La Vérité au Chaïbanistan

Ventélie 2
Avatar de l’utilisateur
Vladimir Ivanov
Messages : 2121
Inscription : 05 févr. 2020 12:37
NJ : Karmalistan
NJ V3 : Rostovie
Première date d'inscription : 14 mai 2008

La Vérité au Chaïbanistan

Message par Vladimir Ivanov »

Image
Le Sharkala, surnommé "la yourte", symbole naturel du pays
_________________________________________________________________________________________________

Avatar de l’utilisateur
Vladimir Ivanov
Messages : 2121
Inscription : 05 févr. 2020 12:37
NJ : Karmalistan
NJ V3 : Rostovie
Première date d'inscription : 14 mai 2008

Re: La Vérité au Chaïbanistan

Message par Vladimir Ivanov »

Le "choc des civilisations" selon les Chaïbans (1)

Image

Image

Le monde turc-osmanli a été intégré au monde indo-iranien (forte présence kurde en ölan).
_________________________________________________________________________________________________

Avatar de l’utilisateur
Vladimir Ivanov
Messages : 2121
Inscription : 05 févr. 2020 12:37
NJ : Karmalistan
NJ V3 : Rostovie
Première date d'inscription : 14 mai 2008

Re: La Vérité au Chaïbanistan

Message par Vladimir Ivanov »

Image
Manas, la capitale économique chaïbane au Nord-Ouest, dans la région de l'Arys, riveraine de la Mer intérieure de Turan.

CHRISTIANISME CHAÏBAN : ENTRE RÉVOLUTION ET RÉACTION
Exacerbation des tensions confessionnelles à Manas


La capitale économique chaïbani, au Nord Ouest du pays, est réputée par son cosmopolitisme cultuel : majoritairement chrétienne, s'y agglomèrent plus d'un million de catholiques, 900 000 nestoriens pour "seulement" 600 000 musulmans sunnites.
En pleine ébulition intellectuelle en ces temps de développement général et de crises internationales, Manas est victime d'une confonction de facteurs, de contradictions, qui, telle une perturbation atmosphérique par la conjonction d'un air froid en altitude et d'un air chaud en surface, annoncent un orage imminent.
A l'intérieur, la croissance naturelle (démographie) et le marasme économique, à l'extérieur, le développement des Nouvelles Routes de la Soie, la Guerre en Dranavie, les tensions extrêmes qui opposent la nouvelle Ligue d'Apamée, cette nouvelle force politique du christianisme oriental, contre l'Occident catholique, ou encore et surtout le risque de schisme à l'intérieur du catholicisme entre Papauté et archidiocèse westréen. Autant d'évènements auxquels les chaïbans chrétiens, très nombreux dans le pays, ne pouvaient pas restés insensibles.

D'une part, les Nestoriens, chrétiens orientaux des couches populaires chaïbanes, et se revendiquant fièrement d'un héritage culturel proche des peuples syirs. Victimes de multiples discriminations et vexations, ils ne peuvent être qu'hostiles au régime chaïban pour sa corruption morale et son hypocrisie. L'Occident inspire chez eux une forme de fascination (progrès technique ou philosophique), mais aussi de dégoût et de révulsion (colonialisme/impérialismes). Certains sont séduits par le phénomène idéologique du socialisme islamique au Karmalistan, et proposent une version semblable pour le christianisme oriental. D'autres, parmi les plus miséreux, vont jusqu'à appeler à l'avènement d'un communisme chrétien.
D'autre part, les Catholiques, chrétiens formellement fidèles au pape, et surtout représentés par les catégories sociales les plus aisées dans le pays, ainsi que par la classe moyenne (la seule importante du pays) de la capitale économique chaïbane. Animés d'un « désir d'Occident », la plupart d'entre-eux sont violemment hostiles au régime politique chaïban, mais pour d'autres raisons que leurs adversaires nestoriens : du moins pour les plus fortunés, il est nécessaire afin renouer avec la prospérité et l'ordre moral, d'établir une démocratie libérale-conservatrice et capitaliste, sur le modèle du Dahar.

Chaque groupe confessionnel est lui-même divisé en clans politiques, entre communistes et sociaux-progressistes pour les premiers, entre « démocrates-chrétiens », libéraux-conservateurs et intégristes royalistes pour les seconds.

L'influence du Karmalistan, qui emprunte de plus en plus le territoire chaïban (à leur profit mutuel) dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie, est omniprésente.
Chaque groupe se positionne ou se comporte ainsi fréquement en rapport avec les évènements de ce pays.

Les nestoriens socialistes non-communistes voient en Mamta Shakhan une bénédiction qui permettra l'unification des peuples turciques. Les nestoriens communistes regardent davantage du côté de la cause des Syirs... tandis que la Confrérie du Nod ne cesse, dans l'ombre, d'y gagner des partisans.
Les catholiques « démocrates », dits « de gauche », veulent trouver une issue pacifique qui conviennent à tous, et ne voient pas d'inconvénients majeurs à un rapprochement « doux et progressif » avec le Karmalistan. Mais ils sont minoritaires.
La majorité, tenue par les classes possédantes, considère le Chaïbanistan comme une abhération politique et morale, et revendique l'indépendance de la région de l'Arys, leur bastion, et la plus riche du pays, au Nord-Ouest, là où se trouve Manas. Au Karmalistan, ils regardent vers le Dahar, où se trouve également une minorité catholique particulièrement influente, bien que l'aile protestante lui soit supérieure, rassemblée entre-autres derrière le général McNeil, le sulfureux officier général du GDI d'origine brito-ennissoise.

Ce contexte étant rappelé, il convient de nous pencher sur les trois crises qui secouent le Monde aujourd'hui.

I- La Guerre en Dranavie

Le Kars et l'Ölan viennent d'envahir ce pays, alors sous le joug d'un régime catholique tyrannique, lui-même issu d'une colonisation étrangère à toute arabité, et qui combat littéralement sa propre population, alors majoritairement musulmane. Cette population majoritaire est alors catégorisée de « terroriste », derrière l'organisation révolutionnaire qui les représente, le JTA, dont l'idéologie islamique est une vaste nébuleuse allant du salafisme au socialisme-islamique.
Dans la mesure de son isolement régional, coincé entre un Ölan communiste et un Kars à l'islam quiétiste, la présence soit-disant importante d'un « salafisme » en Dranavie, sortie de nulle part au mépris de tout contexte régional, est peu crédible.
Ceci étant dit, cette guerre a vu l'intervention du Pape, qui a apporté son soutien à un régime despotique qui n'a de chrétien que l'étiquette, et cela jusqu'à appeler à une véritable croisade.

II- Crise avec la Ligue d'Apamée

La Ligue d'Apamée, qui se veut, depuis la Metaxerie et la Cybistrie, le porte-étendard politique du christianisme oriental, séduit à bien des égards chez les nestoriens du Chaïbanistan. Malgré son hostilité à l'islam et à la turcité qui refroidit évidemment leurs ardeurs (déjà sur le plan rigoureusement ethnique : les nestoriens, turco-mongols, ne peuvent que déplorer la persécution de leurs frères turcs en Cybistrie), il va sans dire qu'ils voient d'un bon œil ce retournement de situation au détriment du richissime et impérial Lébira, assimilé à une puissance mammonique.

III- Crise avec l'Eglise westréenne

A l'appel à la croisade du Pape Célestin Sixte pour défendre un régime colonial catholique davantage cupide, antisémite (anti-arabe) et anti-musulman qu'il n'est disciple du Christ, a succédé la retentissante homélie du père Saavedra. Celle-ci dénonce avec virulence l'instrumentalisation des populations catholiques de Dranavie, accusant à demi-mot Célestin Sixte de trahir la Religion, de trahir les enseignements du Christ.
Le pape Célestin Sixte n'a pas perdu de temps : dès le 3 mars, le jour même (!), il a annoncé l'excommunication de Joshua Saavedra, « dirigé par le Diable ».

En regard de ces évènements, le Chaïbanistan, et surtout cette concentration confessionnelle et économique qu'est Manas, a assisté au franchissement d'un nouveau seuil de polarisation.
Les catholiques des quartiers aisés de la ville répondent à l'appel du Pape en levant des milices anti-musulmanes et anti-nestoriennes constituée parmi la « jeunesse dorée » de la ville, tandis que les nestoriens manifestent silencieusement dans les rues en brandissant les armoirires de la Ligue d'Apamée et les portraits du père Saavedra. Entre le marteau et l'enclume, les catholiques dits "démocrates-chrétiens" tendent vainement de se placer en médiateurs.

Ce n'est que le début d'une confrontation confessionnelle qui s'annonce terrible.
_________________________________________________________________________________________________

Avatar de l’utilisateur
Vladimir Ivanov
Messages : 2121
Inscription : 05 févr. 2020 12:37
NJ : Karmalistan
NJ V3 : Rostovie
Première date d'inscription : 14 mai 2008

Re: La Vérité au Chaïbanistan

Message par Vladimir Ivanov »

Image

HOMÉLIE DE L'ARCHIDIACRE ULAGH SARTAQ :
« CÉLESTIN SIXTE EST LA MERDE QUE SATAN A CHIE DANS L’ÉGLISE »


Selon la doctrine même du catholicisme, il est un vieux dogme qui fut l'objet de nombreuses polémiques en raison de sa marge d'interprétation et de son incohérence intrinsèque en relation avec toutes les décisions papales qui se sont très souvent contredites tout au long de l'Histoire. Pour résoudre cette impasse doctrinale, ce dogme fut précisément et solennellement défini au XIXe siècle : comme vous avez pu le deviner, il s'agit de l'infaillibilité pontificale.
Selon ce dogme, le pape est porteur de la vérité suprême, ses décisions sont toujours justes... dans le strict cadre théologique. Même si beaucoup prolongent ce dogme au domaine de la « morale » pour y imbriquer tout ce qui les arrange (mais où s'arrête-t-elle ? ses limites sont parfois difficiles à définir), fort peu, du moins jamais sérieusement, prétendent qu'elle peut s'étendre au domaine de la politique ou à la philosophie politique.
Les papes n'ont jamais cessé de se contredire radicalement sur ces questions politiques : appels à la croisade, questions sur la pratique réelle de l'esclavage durant la Renaissance, sur la place de la femme dans la société, sur la nature et les conditions d'un dialogue inter-religieux... même à propos des affaires rigoureusement « morales », tel un meurtre sous légitime défense ou un acte d'avortement cas de danger de mort pour la mère ou de viol d'une mineure, les avis divergent toujours quant au traitement de ces situations (telle la gravité du péché et le rôle joué par les circonstances sur la décision personnelle).

Dans le cas du père Saavedra, la sentence de l'excommunication fut prononcée en vertu du « délit de schisme », le concerné n'ayant respecté le devoir « de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis ».
D'après les préceptes du Droit Canon lui-même, ce devoir de soumission est cantonné à la théologie et à la morale, la morale la plus rigoureusement circonscrite aux points non-négociables (tel le respect des dix commandements sous interprétation circonstancielle). Il ne concerne donc nullement les affaires politiques. Qui plus est, la charge du pape, la « dignité », étant intrinsèquement supérieure à son humble personne dépositaire, le chrétien doit savoir distinguer les deux. Pour un catholique, il est ainsi interdit de s'en prendre à l’Église en tant que sainte communauté des croyants ainsi qu'à la dignité de son chef spirituel, le Pape. Mais il est parfaitement autorisé, voire même encouragé si nécessaire, comme le fît en son temps le renommé Saint François d'Assise, à dénoncer les erreurs du dépositaire, ses fautes, ses trahisons, voire sa malfaisance politique.

Ces précisions fondamentales et inhérentes à la doctrine catholique étant rappelées, il convient de définir l'origine de cette excommunication, sa cause. Celle-ci n'est autre que le réquisitoire éminemment politique du père Saavedra, à charge contre une bulle pontificale, elle aussi rigoureusement politique, du Pape.

L'excommunication ici prononcée n'est donc pas seulement nulle et non-avenue, mais remet en cause la crédibilité du dépositaire de la plus haute fonction de l’Église catholique.

Pourtant le pire n'est pas là. Comme tout chrétien digne de ce nom le sait, un acte d'excommunication n'est pas un jugement, mais une prononciation : personne ici-bas n'est habileté à juger, seul Dieu en a le droit et le pouvoir. L'excommunication « remet le condamné, exclu de la communauté des chrétiens, entre les mains de Dieu ». Juger, promettre la damnation éternelle à un être humain, place tout simplement l'auteur à l'égal de Dieu. Un comportement qui relève ainsi, en vertu du deuxième commandement du Décalogue (« Tu ne prononceras pas le nom du Seigneur ton Dieu à faux. »), de ce qu'on appelle le blasphème.
Célestin Sixte a écrit :C'est pourquoi, par le jugement de Dieu Tout-Puissant, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, de saint Pierre, prince des apôtres et de tous les saints, et en vertu du pouvoir qui nous a été donné de lier et de délier au Ciel et sur la terre ce qui nous a été confié divinement, nous le privons, ledit Joshua Saavedra, avec tous ses complices de la Communion du Corps et du Sang de Notre-Seigneur, nous le séparons de la société de tous les chrétiens, nous l'excluons du sein de notre Sainte Mère l'Église au Ciel et sur la terre, et nous le déclarons excommunié et anathématisé, ainsi que le juge condamné au feu éternel avec Satan et ses anges et tous les réprouvés.
Il s'agit là, incontestablement d'un chantage, promettant de lui ré-accorder le Salut dans le cas où il consentirait à une pénitence... politique. Célestin Sixte se permet ainsi de le juger « condamné au feu éternel avec Satan », et pour une faute qui n'en est pas une (dénonciation d'origine politique).

Techniquement, la faute de l'actuel dépositaire de la Papauté est double : la première touche à sa crédibilité, la seconde, plus grave encore, sinon à sa légitimité (quoiqu'il en soit à nos yeux, nous, disciples de l’Église Syiraque de l'Est), du moins à sa bonté ou son sens de la justice, aux yeux des catholiques respectueux de la doctrine et du dogme de l'infaillibilité pontificale.
Pour eux, il devrait s'agir d'un très mauvais pape, pour nous, d'un énième pape faux et illégitime.

Mais si je puis me permettre en tant que disciple de l’Église Syiraque de l'Est, cette ignorance flagrante de la doctrine accompagnée de ce blasphème chez Célestin Sixte, s'inscrivent tous deux dans un contexte général de débauche vis à vis de la vertu originelle et de trahison de l'enseignement du Christ, cela de la part de la haute hiérarchie conservatrice catholique. Laquelle a toujours défendu une vision de la société où le péché était condamné par le haut et sous le feu des projecteurs, mais entretenu et favorisé par le bas ou à l'ombre d'un élitisme arrogant et méprisant.
Le père Joshua Saavedra a vu juste. Particulièrement lorsqu'il a fait ce parallèle avec les marchands du temple. La conception du Monde pour ces catholiques là, et leur représentant, Célestin Sixte, se fonde sur l'idée que, par la nature, la « loi naturelle », Dieu a créé les inégalités, et que celles-ci doivent donc être scrupuleusement respectées, y compris dans ce qu'elles ont de plus abjectes. Il est ainsi nécessaire à leurs yeux, que l'Humanité se noie dans le péché, en permanence, et ne trouve aucun moyen collectif et concerté de sortir de cet océan de mauvaises tentations, cela afin de mieux trier les plus forts des plus faibles. Un tri entre les « supérieurs », les « purs », et les « mauvais », les « faibles » : tel est leur fétiche. Un fétiche pour soulager leur conscience potentiellement meurtrie par l'orgueil, le luxe et le stupre, vices dans lesquels ils se complaisent jusqu'à la nausée... et qu'ils rachètent par leur conservatisme de salon. Ceux qui succomberont à ces tentations sans avoir les moyens de « payer » ces fautes, seront promis à l'enfer dès ici-bas par ceux qui y « résisteront », à savoir ces mêmes orgueilleux blasphémateurs qui se placent en juge à l'égal de Dieu. Quant à leurs tendances conservatrices proprement dites, elles ne procèdent nullement d'une préoccupation religieuse, mais de leur esprit mondain qui, gêné par la réglementation piétiste et casuistique de la vie, cherchent à l'imposer aux basses couches de la société non-seulement pour mieux les faire taire, mais aussi pour mieux s'en dispenser eux-même.

Le Christ nous a enseigné que la brebis perdue serait toujours recherchée avec le plus grand zèle par le Berger. Il nous a enseigné que l'impur qui se reconnaît comme tel serait bien davantage récompensé que le « pur » qui s'autocongratule en espérant recevoir le Salut pour sa petite personne sans aucune considération pour les autres. Le Christ nous a invité à nous aimer les uns les autres, un amour bien compris fondé sur l'égalité qu'exigent l'humilité et l'ascétisme universellement partagés, vertus nécessaires au devoir du don de soi à Dieu. Une conception de l'amour qui se trouve être aux antipodes tant du relativisme laxiste et condescendant des chrétiens « progressistes », que de l'élitisme luxueux et méprisant des « conservateurs ».

Souvenez-vous de cette parole. « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé. » Matthieu 23 :11-12.
Un chrétien authentique n'est ni « conservateur », ni « progressiste », il ne peut être que révolutionnaire, une révolution vertueuse, terrible et ascète mais juste et miséricordieuse. Une révolution qui rabaisse les purs autoproclamés, les arrogants et les puissants, et relève les malheureux, les marginaux, les ostracisés, les impurs, dans une aspiration commune au partage et à l'humilité universels, que tous les Hommes puissent exercer leur tâche ici-bas, à savoir le don intégral de soi à Dieu, au sacrifice des vaines richesses privées.

En regard de cette dissociation grave, entre leur opinion du catholicisme d'une part, et le christianisme authentique dit « originel » (ayant toujours existé depuis, et perdure aujourd'hui heureusement) d'autre part, nous pouvons affirmer que cette engeance de blasphémateurs, de traîtres et de débauchés que sont les catholiques « conservateurs », réédite les erreurs et les méfaits des sadducéens, cette aristocratie sacerdotale juive du Ier siècle qui, au-delà des pharisiens, et pire encore, ne prenait même pas la peine de mettre Jésus à l'épreuve tant elle le méprisait. Une arrogance de classe qu'on retrouve systématiquement chez les catholiques de droite.

Je terminerai par cette citation du dominicain Savonarole, lui aussi excommunié en raison de ses excès en matière de bon sens et de vertu, par le pape d'alors, Alexandre VI Borgia :
« Vue extérieurement, elle est belle, leur église, avec ses ornements et ses dorures, ses brillantes cérémonies, ses vêtements magnifiques, ses candélabres d’or et d’argent, ses riches calices, ses mitres d’or, ses pierres précieuses ;… mais faut-il vous le dire ? dans la primitive église, les calices étaient de bois et les prélats étaient d’or : c’est le contraire aujourd’hui. »
Je le dis aujourd'hui, en regard de ses actions et déclarations, Célestin Sixte n'a plus rien à envier à son prédécesseur Alexandre VI.

En vertu des principes même du catholicisme, nous, disciples de l'Eglise syiraque de l'Est,
accusons Célestin Sixte d'abus de pouvoir,
accusons Célestin Sixte de blasphème,
accusons Célestin Sixte d'hérésie sadducéenne.

Aussi l'ampleur des méfaits qu'il répand et répandra sur le Monde nous amène à le considérer comme un être sous l'emprise de la main invisible du Malin. Et cette engeance n'a pas finit de salir notre religion.
Célestin Sixte est la merde que Satan a chié dans l’Église.

___________________________________

Ulagh Sartaq, archidiacre nestorien de Temirorda
7 mars 2041
_________________________________________________________________________________________________

Avatar de l’utilisateur
Vladimir Ivanov
Messages : 2121
Inscription : 05 févr. 2020 12:37
NJ : Karmalistan
NJ V3 : Rostovie
Première date d'inscription : 14 mai 2008

Re: La Vérité au Chaïbanistan

Message par Vladimir Ivanov »

Image - Image
L'étendard de guerre blanc - symbole des omeyyades, l'étendard de guerre noir - symbole islamique des abbassides.

OMEYYADES ET ABBASSIDES : LA FITNA A L'ORIGINE DE L'ANTAGONISME KARS - KARMALISTAN

Deux grandes et puissantes monarchies constitutionnelles musulmanes marquéziennes.
Le Kars, pays désertique et plus grande nation arabe, berceau de l'islam et terre trois fois saintes, produisant les deux tiers du pétrole mondial. Thalassocratie tournée vers l'Occident : Dytolie et Cérulée.
Le Karmalistan, pays montagneux et plus grande nation turco-perse, cœur historique des Routes de la Soie et carrefour des civilisations, produisant les deux tiers de l'acier mondial. Puissance continentale tournée vers l'Est : Janubie et Ventélie.
Le premier donne l'énergie, le second donne l'armature. Le premier défend le capitalisme islamique, le second - le socialisme islamique.
Mais leur antagonisme historique semble avoir pour origine l'héritage califal. De même que le Kars, État arabe et libéral, se tourne vers l'Ouest, le Califat omeyyade (661-750), empire inégalitaire au profit des arabes, mais tolérant, fut particulièrement influencé par la culture romane. De même que le Karmalistan, État turco-perse et socialiste, se tourne vers l'Est, le Califat abbasside (750-945/1258), empire multiethnique égalitaire mais rigoriste, était sous l'influence de la culture persane.

Cette fitna entre Kars et Karmalistan puise ainsi ses racines jusqu'à la naissance même de l'islam politique.
Le Califat omeyyade a été fondé par Mu'âwiya Ier en 661, profitant de l'assassinat du quatrième calife rashidun, Ali, par des extrémistes kharidjites, pour s'emparer du pouvoir au Dar el-Islam. Mu'awiya, ennemi politique d'Ali, et donc des Califes bien guidés, fut accusé d'usurpateur par les vieux compagnons du Prophète ainsi que leurs descendants, et en particulier les muhajirs, dont le juste et vertueux Abu Dharr al-Ghifari. Là où le Califat rashidun prônait une exigence universelle d'ascétisme et l'égalité de tous devant Dieu donnant la primauté au converti musulman quelle que soit son origine, le Califat omeyyade, beaucoup plus permissif sur les mœurs (par exemple la tolérance vis à vis du vin, provenant de Cérulée), imposa le règne des tribus arabes. Ceux-ci, locuteurs de la « langue sacrée de Dieu », sont alors considérés comme une sorte de peuple-élu, chargé de guider le Monde. La prééminence claniste arabe va jusqu'à leur faire renoncer à leur devoir d'affranchissement des esclaves convertis. Non-moins graves est cette fâcheuse tendance qu'ont les gouverneurs arabes à dissuader toutes conversions à l'islam, afin de maximiser l'impôt récolté chez les seuls dhimmi, la jiziya. En clair, outre le statut de dhimmi qui touche officiellement les non-musulmans chrétiens ou juifs, est imposé aux convertis musulmans non-arabes, un statut informel d'infériorité, tous discriminés par leurs propres coreligionnaires arabes, lesquels concentrent richesses et pouvoir politique au nom d'un suprémacisme ethno-clanique.
Mais cette politique injuste et impure ne mécontente pas que les Mawali, ces sujets de seconde zone, perses et turciques pourtant convertis musulmans mais coupables d'être non-arabes. La sédentarisation des tribus arabes quittant leurs rudes montagnes et déserts pour leurs nouvelles conquêtes de doux littoraux et vallées fertiles, précipite leur vénalité égocentrique puis l'oisiveté qui en découle inéluctablement. Cette évolution va creuser un gouffre entre les riches élites arabes sédentarisées, et les plus rigoristes arabes restés nomades ou semi-nomades. Pire encore, la cruelle mise à mort de Hussein, le fils du gendre de Muhammad, 'Ali, ainsi que le massacre de ses partisans en 680, va accroître la colère des Arabes semi-nomades restés sur la terre natale du Prophète, plus proche de sa famille élargie. Les Omeyyades seront ainsi accusés d'avoir rejoint l'islam par opportunisme (ce clan de la tribu des Quraychites fut converti très tardivement), d'en avoir trahi ses préceptes ascétiques égalitaires au profit d'un suprémacisme arabe sous influence romane (d'où leurs écarts moraux de conduite : vin, femmes...), et enfin, de manquer de respect envers la famille du Prophète. Cette fracture précipite la deuxième fitna, après celle qui opposa Ali et l'usurpateur Mu'awiya en 661. En Marquézie du Sud-Est, az-Zubayr, petit-fils d'Abu Bakr et très vieux compagnon du prophète, prend la tête d'une révolte des tribus arabes restées semi-nomades, l'année même du cruel massacre de Hussein, en 680. Cette insurrection est donc menée en parallèle de la révolte des alides, pro-Hussein, fils d'Ali (dont se revendiqueront les chiites), ainsi qu'aux côtés de celle des kharidjites, les radicaux rashiduniens, à la fois anti-omeyyade et anti-Ali. Mais elles sont toutes écrasées en 692.
L'asabiya, théorisée par les grands historiens aqsans, à savoir cette force issue des conditions environnementales (en particulier chez les nomades), qui soude le peuple par la solidarité et le partage, en un mot, sa cohésion sociale, était alors en net déclin. Une dérive pourtant amorcée dès l'avènement de la dynastie omeyyade.

En 750, en réponse à cette situation inique, une révolte populaire éclate à l'Est, sur les terres du Khurassan (actuel Karmalistan occidental, en Ala-Tau). Cette insurrection est menée par les Mawali. Aux côtés de musulmans arabes de catégorie sociale plus modeste que leurs compatriotes occidentaux (lesquels rallient leur cause tant au nom d'un islam égalitaire qu'en raison de taxations injustes imposées aux provinces orientales du gigantesque califat), les mawali dénoncent l'injustice et la débauche cultivées par les élites arabes de l'Ouest. A l’exception du court règne du jeune, humble et honnête Mu’âwiya II (683-684), ainsi que celui du très pieux et juste `Umar II (717-720), les souverains omeyyades sont accusés, souvent à juste titre, de cruauté envers leurs sujets les plus pauvres, de mépris à l'égard des non-arabes et de débauche morale.
Ces révoltés reçoivent également le soutien direct d'autres factions religieuses et politiques majeures à l'époque. On dénombre alors au sein de cette grande révolution abbasside, et cela en dépit de croyances parfois irréconciliables, sept grandes factions ralliées :
_ les musulmans non-arabes turco-perses ;
_ les musulmans arabes exilés de l'Est, ou de classe sociale inférieure ;
_ les kharidjites : fidèles radicaux des Rashidun, ils ne se contentent pas de considérer Mu'awiya et ses descendants comme des usurpateurs, mais vont jusqu'à accuser Ali, le dernier calife, d'avoir osé pactiser avec son adversaire omeyyade ;
_ les chiites : fidèles partisans d'Ali - qu'ils considèrent comme le premier véritable calife légitime, ils ne pardonnent pas aux Omeyyades le massacre de Karbala en 680, où fut tué Hussein, illustre fils du premier ;
_ les chrétiens orientaux nestoriens, majoritaires chez les peuples grecs et turciques ;
_ les nombreux et influents juifs perses ;
_ et les mazakistes, très majoritaires chez les iraniens : adeptes d'une religion perse issue du manichéisme et du mazdéisme, considérée, en raison de son principe « pas de vertu sans égalité », comme l'un des précurseurs antiques du socialisme.
Cette même année 750, commandés par l'affranchi persan Abû Muslim (dit al-Khurâsânî), ils renversent sans peine la dynastie omeyyade, remplacée par une nouvelle dynastie, plus proche de la lignée de Muhammed (via son oncle, al-Abbas ibn Abdul-Muttalib, d'où ils tirent leur nom) : les Abbassides.

Si l'empire abbasside vit à son tour, à partir dès le IXe siècle, son asabiyya s'effriter avec l'accumulation des richesses, la sédentarisation et la fin des conquêtes militaires (poussant à un repli vénal et autoritaire d'un pouvoir politique de plus en plus morcelé), il convient d'admettre à ses débuts et heures de gloire, la réalisation partielle de cette aspiration égalitaire entre les peuples, une revitalisation islamique jusqu'au foisonnement intellectuel et cultuel, ainsi qu'un phénomène d'islamisation massive jusqu'à la conversion de ses propres futurs envahisseurs, turciques, puis syirs (mongols).
Néanmoins, cette égalité entre musulmans renouait avec sa première limite majeure, profilée dès sa fondation : le statut de la femme. Si celui-ci était meilleur sous le règne des Omeyyades, il se dégrada sous les Abbassides. Et on retrouve en effet, un état de fait sociétal plus favorable à la femme au Kars qu'au Karmalistan, malgré cela dit, les efforts de la reine Mamta Shakhan pour y remédier. L'extrême difficulté de cette tâche s'explique ainsi en grande partie par cet héritage califal connu pour son rigorisme qu'est « l'idéologie abbasside », chère au Karmalistan.

Le Kars partage donc avec les omeyyades cette arabité fière, cette influence romane et ce désir d'occident (Dytolie-Cérulée), tant dans son modèle économique libéral que dans son idéologie politique à la fois conservatrice et tolérante, mais aussi vénale jusqu'à une certaine corruption morale.
A l'inverse, le Karmalistan représente cet islam rigoriste des convertis, aux marges de l'ancien Califat, adeptes de l'égalité de tous aux yeux de Dieu (socialisme-islamique), et en particulier des peuples mawali (non-arabes) contre le suprémacisme arabe, et dont les yeux sont tournés vers l'Est (Janubie-Ventélie).
_________________________________________________________________________________________________

Avatar de l’utilisateur
Vladimir Ivanov
Messages : 2121
Inscription : 05 févr. 2020 12:37
NJ : Karmalistan
NJ V3 : Rostovie
Première date d'inscription : 14 mai 2008

Re: La Vérité au Chaïbanistan

Message par Vladimir Ivanov »

LE CHAIBANISTAN : UN BARIL DE POUDRE


Si les informations nationales abordant les thèmes de la politique intérieure sont si brèves et si courtes, c'est parce que l'entièreté de ce domaine est soumis à une censure massive, que le régime de Ruslan Abubakir entretient avec soin pour aveugler la population, verrouiller toute opposition, étouffer toutes les contestations.

Mais le gouvernement ne fait pas que dissimuler et mentir. Le Chaïbanistan est effectivement la victime de "forces des choses" qui la dépassent : les contradictions socio-économiques à l'intérieur, et les interactions que le pays, en crise économique chronique et structurelle, est bien obliger d'exploiter et d'encourager pour se développer... ce qui laissent dans leur sillage un cortège d'organismes plus ou moins bienveillants à l'égard de son régime.

A l'inverse d'un Karmalistan certes tout-aussi tendu mais de fait, en plein essor économique, le Chaïbanistan souffre d'un marasme structurel prolongé qui a démoralisé sa population. A ce contexte économique exécrable s'ajoute un clivage confessionnel vieux de plusieurs siècles, et dont les ramifications s'étendent jusqu'à un séparatisme régional, celui de l'Arys, région économiquement prospère au Nord-Ouest et dominée par une élite "catholique" affairiste.
La mise en exploitation dès ce 1er janvier 2044, des gisements de pétrole de schiste sous sous-traitance de la CAAN et avec le soutien technique de Liangas pour le fractionnement hydraulique, a fait miroiter au dirigeant Abubakir, une stabilisation et un renforcement de ses pouvoirs, grâce à la croissance produite. Mais c'est l'effet inverse qui s'est produit : la rentrée massive de devises étrangères due à ces exportations vers le Karmalistan n'a fait que renforcer les contradictions internes, via l'enrichissement -quasi-exclusif- des élites du régime qui profitent de la nouvelle manne pétrolière à la tête d'entreprises faussement publiques qu'ils tiennent eux et leurs proches. Favorisant donc les inégalités sociales et la corruption.

Pris en étau entre le Mouvement national arys (MNA) (séparatisme régional conservateur "catholique" -fidèles de l'ancien pape Célestin Sixte, ils sont déçus par le nouveau pape noir Léon XIV-, ils se protestantisent) et le Shanyrak (voûte supérieure de la partie d'une yourte, symbole national récupéré par une organisation révolutionnaire nestorienne), le gouvernement Abubakir est plus que jamais menacé par une conflagration populaire.

RAPPEL (2041) :
Manat, la capitale économique chaïbani, au Nord Ouest du pays, est réputée par son cosmopolitisme cultuel : majoritairement chrétienne, s'y agglomèrent plus d'un million de catholiques, 900 000 nestoriens pour "seulement" 600 000 musulmans sunnites.
En pleine ébullition intellectuelle en ces temps de développement général et de crises internationales, Manat est victime d'une conjonction de facteurs, de contradictions, qui, telle une perturbation atmosphérique par le mélange d'un air froid en altitude et d'un air chaud en surface, annoncent un orage imminent.
A l'intérieur, la croissance naturelle (démographie) et le marasme économique, à l'extérieur, le développement des Nouvelles Routes de la Soie, la Guerre en Dranavie, les tensions extrêmes qui opposent la nouvelle Ligue d'Apamée, cette nouvelle force politique du christianisme oriental, contre l'Occident catholique, ou encore et surtout le risque de schisme à l'intérieur du catholicisme entre Papauté et archidiocèse westréen. Autant d'évènements auxquels les chaïbans chrétiens, très nombreux dans le pays, ne pouvaient pas restés insensibles.

D'une part, les Nestoriens, chrétiens orientaux des couches populaires chaïbanes, se revendiquant fièrement d'un héritage culturel proche des peuples syirs. Victimes de multiples discriminations et vexations, ils ne peuvent être qu'hostiles au régime chaïban pour sa corruption morale et son hypocrisie. L'Occident inspire chez eux une forme de fascination (progrès technique ou philosophique), mais aussi de dégoût et de révulsion (colonialisme/impérialismes). Certains sont séduits par le phénomène idéologique du socialisme islamique au Karmalistan, et proposent une version semblable pour le christianisme oriental. D'autres, parmi les plus miséreux, vont jusqu'à appeler à l'avènement d'un communisme chrétien.
D'autre part, les Catholiques, chrétiens formellement fidèles au pape, et surtout représentés par les catégories sociales les plus aisées dans le pays, ainsi que par la classe moyenne (la seule importante du pays) de la capitale économique chaïbane. Animés d'un « désir d'Occident », la plupart d'entre-eux sont violemment hostiles au régime politique chaïban, mais pour d'autres raisons que leurs adversaires nestoriens : du moins pour les plus fortunés, il est nécessaire afin renouer avec la prospérité et l'ordre moral, d'établir une démocratie libérale-conservatrice et capitaliste, sur le modèle du Dahar.

Chaque groupe confessionnel est lui-même divisé en clans politiques, entre communistes et sociaux-progressistes pour les premiers, entre « démocrates-chrétiens », libéraux-conservateurs et intégristes pour les seconds.

L'influence du Karmalistan, qui emprunte de plus en plus le territoire chaïban (à leur profit mutuel) dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie, est omniprésente.
Chaque groupe se positionne ou se comporte ainsi fréquemment en rapport avec les évènements de ce pays.
_________________________________________________________________________________________________

Répondre

Revenir à « Chaïbanistan »