècle permirent un enrichissement très rapide et le développement très rapide d’un juteux commerce. La Flavie qui a tout à gagner de cette situation, maintient un lien très étroit pour s’assurer les portes de la Ventélie.

Mais la cohabitation est, comme souvent, ponctuée de trouble. Si contrairement au Makengo, la Flavie n’a ni réduit en esclavage les locaux ni exploité les richesses locales en les spoliant, lui préférent un honnête commerce, mais à son avantage, la Flavie fera tout pour pousser son avantage économique. L’installation de nombreux flaviens, notamment des marchands et des négociants, qui font fortune sur cette plaque tournante, façonne le visage du Levant, qui se peuple, jusqu’à aujourd’hui, de familles flaviennes. Et cela peut amener parfois, quelques troubles. Le plus célèbre et le plus marquant fut le massacre par le montrey local le 27 mai 1637, de six prêtres flaviens de la compagnie de Jésus, leur traducteur et deux catéchistes nammois. Ils sont dès lors connus sous le nom de Saints-Martyrs de Haon.

Mais ces évènements n'entament pas le commerce et les échanges. L’apogée de cette époque des marchés et des ports, durant tout le XVIIe et le XVIIIe, fait du Levant l’une des colonies les plus importantes de la Flavie, celle probablement qu’ils regardent avec le plus d'intérêt, à qui ils consacrent le plus d’attention et sans doute, celle qui aura le moins à souffrir des comportements des colons (contrairement à d’autre comme le Makengo par exemple). Ce “traitement de faveur” est sans doute aussi la raison pour laquelle la fin du Levant flavien va connaître une toute autre issue que par la révolte, comme au Makengo ou en Nouvelle-Aurore.


Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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Alexandre
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N°5 - avril 2043


La vente du Levant : la tâche devant l'histoire qui marque le début du déclin de l’empire colonial flavien

Partie 4/4 : La vente du Levant



L’aventure du Levant flavien et de ses richesses commerciales se poursuit tout au long du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. La cohabitation y est relativement calme. En 1820, la révolution flavienne va cependant changer la donne. La Flavie, en proie à une violente contestation doit gérer ses problèmes internes. La Nouvelle-Aurore, encore colonie flavienne, en profite alors et la vague de contestation y trouve son écho. Profitant des problèmes internes de la Flavie, elle proclame son indépendance en 1821.

Au Levant cependant, les choses sont différentes. La contestation flavienne n’y trouve pas son écho et la vie commerciale s’y poursuit. Cependant, l’autonomie des flaviens installés sur place, qui craignent une importation de la contestation, va les pousser à réorienter le commerce. Désormais, les flaviens du Levant vont continuer (et parfois accroître) leur commerce avec la Ventélie, mais ils vont aussi diminuer leur commerce avec la Flavie, tant et si bien que la colonie ne rapporte plus autant à la Flavie qu’autrefois. En remplacement, les flaviens du Levant vont trouver d’autres débouchés commerciaux dans d’autres pays dytoliens et surtout, vers des pays d’autres continents, voisins mais aussi lointains.

Si le commerce levantin est toujours prospère au Levant, il a changé de nature pour la Flavie. Le pays sort exsangue de la Révolution en 1822 et à besoin de se reconstruire. Mais la méfiance des flaviens du Levant ainsi la perte des revenus que rapportait le Levant vont conduire à ne plus y voir le même attrait.

Mais le principal facteur qui va changer la donne est la reconstruction de la Flavie d’après la révolution. Le Roi Alexandre Ier, qui vient de traverser une grave crise, a besoin d’argent pour la reconstruction, en quantité et dans un délai très court. Le Roi va alors prendre une décision radicale : vendre le Levant, une colonie dont la valeur est importante étant donné ce qu’elle est capable de générer. En 1824, le Levant est vendu à la Britonnie, mettant fin définitivement au Levant flavien.

La décision de la vente du Levant va provoquer un tollé. Le Roi, qui craint d’avoir porté le coup de grâce qui lui fera définitivement perdre sa couronne se voit reprocher d’avoir vendu une colonie qui rapporte (et qui faisait la fierté et la richesse des marchands et négociants flaviens qui s’en trouvent privés) alors que la Flavie aurait pu la conserver et profiter des revenus générés pour la reconstruction du pays. Très critiqué pour avoir vendu une colonie qui rapporte beaucoup plus, le Roi évitera de justesse une nouvelle révolte. Les flaviens du Levant lui reproche aussi un abandon. Nombre d’entre eux ne voudront pas devenir britons et tenteront de rentrer en Flavie. Mais la politique d’isolationnisme progressivement mise en place après la révolution, pour permettre à la Flavie de se concentrer sur la elle même, va finir par faire oublier ce passé colonial. Les flaviens vont peu à peu aspirer à ce qu’on s’occupe des problèmes nationaux avant tout. Définitivement abandonnés, les flaviens du Levant n’ont d’autres choix que d’accepter leur sort et cette vente.

Néanmoins, la vente du Levant aura marqué la période et les esprits. Certaines familles séparées pour toujours ainsi que les importantes richesses perdues ne seront pas oubliées de sitôt. A la mort d’Alexandre Ier en 1828, le nouveau Roi Louis XIX tentera de redonner du prestige à l’Empire colonial durant son règne. Mais après lui, le désintérêt pour les colonies, la politique d’isolationnisme et l’effritement progressif de l’empire l’auront définitivement emporté. Avec le recul cependant, les historiens ont tendance à penser que la vente du Levant a rapporté moins que ce qu’aurait rapporté le Levant s’il était resté flavien et que le grand gagnant de cette vente est sans nul doute la Britonnie.

Bien sur, la vente du Levant n’est pas la première colonie perdue par la Flavie. Avant lui, la Nouvelle-Flavie, devenue Nouvelle-Aurore, a pris son indépendance en 1821, profitant de la période de révolution en Flavie. Mais le Levant est la première perte qui marque vraiment le début d’un déclin pour l’Empire colonial flavien. En effet, à l’exception de Louis XIX (r. 1828-1872), qui tentera de redorer l’Empire colonial, tous les Rois de l’après révolution vont se désintéresser des colonies et le pays va se refermer progressivement dans un isolationnisme profond. Particulièrement visible au Makengo, ce désintérêt aboutira durant le XXe siècle à la fin de l’Empire colonial pourtant conséquent de la Flavie.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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Alexandre
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N°6 - septembre 2043


Le protectorat flavien de la Byrsa : choc des cultures

Partie 1/4 : La Byrsa : relations du pourtour céruléens et contexte historique



Depuis le début des grandes explorations flaviennes, à la fin du XVe siècle, la Flavie s’est constitué un vaste empire colonial. Si pendant plusieurs siècles, la Flavie a régné en maître sur un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais, le déclin de cette puissance est amorcé dès le début du XIXe siècle. Les causes de ce déclin sont à la fois endogènes et exogènes. De façon endogène, la Flavie connaît, en 1820, une grave crise politique interne : la Révolution. L’affaiblissement politique que conduit cette crise profite dans l’immédiat à certaines colonies de prendre leur indépendance (c’est le cas par exemple de la Nouvelle-Aurore, qui profite des problèmes internes de la Flavie pour prendre son indépendance dès 1820). Mais elle va aussi produire des effets à moyen terme et à long terme. A moyen terme, la Flavie va avoir besoin de se concentrer sur elle-même. De ce fait, la reconstruction interne va demander de se séparer de certaines colonies (c’est le cas par exemple du Levant, vendu à la Britonnie en 1826). Enfin, à long terme, la Flavie va changer son approche de la politique extérieure et inaugurer, après plusieurs siècles d’ouverture, une longue période d’isolationnisme. En se reconcentrant sur elle, la Flavie va délaisser les colonies et s’en désintéresser. Les administrations coloniales locales, moins contrôlées par le pouvoir flavien central, en perte d’influence, va avoir les mains de plus en plus libres pour prendre une autonomie certaine d’une part (ce qui va créer une première fracture avec la Flavie) et s’arroger un pouvoir absolu d’autre part (et ainsi commettre nombre d’exactions). Ce sera, sur le long terme, la cause d’indépendances durement acquises, et parfois par la guerre civile (l’exemple de l’indépendance du Makengo en 1963 est une conséquence de ce long terme).

Mais après la révolution de 1820, et malgré l’isolationnisme qui s’est installé et des Rois plutôt effacés sur les questions internationales, trois moments vont en partie rompre avec cette doctrine et tenter de redonner à la Flavie sa grandeur. Le premier correspond au règne de Louis XIX, qui tente d’effacer les séquelles de la révolution et de rendre à la Flavie sa puissance d’avant. Sur le plan intérieur, c’est lui qui va construire la Flavie moderne, notamment en terme d’institutions que nous connaissons. Sur le plan extérieur, il va essayer de rendre un visage plus humain à la colonisation flavienne par de nombreuses avancées (par exemple au Makengo, par la réforme des institutions coloniales et une amélioration du traitement des populations locales). Le deuxième correspond aux années 1930-1940, lorsque les autorités d’alors acceptent le déclin mais tente d’éviter le pire (par exemple au Makengo, la Flavie met fin à l’empire et le transforme en protectorat, dans l’espoir que ce changement suffira à éviter le sang, ou encore lorsque ces mêmes autorités décident, au tout début des années 1940, d’aller faire la guerre en Néchinésie pour y sauver une colonie menacée de conquête par le Teikoku d’alors). Enfin, le troisième moment correspond à la fin des années 1950 et au début des années 1960, lorsque le Roi Charles VI, acceptant la fin de la domination flavienne, tente de mettre fin aux différents mouvements de rébellion pour épargner le sang et en offrant l’indépendance à certaines colonies (par exemple au Makengo).

Au début du XIXe siècle pourtant, la Flavie est au fait de sa puissance et de son rayonnement. Ses colonies sont nombreuses et la période de troubles n’a pas encore commencé. C’est à ce moment que de l’autre côté du bassin Céruléen, le régime beylical de la Byrsa chute. En 1801 en effet, le Califat, vieux de plusieurs siècles, dit régime de la Régence (1574-1801), placé sous l’autorité de l’Empire des Mènes (dont le siège est situé dans l’actuel Olan), un grand empire multiculturel historique, prend fin. Il faut dire que le régime beylical s’est beaucoup affaibli à ce moment-là et la famine et la pauvreté auront raison de lui. Des soulèvements populaires agitent le pays. En 1801, avec la chute du Califat, c’est l’avènement de la dynastie des Husseinites. Pour faire face aux problèmes internes, cette nouvelle dynastie va changer l’approche du pays, jusque-là fermé, et se tourner vers la Dytolie pour trouver de l’aide. La Flavie va donc, à ce moment là voir une excellente occasion de sécuriser son commerce céruléen d’un part, mais aussi l’ouverture d’une route commerciales vers le sud de l’Algarbe (et notamment le Makengo, qui est alors sa colonie et donc le Roi de Flavie, est Empereur depuis près de 50 ans).

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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Alexandre
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N°6 - septembre 2043


Le protectorat flavien de la Byrsa : choc des cultures

Partie 2/4 : L’ouverture de la Byrsa : le moyen de pour la Flavie de renverser la vapeur



Dès la chute du Califat, le nouveau pouvoir byrsan se tourne vers les puissances dytoliennes, et principalement la Flavie, qui en profite pour pousser son avantage. Jusque là fermé, le pays va alors connaître une ouverture vers la Dytolie qui va énormément développer son commerce. A partir de là, la Flavie va installer des colons, notamment dans les villes côtières, où des comptoirs lui permettent de sécuriser son commerce en Cérulée. Mais ce n’est pas tout. L’investissement que réalise la Flavie, notamment pour le développement de la Byrsa, lui fait connaître une importante période de développement durant toute la première moitié du XIXe siècle. C’est un véritable choc des cultures : l’influence des deux cultures est notable, notamment celle flavienne sur la Byrsa, en particulier dans les villes côtières et grandes villes du pays (encore aujourd’hui, le gallique est l’une des deux langues officielles de la Byrsa, avec l’arabe). Le pays voit également arriver le christianisme, apporté par les colons flaviens.

Malgré la période difficile de la fin des années 1810 et du début des années 1820, ou la Flavie connaît ses troubles internes, Louis XIX, monté sur le trône en 1828, va tenter, tant en interne qu’à l’externe, d’effacer au maximum les séquelles de la révolution et de moderniser la Flavie. A cette époque, la Flavie a déjà perdu quelques colonies (notamment Nouvelle-Aurore et Levant) et sa période de déclin colonial a commencé. Il importe à Louis XIX d’inverser cette tendance et de faire retrouver à la Flavie son statut de puissance coloniale. Dans le même temps que certaines avancées ont lieu au Makengo par exemple, Louis XIX va percevoir la Byrsa comme le symbole capable de redorer l’empire colonial flavien. Les liens sont alors renforcés.

Alors que la Byrsa, grâce à la dynastie beylicale des Husseinites, a pris son indépendance vis à vis des marquésiens, faisant d’eux de véritables monarques, elle voit arriver une colonisation d’un nouveau type, plus douce et pacifique. La Flavie en effet, va multiplier les investissements à Byrsa. La Byrsa s’était tournée vers elle pour l’aider à résoudre des problèmes laissés par la Régence : famines et épidémies notamment. C’est ainsi que les beys vont faire appel, dès les années 1830, à des conseillers étrangers, en particulier flaviens, alors que de nombreux flaviens se sont installés durablement dans la région depuis le début du siècle, notamment pour des raisons commerciales. Sous les règnes des beys Ahmad (1837-1855) et Mahammad al-Saduq (1859-1882), la Byrsa connaît une longue période de développement, influencée par les conseillers flaviens et grâce à des investissements flaviens. Ainsi par exemple, en 1837, l’armée est réorganisée et des réseaux télégraphiques sont créés. Les réformateurs byrsans, influencés par des consuls flaviens, eux mêmes influencés par la réforme des institutions en Flavie, conduite par le Roi Louis XIX (et qui dote la Flavie des institutions qu’on lui connaît aujourd’hui, faisant d’elle la Flavie moderne), vont s’efforcer de moderniser les institutions de la Byrsa. Ainsi par exemple, en 1857, une déclaration des droits des Byrsiens est octroyée, tandis qu’en 1861, c’est une constitution.

Mais ce mouvement de réformes et de développement est tellement rapide qu’il ne va pas s’en s’accompagner de problèmes. La constitution de 1861 est en effet en pratique très vite inapplicable. De plus, la politique conduite par Muhammad al-Saduq est onéreuse et il doit recourir à la fiscalité. Cela provoque une révolte en 1864. Les emprunts, trop coûteux pour l’Etat ont ruiné la Byrsa. L’interventionnisme étranger, en particulier flavien, a fait de la Flavie le principal créancier de la Byrsa. C’est le moment que choisit la Flavie pour pousser à son avantage.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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N°6 - septembre 2043


Le protectorat flavien de la Byrsa : choc des cultures

Partie 3/4 : Le protectorat byrsan : la carte qui va redorer la puissance flavienne



En 1864, après un développement très rapide et coûteux, l’Etat byrsan est ruiné. La situation est critique et pour la Flavie, qui ne veut pas perdre la face et avait vu, dès les années 1830, la Byrsa comme le symbole de sa puissance coloniale retrouvée (et ainsi faire oublier le souvenir de ce qui était, dès les années 1820, le début du délitement de l’empire colonial flavien, notamment avec la perte de la Nouvelle-Aurore et du Levant), va faire le choix d’aller plus loin dans l’intégration de la Byrsa, seul moyen d'asseoir la puissance flavienne sur le pays et de garder la main sur sa puissance coloniale.

En 1864, la Byrsa est contrainte d’accepter la création d’une commission financière byrso-flavienne, présidée par un flavien et chargée d’assurer le paiement de sa dette. Dès cet instant, la Flavie prend l’ascendant sur le pouvoir des beys, qui avaient jusque-là pu maintenir leur souveraineté sur le pays. Malgré les efforts du ministre des Finances, Khayr al-Din, la Byrsa ne peut échapper à l'intervention flavienne. Il faut dire que la Flavie a un intérêt particulier pour s'en emparer : de nombreuses entreprises commerciales et industrielles et de nombreux colons sur le territoire se sont installés sur le territoire depuis le début du XIXe siècle. En outre la Byrsa représente un intérêt stratégique dans pour le commerce direct que pour la sécurité de ses routes commerciales en Cérulée et vers le reste de l’Algarbe (notamment le Makengo). Enfin, la Byrsa présente un intérêt politique : celui d'asseoir toujours plus la puissance coloniale flavienne, qui commence à être contestée depuis le début du siècle. Le résident général, nouvelle autorité placée par la Flavie à Byrsa, aura pour rôle de contrôler les beys et leur administration, notamment dans leurs décisions.

Mais la Flavie va plus loin. Après une courte période d'administration militaire, si elle n’enlève pas officiellement les responsables byrsans de leurs fonctions (notamment les ministres et les beys), elle place des contrôleurs civils à peu près partout qui vont, peu à peu, supplanter localement les caïds.

On assiste à une reprise économique : mise en place du réseau ferroviaire pour faciliter les échanges et liaisons ; mise en valeur des phosphates, plantation des olivettes de Méhari et de La Marsa. La Flavie surveille tout et contrôle tout. Désormais, la Byrsa fait office de protectorat flavien. Si elle ne devient pas une colonie (comme peut l’être le Makengo à la même époque), la Byrsa permet à la Flavie d'asseoir et d’affirmer à nouveau son statut de colonisateur.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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N°6 - septembre 2043


Le protectorat flavien de la Byrsa : choc des cultures

Partie 4/4 : La fin de la Byrsa flavienne dans le mouvement de décolonisation



A la fin des années 1860, la Flavie contrôle son désormais protectorat. En 1872, la situation va cependant changer. Le Roi Louis XIX meurt, après un règne de 44 ans. Avec sa mort prend fin le mouvement interne de modernisation et externe de renforcement de la puissance flavienne ternie par la Révolution de 1820. Après lui, les souverains beaucoup plus effacés (à l’image surtout de son successeur, Roi un peu excentrique et original) vont accepter l’isolationnisme et conduire la Flavie à un repli sur elle même. C’est à partir de cette période que, dans les colonies, les colons aux commandes des administrations coloniales vont prendre de l’autonomie et un véritable pouvoir. Sans controle du centre, ils vont se livrer à de nombreuses exactions (en particulier au Makengo) où ils ne veulent rien laisser de leur pouvoir absolu (jusqu’à remettre en cause les avancées du règne de Louis XIX, notamment l’abolition de l’esclavage).

C’est dans ce contexte que le protectorat byrsan va connaître un rapide déclin lui aussi. Si contrairement au Makengo, il n’est pas une colonie, il ne connaîtra pas (contrairement au Makengo) de décolonisation par une guerre d’indépendance. Cette décolonisation douce va se dérouler par la négociation avec les nationalistes. En effet, avec le repli du centre, les administrateurs flaviens de la Byrsa se retrouvent sans véritable consigne. Cette situation profite peu à peu à ceux qu’ils sont censés contrôler. Ce sont eux qui vont reprendre peu à peu leur autonomie et leur pouvoir. Dans le même temps, des mouvements nationalistes s'éveillent (comme dans les autres colonies du reste), animés parfois par les responsables byrsans, censés être fantoches et contrôlés par la Flavie, mais qui passe de plus en plus outre les administrateurs flaviens qui n’ont plus de consigne de contrôle. Les colons flaviens, notamment les marchands, vont aussi prendre de nombreuses libertés pour faire fructifier leurs commerces. Mais la situation va peu à peu se crisper entre les colons flaviens et les nationalistes byrsans, au point que des tensions vont naître.

Si bien sur cette situation ne va pas éclore du jour au lendemain, c’est progressivement, entre les années 1870 et les années 1950 que vont se construire ses oppositions, la prise d’autonomie des responsables byrsans et la construction de mouvements nationalistes qui deviennent peu à peu de plus en plus puissants. Dans les années 1930, alors que la Flavie connaît les premières difficultés au Makengo, les nationalistes byrsans sont inspirés, et à nouveaux renforcés lorsque la Flavie part en guerre en Néchinésie contre le Teikoku. Mais c’est dans les années 1950 que la situation, qui risque de dégénérer, demande une intervention.

Charles VI alors Roi de Flavie, paraît comme moins conservateur que son prédécesseur. Il prend d’ailleurs rapidement position pour des négociations au Makengo. Voulant à tout prix éviter la guerre d’indépendance, les responsables byrsans nationalistes, notamment le premier ministre Habib Ben Talal (qui deviendra plus tard Premier Président de la République de Byrsa), vont engagé avec la Flavie (parce qu’elle est à ce moment là ouverte sur la question) des négociations, pour éviter à tout prix que la situation ne finisse par devenir une guerre dure. Charles VI peu à peu, acceptant le déclin colonial de la Flavie (comme il l’a fait au Makengo en 1960) accepte de donner de plus en plus d’autonomie à la Byrsa, par exemple sur les questions de police et d’administration. Les administrateurs flaviens sont peu à peu retirés. En 1961 l’autonomie interne est donnée à la Byrsa. Mais chacun sait qu’à terme, c’est l’indépendance qui sera inévitable.

Commencent alors les négociations pour l’indépendance de la Byrsa. La question des flaviens de la Byrsa se pose rapidement et Habib Ben Talal garantit les intérêts des flaviens, à qui l’on propose de rester (pour ceux qui le souhaitent) ou de rentrer en Flavie (mais là aussi le retour sur un sol quitté parfois il y a plusieurs générations ne va pas sans poser de problèmes). Ben Talal réaffirmera cette garantie lorsqu’il sera devenu le premier Président.

Finalement c’est pacifiquement et par la négociation que la Byrsa obtient son indépendance. La Flavie, traumatisée par la guerre d'indépendance du Makengo, qui l’avait finalement obtenue en 1963, n’a pas voulu renouveler cette situation.

L’indépendance de la Byrsa marque la fin de la domination coloniale de la Flavie et la fin de son déclin colonial. Entre 1820 et 1965, la Flavie aura perdu l’ensemble de ses colonies, soit parce qu’elles auront pris leur indépendance, soit parce qu’elles auront été vendus à d’autres, soit parce qu’elles auront été conquise par d’autres. Quoi qu’il en soit, réconciliée avec ce passé colonial, la Flavie entame, à partir des années 1970, une nouvelle période de son histoire où l’isolationnisme accepté, lui permet de développer son progressisme national interne. Cette période d’introspection nécessaire prendra fin à la fin des années 2038, lorsqu’elle reprendra son ouverture sur le monde, pour connaitre une nouvelle période d’essor qui la place aujourd'hui, parmi les plus grandes nations du monde, sans avoir besoin de colonies pour cela, comme la doctrine des siècles passés le laissait supposer.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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N°7 - décembre 2043


La Léonie (Shidao) : une colonie pacifique devenue une guerre sanglante au commencement de la guerre de Néchinésie

Partie 1/6 : contexte historique (XVIe siècle)



La Ventélie et ses richesses sont connues depuis le moyen-âge. Charles Vélari (HRP : Marc Paul, une chronique consacrée à ce personnage viendra un jour) a notamment, au cours de son voyage, ouvert les routes de la soie et des épices et est allé jusqu’en Ventélie. C’est donc tout naturellement que cette vieille route commerciale est la première à être explorée lorsque démarrent les grandes explorations flaviennes, à la toute fin du XVe siècle.

C’est à cette période en effet, que les grandes puissances dytoliennes connaissent un âge d’or des explorations et des découvertes du monde. L’idée de voyager plus loin, à la découverte de nouvelles contrées et d’en rapporter les richesses, est l’une des motivations principales des puissances de l’époque. A l’époque, le Royaume de Flavie entre dans la modernité. Le Royaume connait un fort développement artistique, culturel et commercial, qui permet à la capitale de devenir un des centres névralgiques de la Cérulée. La période est à la redécouverte de l'antiquité, une période où des explorations du monde connu d’alors, la Cérulée, a conduit des peuples à étendre leurs comptoirs et possessions sur tout son pourtour. C’est donc tout naturellement qu’à l’échelle mondiale, les puissances d’alors entament une période d’extension et d’exploration de leurs empires. Les armateurs et les négociants et autres marchands, sont des figures de plus en plus importantes. Le Royaume est puissant et prospère par son commerce qui lui fait connaître un âge d’or et une période de paix. La déconstruction progressive de la féodalité a fait se stabiliser les frontières du pays. Le contexte est donc favorable aux grandes explorations.

Les premières grandes explorations flaviennes avaient commencé dans les années 1490. Les grandes familles d’armateurs et de négociants de l’époque s’illustrent dans ce développement d’un commerce encore plus lointain. Jean de Peybernès, issue d’une famille d’armateurs de la capitale, amasse une immense fortune. C’est alors qu’en 1498, il est présenté au Roi Charles III (r. 1485-1516) par un des principaux Pairs du Royaume, qui avait l’habitude de faire transiter de la marchandise par ses navires. Rêvant d’explorations plus prestigieuses et d’un véritable empire flavien, Charles III voit en Peybernès une excellente occasion de réaliser son objectif et lui confie une exploration financée par l’Etat dès l’année suivante. Plusieurs explorations de ce type suivront.

Son premier voyage, Peybernès le consacre, en 1499, à la Janubo-Marquésie et à la Ventélie. Ce voyage vers l’ouest, va ouvrir une période d'intérêt croissant de la Flavie pour le grand Est. Ainsi, en modifiant les routes connues depuis le moyen-âge, le Levant devient une source d'intérêt pour la Flavie à partir des années 1530. Il devient rapidement, dès les années 1550, l’un des principaux points d'ancrage de la Flavie dans la région, d’abord commercial, puis définitif à partir du tout début du XVIIe siècle. En 1604 en effet, le Levant devient un Royaume sous protectorat et une colonie effective de la Flavie.

C’est à partir de ce point que les Flaviens vont échanger avec la région mais aussi l’explorer. Durant tout le XVIe siècle, une grande œuvre de cartographie est entreprise et participe à la connaissance des mers et océans, que la Flavie entend dominer. Sa puissance coloniale est alors bien établie : Levant, Makengo ou Nouvelle-Flavie (Nouvelle-Aurore), la Flavie domine le globe d’un bout à l’autre et règne sur un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais.

Mais la Reine du monde n’en a pas encore assez et est toujours plus gourmande. Plus à l’est encore, dans le nord de la Ventélie, la Flavie commence, dès la seconde moitié du XVIe siècle à lorgner sur les îles de la région pour y renforcer sa présence. Il faut dire que la région rend le commerce flavien prospère et florissant, le contrôler est le moyen de maintenir sa suprématie sur les mers et sur la terre entière.

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N°7 - décembre 2043


La Léonie (Shidao) : une colonie pacifique devenue une guerre sanglante au commencement de la guerre de Néchinésie

Partie 2/6 : la colonisation de la Léonie (XVIIe siècle)


Le Shidao est une île située en plein cœur de la Ventélie. Elle marque un point de passage entre une Ventélie de l’est (principalement Chikkai, Ostlandgar, Satake Bakufu, Liang ...) et une Ventélie de l’ouest (principalement Kaiyuan, Levant, Uhmali). Sa position, idéalement stratégique, permet à quiconque la possède de contrôler la région.

Dès le début du XVIIe siècle, la Flavie s’implante durablement dans la région en colonisant de manière effective le Levant. En commerçant avec toute la région Ventélienne, il manque à la Flavie le contrôle et la sécurisation de ses routes commerciales dans la partie orientale de la Ventélie, principalement découpée en deux grands espaces maritimes. C’est alors que la Flavie, déjà présente militairement au Levant, entreprend de prendre possession du Shidao.

La colonisation du Shidao se déroule en deux temps. Tout d’abord, la Flavie s’installe commercialement sur l’île dès le début du XVIIe siècle. La population est surtout composée de tribus éparpillées d’autochtones austronésiens. Les comptoirs permettent d’établir durablement des colons flaviens dans la région. L’absence d’unité de l’île favorise l’ascendant flave de manière progressive, jusqu’à ce qu’elle contrôle effectivement l’île. Au milieu du XVIIe siècle, la Flavie est à la fois en mesure, seule de défendre l'île et ses tribus, par sa présence militaire, mais aussi le développement commercial. Mais en raison de la faible population de l’île d’une part, et afin d’éviter un éventuel regroupement autour d’une cause anti-flavienne, la Flavie va encourager une importante immigration de populations provenant du Liang, en promettant à la fois territoires et avantages. En façonnant la population de l’île, la Flavie s’assure de pouvoir toujours plus assurer sa mainmise forte sur le contrôle de l'île, tout en ayant une population globalement favorable.

Dès les années 1650, l’île, très vite sinisée, est entièrement sous contrôle flavien. Elle devient officiellement une colonie flavienne lorsqu’est créée, en 1653 la compagnie de l’Etablissement de Léonie, le nom de la nouvelle colonie, et avec elle, son administration coloniale. Le nom de Léonie est le nom gallique donné à Shidao, signifiant “île du lion”.

Rémy ARSENAULT, Professeur d'histoire à l'Université d'Adelis

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